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Renault va-t-il produire de l’armement ? Voici la lettre reçue par les employés ce matin

Le constructeur automobile français devrait participer à l’effort de guerre, un pivot annoncé en juin dernier. Ce mercredi 24 septembre, l’entreprise a envoyé une lettre à ses employés avec un objectif clair : temporiser et se justifier d’une dynamique industrielle plus large.

Une note interne envoyée aux salariés de Renault ce mercredi 24 septembre vient d’être révélée par Le Parisien-Aujourd’hui en France. Trois mois après l’annonce du rapprochement entre le constructeur automobile et le ministère des Armées, pour la mise en production de drones de combat destinés aux forces armées ukrainiennes notamment, la colère et le malaise se sont installés dans les équipes pendant tout l’été.

En attendant d’une vision plus claire du projet, la marque au Losange veut instaurer une communication directe et faire le point, face au flou et aux inquiétudes. Mais en vue de la note, tout semble encore à faire, avec des discussions qui se poursuivent et un projet qui n’a encore rien d’acté. « Renault Group étudie la possibilité de mettre son savoir-faire industriel au service de projets de défense », indique ainsi la note interne.

Renault mentionne l’implication poussée d’entreprises allemandes dans la défense

Pour se justifier de rejoindre l’appel du ministère des Armées, Renault Group a indiqué que « ce mouvement s’inscrit dans une dynamique industrielle plus large, qui voit s’engager d’autres entreprises européennes », avant de citer l’exemple de l’Allemagne avec « une usine du fabricant de trains Alstom reprise par KNDS pour y assembler des blindés ». Le cas de nos voisins d’outre-Rhin est important, puisque, dans son économie, d’autres acteurs veulent se tourner (et profiter) de l’essor de l’économie de guerre, avec ses différents investissements.

On compte notamment la famille Porsche, « qui a déclaré en août vouloir investir dans la défense », mentionnait la note interne de Renault Group, mais aussi l’intention « de créer une entité dédiée à l’armement » de la part de l’équipementier Schaeffler, spécialisé dans les roulements pour l’automobile, l’aéronautique, le transport ferroviaire, les machines-outils et les éoliennes. Sous l’impulsion du nouveau chancelier Friedrich Merz, des centaines de milliards d’euros seront injectés dans la défense, annonçait le pays début mars 2025.

Pour tirer un trait à ce qui verrait cette éventuelle production de drones prendre le dessus sur l’automobile chez Renault, le groupe indiquait, en fin de note « Renault Group ne vise pas à devenir un acteur majeur de la défense, mais à apporter son expertise industrielle à des projets où son savoir-faire et ses compétences peuvent faire la différence, tout en ayant un impact positif sur notre activité ». En aucun cas l’entreprise n’a mentionné l’idée d’une production de « drones », celle souhaitée par le gouvernement, le premier actionnaire du groupe.

Les menaces et les opportunités de prendre part à la production militaire, selon Renault

Pour la marque, les principaux avantages d’un pivot dans la production de drones militaires seraient au nombre de quatre, avec tout d’abord une valorisation du savoir-faire industriel ; ensuite, une ouverture vers des applications civiles ; complément d’activité sur les sites en France et enfin une opportunité économique rentable. En face, les risques, présentés sous la forme de « points de vigilance », seraient au nombre de trois : avec pour commencer la sécurité des sites du groupe, la cybersécurité, et les campagnes de désinformation.

Si Renault mentionne ces menaces, c’est parce que, depuis l’annonce de juin, le constructeur s’est déjà attiré de nombreux trolls russes, dans le but de perturber et provoquer les discussions en ligne. De nombreux salariés, comme de nombreux cadres, craignent une escalade de la violence des attaques en ligne qui cibleront l’entreprise, et en appellent donc au gouvernement à proposer des garanties de protection sur ces points.

Une chose est sûre, cette prise de participation de Renault balayerait les faibles chances qui lui restaient pour reprendre ses activités russes, où elle restera, jusqu’en 2028, apte à reprendre la main sur Lada, le premier groupe automobile russe, rapportait Le Parisien.

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