Reviewme : prends l’oseille et blogue-moi

NB : je n’ai pas été payé pour écrire cet article 😉 Il y a définitivement deux écoles façons de voir les choses. Soit on considère qu’un blog peut être monétisé et qu’il n’y a aucun problème à gagner quelque menue monnaie avec sa prose, soit on considère définitivement que les brouzoufs c’est caca et

NB : je n’ai pas été payé pour écrire cet article 😉

Il y a définitivement deux écoles façons de voir les choses.
Soit on considère qu’un blog peut être monétisé et qu’il n’y a aucun problème à gagner quelque menue monnaie avec sa prose, soit on considère définitivement que les brouzoufs c’est caca et qu’un blog doit rester éloigné de toute tentation mercantile.

Reviewme

A mon avis on ne réconciliera jamais les deux camps, et ce n’est pas un service comme Reviewme qui va apaiser les passions : peu effrayé par la polémique suscitée par PayPerPost, c’est maintenant Reviewme qui vous propose de vous rémunérer (entre 30 et 1000 dollars le billet) pour la publication d’articles sur tel ou tel produit dans les pages de votre blog.
Pour participer au programme, il vous suffit de vous inscrire et de suggérer votre blog : si celui-ci répond aux critères (principalement fondés sur le trafic identifié via Alex et Technorati), il sera accepté, valorisé à X dollars le billet et inclus dans la liste proposée aux annonceurs.
Vous n’avez alors plus qu’à attendre qu’une marque vous contacte pour rédiger un article sur un produit ou service proposé (ce qui risque quand même d’arriver assez rarement pour un blog francophone).
Voilà, dit comme ça, cela pourrait effectivement choquer nos âmes pures et prudes de blogueurs ivres d’indépendance et d’objectivité, les yeux rivés sur l’intangibilité de leur ligne éditoriale.
Cela pourrait.
Sauf que, contrairement à PayPerPost, dont la démarche est plutôt opaque, Reviewme semble prôner quand même une certaine transparence, si l’on en juge par les règles du jeu indiquées sur le site :

  • Nous aimons les règles souples, de façon à ce que les blogueurs puissent écrire d’une façon qui fasse sens pour leur lectorat. Nous demandons juste que les articles comptent au minimum 200 mots, et que ceux-ci indiquent clairement d’une façon ou d’une autre quand un billet est "sponsorisé".
  • Nous n’acceptons pas que les annonceurs demandent des articles qui leur sont favorables. La grande majorité des articles le sont de toute façon, ou proposent des critiques constructives (..)

Du publi-rédactionnel, en quelque sorte, comme cela se pratique dans la presse depuis que celle-ci existe, sans que personne n’y trouve particulièrement à redire. Et puis ne soyons pas hypocrites : combien de journalistes, dont certains réputés pour leur intégrité, et même déjà des blogueurs, reçoivent régulièrement en cadeau des produits à tester ? Entre un cadeau reçu pour parler d’un produit ou un chèque, ou se situe la différence ?

D’ailleurs le principe existe déjà, par exemple ici, chez Pdafrance, l’un des sites que je consulte le plus souvent (ok ce n’est pas ou plus un blog perso), et en temps que lecteur cela ne me dérange pas le moins du monde : soit le sujet traité m’intéresse et je le lis même si c’est un publi-rédactionnel, soit il ne m’intéresse pas et je zappe. Ca ne change donc rien à mon attitude.

Bon de l’autre côté, du côté de ceux qui n’apprécient pas, on rigole bien aussi, tout en proposant astucieusement de détourner le principe de Reviewme pour une bonne cause, comme ça tout le monde est content, et ça permettra même à ceux qui s’inscrivent à partir de maintenant sur Reviewme de se donner bonne conscience (c’est ce que je viens de faire d’ailleurs, mais moi c’était pour tester le service 🙂

Allez, choisis ton camp maintenant.

NB : je n’ai pas été payé pour écrire cet article 😉


14 commentaires

  1. Si Eric les 2 écoles sont à mon sens conciliables et réconciliables mais à une seule condition : que ceux qui acceptent et font du publirédac le montre BIEN, voire très très BIEN via une couleur de fond du post différente (par exemple). Moi ça ne me dérange aucunement si c’est "signalé" comme tel. Par contre mettre juste en "ps" ; j’ai été payé > c’est très très moyen. Cela s’apelle des "honteuses"…

  2. Franchement, plus je réfléchis, moins je vois l’interet d’un intermédiaire dans ce business.

    Oui, il peut être intéressant pour une marque de faire commenter ses produits par des bloggueurs contre rémunération. Mais pourquoi se payer le menu fretin ?
    Pourquoi ne pas cibler directos des blogs à gros trafic, avec des mecs qui pensent et écrivent bien ? Et si t’as du mal à les trouver, tu fais appel à une agence ou équivalent qui va te les selectionner mais piocher au pif dans l’annuaire que va devenir très vite review me, je vois pas trop l’intérêt.

  3. Quelle étrange argumentation.

    "Du publi-rédactionnel, en quelque sorte, comme cela se pratique dans la presse depuis que celle-ci existe, sans que personne n’y trouve particulièrement à redire."

    Comment ça, "personne" ? Question de fréquentations. Moi je connais plein de gens qui détestent la publicité, et plus particulièrement celle qui ne se contente pas de louer de la surface, mais veut en plus emprunter les habits du journalisme.

    "Et puis ne soyons pas hypocrites : combien de journalistes, dont certains réputés pour leur intégrité, et même déjà des blogueurs, reçoivent régulièrement en cadeau des produits à tester ? Entre un cadeau reçu pour parler d’un produit ou un chèque, ou se situe la différence ?"

    C’est merveilleux. "Puisqu’il existe déjà des ripoux ailleurs, pourquoi pas moi ?" À nouveau, je me premets d’indiquer qu’il existe encore des journalistes propres sur eux. Qui refusent les cadeaux. Et une majorité à qui on n’en fait pas.

    Enfin, le démarrage de ce billet divise pour pas un rond le monde en deux camps : soit on… aucun problème à gagner quelque menue monnaie… soit on… considère définitivement que les brouzoufs c’est caca…"
    Justement, la vérité, c’est que la plupart des gens sont dans le gris, entre ces deux positions. La plupart des journalistes, par exemple, "tolèrent" la présence de pub dans les pages de leur canard, vu qu’elle permet de faire bouillir la marmite. Mais précisément, ils estiment que la pub doit rester à sa place. Et que la pub déguisée est intolérable.
    En inventant une dichotomie qui n’existe pas, l’auteur du billet évacue 90% du sujet, puisque précisément la plupart des blogueurs pro, comme des journalistes, discutent plutôt autour de la question de l’argent plus ou moins sale, c’est à dire de types de pub plus ou moins acceptables.

    Et la question est bien là : le post rémunéré est un procédé publicitaire particulièrement dégueu. Les putes, au moins, elles n’embrassent pas.

  4. >Tu veux dire du point de vue de l’annonceur ?

    Oui, bcp trop cher. Autant on peut payer bien cher pour blog de référence. Autant payer 100 euros pour un petit blog, ça le fait pas.

    >Les putes, au moins, elles n’embrassent pas.

    Celles de luxe si 😉

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