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Satellites européens espionnés : la Russie a intercepté des communications sensibles depuis l’espace

Des responsables européens de sécurité tirent la sonnette d’alarme.

L’alerte n’est clairement pas à prendre à la légère. Plusieurs responsables européens de la sécurité estiment que les satellites russes Luch-1 et Luch-2 ont effectué à plusieurs reprises des manœuvres suspectes en orbite. D’après les informations du Financial Times publiées en février, ces derniers ont intercepté les communications d’au moins une douzaine de satellites stratégiques au-dessus du continent européen.

Ces manœuvres, qui n’avaient pas encore été signalées, pourraient notamment compromettre des informations sensibles transmises par les satellites, et pire encore, permettre au pays dirigé par Vladimir Poutine de manipuler leurs trajectoires, voire de les faire s’écraser.

Dans le détail et selon des données orbitales et des observations télescopiques au sol, ces deux lanceurs ont stationné à proximité de satellites européens pendant plusieurs semaines au cours des trois dernières années.

Mentionné par le prestigieux quotidien britannique, le général de division Michael Traut, chef du commandement spatial allemand, estime que ces deux objets spatiaux gérés par la Russie sont soupçonnés de mener des opérations de renseignement électromagnétique en restant proches des satellites de communication occidentaux.

Des données sensibles récupérées par la Russie ?

Plus précisément, les Luch-1 et Luch-2 seraient destinés à se positionner tout près des faisceaux de données transmis par les stations terrestres. En clair, des informations sensibles telles que les données de commandes ont pu être récupérées, d’autant que les plus anciens satellites ne disposent pas de capacité de cryptage.

Les satellites approchés seraient utilisés à des fins civiles, notamment pour la télévision par satellite, mais ils transportent aussi des communications gouvernementales sensibles et des communications d’ordre militaire.

Un responsable du renseignement européen estime qu’il est peu probable que Luch-1 et Luch-2 puissent brouiller ou détruire des satellites, mais il est en revanche possible qu’ils aient permis à la Russie de récupérer des données stratégiques.

Cité par le média britannique, Norbert Pouzin, analyste orbital senior chez Aldoria, une société française de suivi de satellites qui a également suivi les satellites Luch, commente ainsi :

Ils ont visité les mêmes familles, les mêmes opérateurs ; on peut donc en déduire qu’ils ont un objectif ou un intérêt précis. Il s’agit d’opérateurs basés à l’OTAN.  Même s’ils ne peuvent pas décrypter les messages, ils peuvent tout de même extraire de nombreuses informations… ils peuvent cartographier l’utilisation d’un satellite, déterminer l’emplacement des stations au sol, par exemple.

Outre la Russie, la Chine et les États-Unis disposent de technologies similaires d’espionnage. Mais le Kremlin possèderait à ce jour des capacités les plus avancées et n’hésiterait plus à se montrer agressif dans l’utilisation de ces innovations pour scruter les satellites des nations rivales.

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