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Qu’est-ce que le “Dark Big Bang”, la théorie qui divise les scientifiques

Une nouvelle théorie scientifique remet en cause la bien connue théorie du Big Bang. Il n’y en aurait pas eu un seul, mais deux.

Le Big Bang n’a aujourd’hui plus que le nom de «théorique». Au sein de la communauté scientifique, son existence n’est que peu remise en question et les cosmologues cherchent plutôt à comprendre comment le Big Bang est arrivé. Car bien que cette idée d’une grande explosion formant l’Univers tout entier permet de résoudre un grand nombre de problèmes, elle ne coche pas toutes les cases.

En effet, depuis des années, les scientifiques se sont rendu compte qu’il y a beaucoup trop de matière noire dans l’Univers pour un seul Big Bang. Selon un récent article de nos confrères du New Scientist, l’explication pourrait se trouver dans le nombre même de Big Bang qu’a connu l’Univers. En passant de 1 à 2, les données sont beaucoup plus cohérentes.

Qu’est-ce que la matière noire?

Pour comprendre ce deuxième Big Bang, le «Big Bang sombre», il est avant tout important de bien avoir en tête ce qu’est la matière noire. Ces éléments tirent leurs noms d’une particularité unique, ils n’interagissent pas avec la lumière, ni même avec les champs électromagnétiques.

La seule preuve que nous ayons de leur présence est leur masse, qui influe sur les lois de gravité autour d’eux. Selon les scientifiques, la matière noire pourrait composer 27 % de notre Univers alors que la matière ordinaire ne compte que pour 5 % de ce dernier. Le reste de la masse de l’Univers est composé d’énergie noire, une autre forme de la matière, elle aussi invisible.

Un Big Bang sombre?

Pour Katherine Freese, professeur de physique à l’université du Texas à Austin, notre erreur a été de penser que «tout avait été créé en même temps, dans un immense Big Bang.» Freese propose l’idée d’un «Dark Big Bang».

Il serait survenu quelques jours seulement après le Big Bang «lumineux» que nous connaissons tous, il y a 13,8 milliards d’années. Elle suggère que cet évènement, surpuissant, aurait été capable de former des particules noires très lourdes, des «darkzillas».

Ce nouveau nom de la matière noire est dans sa conception assez proche de l’idée que les scientifiques ont aujourd’hui de ces particules. Pour la communauté internationale, la matière noire serait composée de «particules massives à faible interaction».

Le Big Bang remis en question?

La théorie de Freese, qui est encore très loin de faire l’unanimité, est un vrai jet de pavé dans la mare. En effet, après un siècle de réflexion et de contradiction, la communauté scientifique semblait avoir retrouvé un calme apparent avec la théorie du Big Bang. Acceptée par tous, cette dernière permettait de donner une réponse simple à la construction de l’Univers. Un point de départ parfait pour notre conception humaine des choses, nous qui avons toujours besoin d’un début, d’un milieu et d’une fin pour bien appréhender une histoire.

Mais en voyant la conception de l’Univers comme un enchaînement de Big Bang plus ou moins puissants, Freese remet en cause les fondations mêmes de ce modèle. Si elle ne dit pas que le Big Bang n’a pas eu lieu, elle explique que l’Univers aurait très bien pu se former par «petites touches» sur de «longues périodes».

Les scientifiques vont maintenant continuer à étudier les ondes gravitationnelles. Ces perturbations de l’espace-temps sont les derniers soupirs d’un Univers jeune, encore en pleine formation, il y a plus de 10 milliards d’années. En remontant autant le temps, les scientifiques espèrent mieux comprendre le monde qui nous entoure aujourd’hui.

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