Vous n’avez probablement jamais entendu parler de la FOBO, mais peut-être que vous en souffrez. Cet acronyme signifie Fear of being obsolete : la peur de devenir obsolète. Plus concrètement, il s’agit d’une crainte ressentie par de plus en plus de travailleurs qui redoutent que la technologie rende leur métier inutile.
L’institut de sondage Gallup interroge les salariés américains à ce sujet depuis de nombreuses années. Et il s’avère que la FOBO s’est considérablement accrue à la faveur de l’introduction de certaines innovations. Les plus emblématiques sont les IA génératives dans la foulée du lancement de ChatGPT et de ses rivaux en 2023.
Les cadres plus inquiets que les ouvriers ?
Les employés américains n’étaient que 12 % à penser leur emploi (la rémunération et les avantages sociaux qui vont avec) menacé par la technologie en 2017. Ce niveau s’élève aujourd’hui à 22 %.
Mais ce décompte cache des évolutions bien plus intéressantes encore. Comme l’ont constaté nos confrères de Fast Company, le niveau des travailleurs ayant fait des études supérieures qui s’inquiètent est passé de 8 % à 20 %, ce qui les place quasiment à égalité avec les cols bleus.
Ainsi, ces travailleurs qualifiés perçoivent un danger très net pour leur profession avec la montée en puissance de l’IA. Cette dernière semble beaucoup moins inquiéter les classes populaires et les ouvriers, dont les métiers ont déjà été impactés par l’automatisation et l’introduction des machines par le passé.
Les travailleurs ont en tout cas de vraies raisons de rester vigilant si l’on en croit une étude récente publiée par la banque d’affaires Goldman Sachs. Les experts prédisaient en effet qu’un tiers des emplois actuels pourraient être détruits par l’IA au cours des dix prochaines années.
Quant à l’OCDE, elle estime que 27 % des emplois actuels sont fortement menacés par cette technologie. L’organisation internationale explique ainsi :
Les métiers de haut niveau de compétences, malgré une exposition accrue aux récents progrès de l’IA, restent les moins menacés par l’automatisation. Les emplois à compétences faibles à moyennes sont les plus à risque, y compris dans les secteurs de la construction, de l’agriculture, de la pêche et de l’exploitation forestière, et dans une moindre mesure, de la production et du transport.
Son secrétaire général, Mathias Cormann ajoute à ce sujet : “L’accélération récente des développements et des outils liés à l’IA générative marque un tournant technologique avec des implications matérielles dans de nombreux lieux de travail. Il est véritablement nécessaire de considérer des cadres politiques à long terme sur l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail et de continuer à favoriser la coopération internationale pour maximiser les avantages tout en gérant de manière appropriée les risques à la baisse.”
Ce qu’il faut retenir :
- La FOBO, cette peur des salariés d’être remplacés la technologie est de plus en plus forte
- Il ne s’agit pas que d’un ressenti, mais parfois d’une réalité
- Les études récemment publiées le confirment
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