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Quelle est la région des “Grands Lacs”, dont la France participe à une aide massive ?

Réserve d’eau douce essentielle, la région des Grands Lacs est aujourd’hui ravagée par les conflits armés et les effets du changement climatique.

Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 30 octobre à Paris une aide internationale de plus d’1,5 milliard d’euros pour répondre à la crise humanitaire qui ravage la région des Grands Lacs. Une déclaration survenue lors d’une conférence internationale spécifiquement organisée pour mobiliser les États autour du plan d’urgence de l’ONU.

Une région vitale, menacée par la guerre et le climat

Située à la jonction de l’Afrique centrale et orientale, la région des Grands Lacs est un ensemble unique de lacs d’eau douce, dont les plus connus sont le Victoria, le Tanganyika et le Malawi. À eux seuls, ils représentent 90 % de l’eau douce de surface.

Ce système alimente trois des plus grands bassins fluviaux du continent : le Nil, le Congo et le Zambèze, et fait vivre plus de 60 millions d’habitants à travers plusieurs pays dont la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda.

Mais il s’agit aussi d’une zone drastiquement affectée par le réchauffement climatique. Car celui-ci accélère l’évaporation, tandis que des pluies toujours plus violentes provoquent débordements et inondations. Le lac Turkana, au Kenya, pourrait ainsi mettre en danger jusqu’à 15 millions de personnes, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En parallèle, la pollution et la surexploitation de l’eau pour l’agriculture ou l’électricité vident certains lacs plus vite qu’ils ne se remplissent, transformant parfois des zones entières en déserts. Ces déséquilibres, combinés aux conflits armés qui ravagent la région et à la pression croissante sur les ressources, fragilisent encore davantage les populations des Grands Lacs.

Region Grands Lacs
© Google Maps

« Nous ne pouvons pas rester des spectateurs silencieux »

« Nous ne pouvons pas demeurer des spectateurs silencieux de la tragédie qui se joue à l’est de la République démocratique du Congo », a déclaré Emmanuel Macron en clôture de la conférence humanitaire. Co-organisé avec le Togo, l’événement a permis de mobiliser plus d’1,5 milliard d’euros d’aide internationale, soit une avancée majeure pour un plan des Nations unies jusque-là financé à seulement 16 %.

Objectif : fournir des médicaments, de la nourriture et un accès humanitaire sécurisé, tout en rouvrant l’aéroport de Goma pour accueillir des vols d’urgence, en plus de la mise en place de couloirs humanitaires protégés. « Les chiffres sont insoutenables », a insisté le président, rappelant qu’une femme est violée toutes les quatre minutes et un enfant toutes les trente, dans une région où la guerre a déjà fait plus de 6 millions de morts en trois décennies, selon les estimations des ONG et de l’ONU. De même, « près de 28 millions de personnes » s’y retrouvent « en insécurité alimentaire », a-t-il poursuivi.

Le conflit, qui oppose les forces congolaises à plus d’une centaine de groupes armés, trouve ses racines dans les séquelles du génocide rwandais de 1994. Depuis, les tensions ethniques, la lutte pour le contrôle des gisements d’or, de coltan et de cobalt, et les interférences régionales ont transformé l’est de la République Démocratique du Congo en un bain de sang à ciel ouvert.

  • La région des Grands Lacs est ravagée par la guerre, le réchauffement climatique et la raréfaction de l’eau.
  • Face à une crise humanitaire sans précédent, Emmanuel Macron a annoncé plus d’1,5 milliard d’euros d’aide internationale.
  • Objectif : rouvrir les voies humanitaires, soutenir les ONG et tenter de sauver un territoire aussi vital que meurtri.

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