Il n’y a pas péril en la demeure, mais Shein a du soucis à se faire. La capitalisation du géant chinois de la fast fashion est en effet en baisse sur les marchés privés depuis quelques mois. Après avoir atteint son sommet en dépassant les 100 milliards de dollars en avril dernier lors d’une levée de fonds, son niveau se situerait aujourd’hui entre 65 et 85 milliards de dollars, selon le Financial Times.
Pour autant, il ne s’agit pas d’une dégringolade, et nos confrères rappellent qu’il y a à peine deux ans, l’entreprise était valorisée à 15 milliards de dollars. Une source anonyme du quotidien économique se veut d’ailleurs rassurante sur le sujet : « Ils ont été durement touchés, comme à peu près toutes les autres sociétés de commerce électronique dans le monde. Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de fondamentalement mauvais avec l’entreprise… elle était probablement surévaluée plus tôt cette année. »
Shein conserve des atouts face à la concurrence
Mais tout le monde n’est pas de cet avis. Un expert du commerce en détail estime que des entreprises comme Shein font face à des vents contraires inédits. Il pointe ainsi l’inflation élevée, et le niveau de confiance très faible chez les consommateurs en Occident. Si l’on ajoute à ces facteurs, la hausse du prix des matières premières et du coût des transports, cela fragilise grandement le secteur, et l’impact sur les marges ne devrait pas être négligeable.
Les prochains mois seront donc déterminants pour Shein. S’il est encore bien trop tôt pour trancher, on peut tout de même rappeler que la société dispose d’atouts très solides face à la concurrence. Dans une interview qu’il nous a récemment accordé, Guoli Chen, professeur de stratégie à Institut européen d’administration des affaires (INSEAD), et expert des géants de la Tech chinois, précisait ainsi :
Shein a un cycle de production plus court, et la quantité minimale par lot est de 100 pièces (ou même moins), contre 500 pièces pour Zara. Ainsi, Shein peut réagir plus rapidement face à la demande sur le marché et augmenter sa production si nécessaire. Outre la collaboration étroite avec ses fournisseurs, l’autre compétence majeure de Shein est sa capacité numérique. Shein est une entreprise de haute technologie, pas une entreprise de mode traditionnelle. Elle applique simplement sa capacité numérique au secteur de la fast fashion.
Mais tout n’est pas rose pour autant, et Shein doit aussi faire face à des critiques sur le plan écologique. Dans un documentaire diffusé cette année, le journaliste Martin Weill évoquait notamment le fait que la compagnie utilisait des fibres polluantes et dépassait largement les normes en matières de substances nocives comme le plomb.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
