“Renault est plus vulnérable que jamais”, constatait Stéphane Lauer, éditorialiste au Monde. La guerre en Ukraine et le déclenchement de lourdes sanctions vers et en provenance de la Russie, pourraient peser très fort sur son bilan, et depuis un mois, ses investisseurs le rapportent en Bourse. Depuis le 16 février dernier, son action a dévissé de 40%.
Constructeur européen le plus exposé au marché russe, avec trois usines, 500 000 voitures vendues, 10% de son chiffre d’affaires et 12% de marges d’exploitation, Renault pourrait payer très cher les sanctions commerciales du conflit et l’Ukraine pourrait être “la crise de trop”, analysait l’éditorialiste. Un impact direct sur le plan de relance “Renaulution”, qui commençait à tutoyer pourtant la voie du redressement, disait Luca de Meo quelques jours avant le début de l’invasion.
Outre les sanctions pour son activité sur place, Renault peut craindre de nouvelles pénuries de composants, en plus de celle des processeurs déclenchées par la crise sanitaire. Nous l’avons vu, en début de semaine, un extraordinaire short squeeze faisait exploser le cours du nickel à plus de 100 000 dollars l’once. Beaucoup de matières premières indispensables au secteur automobile sont concernées par la guerre, comme le palladium.
Chute libre
Du 16 février au 7 mars, Renault a connu un long de mois de séances catastrophiques. Les échanges ont fait dévisser l’action de plus de 41% et le groupe français n’a retrouvé le vert que le 8 mars dernier. Ses niveaux se rapprochent de ceux de mars 2020 et l’arrivée de la pandémie de coronavirus. De juillet 2020 à aujourd’hui, Renault a effacé l’ensemble de ses progrès, qui étaient pourtant de plus de 60%.

Outre-Rhin, le premier constructeur automobile européen Volkswagen s’en sort un peu mieux et a déjà pris la décision d’arrêter ses activités russes. Les opérations russes de Renault font craindre de grosses pertes et l’agence de notation Fitch publiait un communiqué analysant les risques que la situation mine à son plan de relance. “Renaulution”, en plus de vouloir redresser le bilan économique du groupe depuis le départ de Carlos Ghosn, vise aussi a lancer 24 nouveaux modèles avant 2025 et le 100% électrique en 2030.
“En l’absence de mesures d’urgence, Fitch prévoit que la perte potentielle de ces opérations pourrait rendre négative la génération de FCF (free cash-flow) de Renault pendant les 24 prochains mois et retarder la reprise de l’entreprise”, déclarait l’agence. Nous ne savons pas à quel point l’État pourrait jouer dans la compensation des pertes. Déjà à l’heure actuelle, presque l’essentiel de ses bénéfices provient de son activité avec sa filiale bancaire RCI. Ses ventes de voiture, portées à 1,69 million d’exemplaires en 2021, sont au plus bas.
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