Retour en 1999, une année pour le moins incroyable côté jeux vidéo, avec des titres comme Soul Reaver, Gran Turismo 2, Tony Hawk’s Skateboarding, Shenmue, Medal of Honor, Pokemon Or & Argent… A l’époque, voilà quatre ans déjà que la PlayStation de Sony a envahi les foyers français, et force est d’admettre que les nombreux joueurs conquis par la console du géant nippon vont en prendre plein les yeux.
Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !
Syphon Filter, l’autre (belle) surprise de l’été 1999
L’été 1999 aura été riche pour les propriétaires de PlayStation. Non seulement ces derniers ont pu profiter de l’excellent(issime) Driver, mais c’était également l’époque d’un certain V-Rally 2, sans oublier l’effrayant Silent Hill. Et sans crier gare, un jeu qui n’était alors pas du tout (ou très peu) attendu va connaitre un vrai succès auprès des joueurs via un énorme bouche à oreille. Ce jeu (et vous l’aurez deviné), c’est Syphon Filter.

En effet, contrairement à d’autres titres (qui a dit Metal Gear Solid ?), Syphon Filter ne va pas profiter d’une quelconque “hype” dans les magazines de l’époque. Certes, on l’entrevoit dans certains magazines lancés avant l’été 1999, mais le jeu ne suscite pas un engouement quelconque. L’édition juillet/août de PlayStation Magazine accorde sa couverture au jeu X-Files, avec à son bord les tests de V-Rally 2, de Silent Hill ou encore de Ape Escape, sans oublier ce Syphon Filter (lancé chez nous le 9 juillet 1999), et qui écope alors d’un modeste 7/10.

Côté histoire, Syphon Filter nous place dans la peau de Gabriel (Gabe) Logan, un agent secret façon James Bond, mais avec la discrétion d’un John McClane. Visuellement, il s’agit d’un jeu “toutentroisdé” façon Tomb Raider, avec un petit côté clairement vieillot. La mise en scène est travaillée façon Hollywood, avec des cutscenes (et un doublage entièrement en français) et des communications semblables à celles de Metal Gear Solid, via le codec.

On incarne donc ici un agent d’une firme secrète américaine, l’Agence, qui va devoir collaborer avec sa partenaire Lian Xing, une autre agent. L’histoire commence quand Elis, un agent infiltré enquêtant en Amérique du Sud, se fait capturer et exécuter par Mara Aramov, une tueuse à gages sous les ordres d’un sombre terroriste allemand. Vous les sentez les années 90 ?

A première vue, avec son côté nanardesque et une concurrence ultra féroce, difficile pour ce Syphon Filter d’aller rivaliser avec les autres titres lancés à cette même période sur PlayStation.

Pourtant, et malgré une 3D déjà vieillissante à l’époque, le jeu signé 989 Studios (à l’œuvre précédemment sur Cool Boarders 3 et 4 notamment) s’avère très plaisant à jouer, assez addictif même, malgré une difficulté très mal dosée, la faute à des checkpoints très éloignés…
Une action décomplexée et un incroyable bouche à oreille
Inspiré de divers jeux vidéo, mais aussi de films (le côté James Bond de certaines missions) de l’époque, Syphon Filter est un jeu d’action totalement décomplexé, avec une histoire simple, mais aussi (et surtout) des gunfights novateurs, avec un système de lock, ou encore la possibilité d’effectuer des headshots en passant en vue FPS.

Mieux encore, Gabe dispose d’un taser qui permet d’électrocuter discrètement les ennemis… et de les faire partir en fumée lorsqu’on le maintient activé plusieurs secondes. Cruel oui… mais terriblement jouissif ! Syphon Filter sera d’ailleurs lancé dans un contexte très particulier pour les jeux vidéo, avec une violence alors très décriée. Syphon Filter est d’ailleurs déconseillé aux moins de 18 ans, contrairement à Silent Hill ou encore Metal Gear Solid (pour citer des jeux lancés à la même période), qui sont quant à eux destinés aux “15 ans et plus“.

Malgré un côté vieillot, Syphon Filter apportait également quelques mécaniques de jeu très réussies. Quel plaisir de briser des portes vitrées en effectuant une roulade, avant d’ouvrir le feu sur l’ennemi (ou de le taser) ou encore ce système de visée très dynamique, très réussi. A cela s’ajoute une durée de vie plus qu’honorable, bien aidée par la difficulté de certaines missions.

Alors certes, le jeu est très moyen visuellement, avec des personnages très “carré” et de nombreuses imperfections techniques, mais Syphon Filter va alors bénéficier d’un bouche-à-oreille impressionnant, avec un jeu dont on peine à décrocher une fois la première mission lancée. C’est simple (voire simpliste), efficace, dynamique, ça va droit à l’essentiel, et c’est sans doute précisément ce que recherchaient de nombreux joueurs à l’époque. A noter que la popularité du jeu fut également boostée à l’époque par le biais d’une démo jouable alors distribuée gratuitement (via certains magazine notamment).
Syphon Filter, un premier opus fondateur… et des suites oubliées ?
Rapidement, Syphon Filter va devenir un indispensable de la PlayStation, et deux suites seront lancées sur la première génération de console Sony, respectivement en 2000 et 2001. Si certains tablaient sur un Syphon Filter à la sortie de la PS2, il faudra finalement attendre 2004 pour voir débarquer The Omega Strain (lequel misait sur une composante multijoueur, tout en mettant de côté Gabe ou encore Lian…), mais la recette ne prend pas, et le jeu sera accueilli très (très) froidement par la presse comme par les joueurs.

La série viendra ensuite s’infiltrer par trois fois sur la petite console portable de Sony, la PSP, avec Dark Mirror, Logans’ Shadow (tous deux portés également sur PS2), sans oublier Combat Ops. Reste à savoir si Gabe Logan reviendra un jour sur nos consoles PlayStation au travers d’un tout nouvel opus digne de ce nom.
Et vous, vous aviez joué au premier Syphon Filter en 1999 ou pas ?
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