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Smartphones, internet : à quel point le numérique détruit la planète ?

L’Arcep publiait ce lundi 25 avril 2022 son premier baromètre de l’empreinte environnementale du numérique. Bilan : la téléphonie mobile est particulièrement mauvaise pour notre planète.

Qu’est-ce qui détruit le plus la planète parmi nos outils numériques modernes ? Dans son rapport sur “le numérique soutenable” publié lundi 25 avril 2022, l’Arcep donne quelques éléments de réponse.

Le premier constat du gendarme des télécoms n’augure rien de bon. Dans l’ensemble, les émissions de CO2 liées aux réseaux internet et mobile sont en hausse. Elles sont passées de 196 000 tonnes d’équivalent CO2 en 2017 à 233 000 en 2020.

Rappelons toutefois qu’en 2020, nous connaissions une période confinement qui a considérablement augmenté notre consommation de contenus en ligne, donc d’électricité, donc une hausse des émissions de CO2.

La bonne nouvelle, c’est que les mesures prises par les opérateurs se sont révélées payantes. Ainsi, leurs émissions directes (bâtiments, boutiques, flotte automobile etc.) sont en baisse. Et si le confinement a encore une fois aidé sur l’année 2020 il n’en est pas la seule cause puisque cette tendance avait déjà débuté en 2019.

Vive la fibre !

Autre bonne nouvelle, la fibre émet beaucoup moins de CO2 que l’ADSL. “Les réseaux d’accès cuivre consomment, en moyenne, environ 35 kWh par abonnement en 2020, contre moins de 10 kWh sur les réseaux fibre, ce qui représente un rapport de 1 à 4” écrit l’Arcep dans son rapport.

En revanche, la téléphonie mobile fait figure de très mauvais élève. “La consommation énergétique des réseaux mobile est deux fois plus importante que celle des réseaux fixes” explique le gendarme des télécoms.

Cela n’est pas dû aux infrastructures ni à la consommation moyenne des abonnés mobiles (identique à celle sur le fixe) mais au volume de lignes mobiles. “Le nombre de cartes SIM mobiles est deux fois supérieur au nombre d’abonnements sur réseaux fixes” peut-on lire dans le rapport.

Ainsi, la consommation énergétique du mobile représente 58% de l’électricité totale consommée par les réseaux contre 27% seulement pour le fixe.

Se tourner vers le reconditionné

Alors que “79% de l’empreinte carbone du numérique est liée aux terminaux (télévision, ordinateurs, téléphones,etc.)”, le marché du reconditionné ne représente qu’une trop petite part des ventes.

En France, seulement 13% des téléphones mobiles vendus sont reconditionnés. Trop peu, estime l’Arcep, qui ajoute :

Dans la mesure où 80% de l’empreinte carbone des terminaux est liée à leur fabrication, le reconditionnement offre un potentiel important de réduction de leur impact.

Réjouissons-nous, le marché du reconditionné a connu un véritable boom en 2021 avec une hausse de 15% des ventes. Et si les motivations économiques priment la plupart du temps sur l’engagement écologique, le résultat reste le même.

Reste maintenant aux acteurs du marché, notamment les constructeurs, à se responsabiliser. Le dernier rapport du GIEC nous laisse trois ans pour éviter la catastrophe écologique qui nous attend. Et pourtant, Apple, Xiaomi et consorts n’ont jamais lancé autant de smartphones chaque année.

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