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La responsable du vaccin Moderna contre le COVID-19 s’en va : que va devenir la biotech ?

C’est une page qui se tourne pour la biotech américaine, dont le vaccin à base d’ARNm, Spikevax, a été distribué à plus d’un milliard de doses dans le monde. La directrice médicale Jacqueline Miller va quitter ses fonctions, annonce Moderna ce vendredi. Voici comment l’entreprise va évoluer.

Après avoir rejoint Moderna en 2020, en pleine pandémie de COVID-19, la directrice médicale Jacqueline Miller a supervisé le développement et l’évolution du vaccin Spikevax, à ARNm de la société américaine. Elle entrait dans la biotech en occupant le rôle de responsable du domaine thérapeutique des maladies infectieuses. En six ans chez Moderna, elle aura suivi l’approbation de pas moins de 7 nouveaux vaccins, destinés à des patients allant des nourrissons aux personnes âgées. En plus de Spikevax, Jaqueline Miller a suivi le développement du mRESVIA, contre le virus respiratoire syncytial.

Moderna a annoncé le départ de Jacqueline Miller ce vendredi 30 janvier. La responsable quittera ses fonctions le 2 mars prochain et les investisseurs ont répondu à l’annonce par une baisse de plus de 5 % en début de séance, sur le Nasdaq. Depuis ses échanges records en juin 2021, Moderna n’a fait que dévisser pour conserver une capitalisation au plus bas en 2025, à 17 milliards de dollars. Début décembre, elle avait atteint un niveau historiquement bas, à 22 dollars l’action, représentant le niveau de l’entreprise avant l’arrivée de son vaccin contre la COVID-19, en janvier 2020. Le départ de la directrice médicale arrive donc à un moment crucial.

Moderna tourné sur les économies et sur l’oncologie

L’ARNm continue d’être au cœur de la stratégie de la biotech américaine, qui travaille désormais sur des traitements contre le cancer. Ses ambitions en oncologie sont un vrai défi, car au même moment, Moderna a réduit ses effectifs de 10 % l’été dernier, dans un projet de réduction des dépenses d’exploitation plus large, de 1,4 à 1,7 milliard de dollars d’ici à 2027 pour espérer être profitable. L’un de ses traitements qui recevaient des nouvelles prometteuses était mRNA-4359, contre le cancer de la peau. Associé à Merk, Moderna rappelait il y a dix jours, le 20 janvier, que son vaccin expérimental continuait d’offrir de bons résultats.

Michael Yee, analyste chez UBS, avait déclaré à Reuters que de plus amples conclusions devraient être publiées par Moderna d’ici la fin de l’année 2026. La commercialisation est prévue pour 2028 avec un vaccin au prix de 200 000 dollars. Le cancer de la peau, la mélanome à haut risque, possède un important marché puisque, rien qu’aux États-Unis, 112 000 devraient recevoir un diagnostic rien qu’en 2026. À l’heure actuelle, Moderna ne commercialise que ses vaccins contre le COVID-19, contre le virus respiratoire syncytial, et contre la grippe saisonnière, ce qui devrait lui valoir un chiffre d’affaires entre 1,5 et 2,5 milliards d’euros sur 2025.

Face à Pfizer, son concurrent de l’époque de la pandémie, les échelles sont bien différentes. En 2025, le géant de l’industrie pharmaceutique a réaffirmé une prévision autour de 62 milliards de dollars, grâce à une grande base de produits diversifiés, dont son produit le plus lucratif : l’Eliquis, un anticoagulant (7,3 milliards de dollars de revenus en 2024). Pfizer s’appuie aussi sur ses vaccins contre les infections à pneumocoques (pneumonie, méningite), et son traitement pour certaines maladies cardiaques rares (tafamidis).

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