À Fremont, en Californie, l’immense usine historique de Tesla tourne à plein régime pour assembler les véhicules phares de la marque. Il s’agit du cœur battant de sa production américaine, et elle se retrouve aujourd’hui en plein scandale.
Car, selon des documents d’ingénierie partagés sur Substack, le constructeur a déposé des demandes pour modifier ses fours de fusion d’aluminium, ce qui multiplierait par treize les rejets de particules en suspension (TSP) de l’usine, qui atteindraient plus de 21 tonnes par an. Un volume colossal qui inclut des métaux lourds toxiques et reconnus comme dangereux, tels que l’arsenic, le béryllium et le cadmium.
Or, l’agence locale de régulation de la qualité de l’air (le BAAQMD) est accusée d’avoir publié un avis public jugé volontairement trompeur, qualifiant l’opération de simple « modification » avec des systèmes de réduction des émissions, tout en masquant la hausse massive des rejets. Pire encore, les rapports d’ingénierie officiels ont été livrés au public truffés de larges zones noircies, ce qui a rendu la compréhension du dossier presque impossible pour le citoyen lambda.
Les parents d’élèves révoltés
Problème, cette usine se trouve à moins de 300 mètres de l’école primaire Lila Bringhurst, un établissement qui accueille plus de 1 200 enfants ouvert en 2022. Leurs parents ont pu se rendre compte de l’ampleur du chantier en consultant, justement, la publication anonyme sur Substack. Car l’avis transmis au préalable par la direction, noyé dans le flux quotidien des courriels et rédigé dans un jargon administratif opaque, était complètement passé inaperçu.
La colère est, logiquement, palpable. « La pollution de l’air, c’est grave. Ça peut causer des problèmes de santé à long terme. Je ne veux pas que mon enfant soit touché », s’exclame Phoebe Yu, une mère d’élève interrogée par SFGate. Dans ce contexte, une pétition a rapidement récolté plus d’un millier de signatures afin d’exiger le gel des autorisations et l’ouverture d’une véritable enquête publique, transparente et compréhensible pour tous.

Pas une première, loin de là
D’autant que l’usine de Fremont accumule déjà un passif environnemental lourd. En 2021, le BAAQMD a par exemple infligé une amende d’1 million de dollars à Tesla pour 33 avis de violation liés à des dépassements de seuils et des manquements aux contrôles d’émissions. La marque a en outre été épinglée pour la mauvaise gestion des déchets dangereux.
Une situation qui fait forcément écho à ce qui est actuellement en jeu dans dans les États du Tennessee et du Mississippi. Les deux supercalculateurs de SpaceXAI, autre géant d’Elon Musk, y fonctionnent en partie grâce à des turbines à gaz ultra polluantes, qui empirent la qualité de l’air environnante dans des quartiers déjà fragilisés.
Mais les autorités se montrent plutôt clémentes avec les sociétés du multimilliardaire depuis quelque temps, lui qui dépense sans compter pour aider l’administration Trump à rester au pouvoir.
- L’usine Tesla de Fremont entend multiplier par treize ses rejets de particules toxiques près d’une école.
- Les familles des élèves, inquiètes, exigent plus de transparence de la part du constructeur.
- Un nouveau bras de fer qui rappelle les méthodes controversées des autres structures d’Elon Musk, à commencer par le data center de SpaceXAI à Memphis.
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