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Qu’est ce que “l’effondrement climatique” dont parle l’ONU ?

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a annoncé que « l’effondrement climatique avait commencé ». Que faut-il en comprendre ?

Toute cette histoire commence le 6 septembre. L’OMM, organisation mondiale de la météorologie, publie un nouveau rapport. Ce dernier indique que la période juin-août 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Une situation qu’a commentée Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies avec la formulation : « Climate breakdown has begun. »

En France cette intervention a rapidement été traduite par « l’effondrement climatique a commencé ». Si la fin de la phrase ne pose pas question, c’est le choix du mot « effondrement » qui est lui discuté. Pour la géographe Emilie Crémin, interrogée par Libération (article en source), cette traduction faite par l’AFP et reprise par les plus grands médias est trompeuse.

Pour cette chercheuse de l’Université de Glasgow, le choix du mot « breakdown » fait ici référence non pas à un effondrement, mais à un point de non-retour, de bascule. Le mot « effondrement » n’est d’ailleurs pas présent dans le discours scientifique des climatologues. Comme elle le précise « le climat ne s’effondre jamais, par contre il change ». 

Un retour en arrière impossible

Pour David Armstrong McKay, chercheur à l’université de Stockholm en Suède, le commentaire du secrétaire général des Nations Unies fait sens. Lui et son équipe ont noté 16 points de non-retour en 2023. Quand certains seuils critiques sont atteints, la planète ne peut pas retrouver sa stabilité initiale. C’est notamment le cas avec les feux de forêt, l’effondrement de la banquise ou la mort des coraux.

Il approuve le terme de « climat breakdown » bien qu’il reconnaisse que ce dernier ne fait pas partie aujourd’hui du langage scientifique. Selon lui, ces mots démontrent bien que le climat tend vers un nouveau modèle, différent de la météo « normale » que la Terre a connue au cours des derniers millénaires.

Une déclaration bienvenue

Malgré les flous dans l’interprétation des mots d’Antonio Guterres, les scientifiques remercient le secrétaire général de l’ONU pour cette prise de parole. « Elle retranscrit assez fidèlement la situation du terrain », confie Luke Kemp, chercheur au sein de l’Université de Cambridge.

Alors que les décideurs ont plusieurs fois été pointés du doigt au cours de ces dernières années pour leurs inactions, la prise de parole de Guterres renforce le soutien de l’ONU auprès de la communauté scientifique. Le secrétaire général n’en est pas à son coup d’essai sur la question. Dès son arrivée à la tête de l’instance en 2017, il avait assuré vouloir faire du réchauffement climatique un axe majeur de son mandat, lui qui assure que nous sommes en train de « nous battre pour nos vies ». 

2023, la nouvelle norme

2023 pourrait bien devenir la norme en ce qui concerne les vagues de fortes chaleurs et les sévères à répétition. Si la France a connu des épisodes difficiles au cours de l’été, d’autres pays comme la Grèce, le Canada ont été particulièrement touchés par des feux de forêt. En Iran la température a été si haute au cœur de l’été qu’un confinement a été instauré par le régime. Il pouvait faire jusqu’à 50 °C à l’ombre en pleine après-midi.

L’organisation Copernicus, qui s’occupe de prendre des mesures météorologiques à grande échelle, révèle dans son rapport cette semaine que l’été 2023 a connu une température moyenne de 16,77 °C. C’est plus de 0,5 °C au-dessus de la moyenne sur la période 1991-2020.

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