Le 15 juillet dernier, le Premier ministre François Bayrou a présenté son « moment de vérité. » Un grand plan de réforme du système français dans le seul but de faire des économies et de limiter l’accroissement de la dette. Avec un déficit proche des 6 % du PIB, une réaction d’urgence s’impose. Ce sont les Français qui vont en payer le prix.
Parmi les mesures proposées ce 15 juillet par l’historique maire de Pau (64), la suppression de deux jours fériés a fait grand bruit. Mais pour beaucoup d’économistes, cette mesure, hautement symbolique, n’est que l’arbre qui cache la forêt.
D’autres décisions, comme le fait de faire de 2026 « une année blanche », seront beaucoup plus rentables économiquement. Une autre décision, concernant les retraites, pourrait permettre au gouvernement de faire un milliard d’euros d’économie.
La fin de l’abattement fiscal
Vous ne le savez peut-être pas, mais aujourd’hui tous les retraités disposent d’un abattement fiscal de 10 % sur leur impôt sur le revenu. Cette niche fiscale, qui existe depuis 1978, est donc aujourd’hui menacée. Concrètement, les retraités ne pourront plus déduire 10 % de leur revenu lors de la prochaine déclaration d’impôt.
Mais le gouvernement ne les laisse pas sans rien. À la place François Bayrou veut mettre en place un « forfait de 2000 euros ». Cette somme fixe pourrait permettre aux petites retraites de ne pas être impactée, ou bien même de payer un petit peu moins d’impôt.
Pour les retraites les plus aisées par contre, l’addition pourrait être plus salée. 1,4 million de personnes (soit un retraité sur 12) devraient sortir perdantes dans cette affaire. Interrogée par le Sénat il y a quelques semaines, la ministre Amélie de Montchalin assure que cette réforme de l’abattement fiscal est « juste et équitable. » Elle y voit une forme de « solidarité des retraités les plus aisés vers les retraités les plus modestes. »
Des « doubles gagnants » ?
Pour Bercy, il existe maintenant deux cas de figure. Le premier, qui devrait rapporter près de 500 millions d’euros dans les caisses de l’État, est la mise en place de ce forfait de 2000 euros sans condition. Les foyers modestes vont déclarer moins de revenu et auront le droit à de nouvelles prestations sociales.
Un phénomène dit des « doubles gagnants » qui entraînera de fait un surcoût pour le gouvernement. Estimé à 300 millions d’euros, il sera compensé par la hausse de l’impôt pour les retraites les plus aisées. Selon les premiers calculs, 100 000 personnes (1 % des retraites) seraient de « doubles gagnants ».
L’autre scénario, jugé maximaliste, met en place ce forfait, mais sans le prendre en compte dans le calcul des prestations sociales. Dans ce cas de figure, il n’y aurait pas de « double gagnant ». Tout le monde aura le droit à son « forfait », mais personne ne pourra en tirer parti. À la clé, une économie de plus d’un milliard d’euros.
Interrogé par nos confrères des Échos, Bercy n’a encore fait aucune déclaration sur le scénario choisi par le Premier ministre. Toutefois, lors de son audition au Sénat, la ministre Amélie de Montchalin avait estimé l’économie réalisée par ce dispositif autour du milliard d’euros.
Quel impact sur votre retraite ?
Pour savoir si vous faites partie des “perdants” ou des “gagnants” avec la fin de l’abattement de 10% il suffit de regarder la valeur de ce dernier. Si elle dépasse les 2000 euros proposés en forfait par le gouvernement, alors vous êtes perdants, sinon, vous êtes un gagnant. Pour être un “double gagnant” il faut que le nouveau forfait vous fasse changer de tranche d’impôt.
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