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Starship : SpaceX va relancer un booster déjà allé dans l’espace : une première mondiale

Le prochain vol de Starship pourrait marquer l’histoire de l’aérospatiale.

Non, ceci n’est pas un énième tour de force des fusées Falcon 9 de SpaceX, qui atterrissent sur des barges océaniques depuis 2015 avec la régularité d’une horloge suisse. L’exploit qui se profile est d’une tout autre dimension : pour la première fois dans l’histoire, un propulseur Super Heavy – premier étage de la fusée Starship et colosse de 71 mètres de haut – va être réutilisé pour un second vol spatial après avoir déjà touché les portes du cosmos.

Le Booster 14 : premier récidiviste de la catégorie poids lourd spatial

Le Booster 14, vedette de cette aventure, a déjà inscrit son nom dans les annales spatiales lors du septième vol d’essai de Starship le 16 janvier dernier. Après avoir arraché l’étage supérieur à l’attraction terrestre, ce titan est revenu se poser dans les bras mécaniques de la tour « Mechazilla ». Un haut fait répété trois fois sur les quatre tentatives de l’entreprise.

Jamais un booster de cette catégorie – littéralement la plus grande et la plus puissante fusée jamais construite – n’avait été réutilisé. Les Falcon 9, déjà révolutionnaires, appartiennent à une ligue bien inférieure en termes de dimensions et de puissance. Avec ses 33 moteurs Raptor, dont 29 ont déjà connu un baptême spatial lors du vol précédent, ce monstre est sans commune mesure avec tout ce qui s’est fait jusqu’alors.

SpaceX vient d’ailleurs de réaliser un test d’allumage statique de ce booster d’occasion (voir ci-dessous), une première pour un engin de cette envergure ayant déjà voyagé aux confins de l’atmosphère, comme l’a souligné Stephen Clark d’Ars Technica. Le Booster 14 est ainsi prêt à s’élancer vers les cieux lors du neuvième vol d’essai de Starship, à une date que l’entreprise de Musk n’a pas encore dévoilée.

L’étage supérieur : le maillon faible

Si le booster Super Heavy collectionne les succès, l’étage supérieur Starship – le vaisseau proprement dit – n’est pas encore parfait. Lors du septième vol en janvier, l’étage supérieur a souffert d’une défaillance moteur qui a écourté sa mission, transformant l’engin en pluie de débris au-dessus de la mer des Caraïbes.

Deux mois plus tard, lors du huitième essai, nouvelle déconvenue : le vaisseau s’est transformé en toupie cosmique avant de se désintégrer quelques instants après sa séparation. Deux échecs qui ont privé les ingénieurs ; et nous aussi ; du spectacle d’un amerrissage contrôlé au large de l’Australie occidentale, prévu environ une heure après le décollage.

L’ambition ultime de SpaceX reste inchangée : créer un système de transport spatial entièrement réutilisable, où les deux étages – Super Heavy et Starship – reviendraient se faire capturer par les bras métalliques de Mechazilla. Une partition parfaitement exécutée par le booster, mais que l’étage supérieur peine encore à maîtriser.

L’enjeu du neuvième vol de Starship pour l’entreprise est donc immense : prouver que son plus gros bébé est le candidat parfait pour la mission actuelle la plus importante de la NASA, Artemis 3. Si elle échouait, cela pourrait potentiellement entraîner des retards ou des modifications du contrat qu’elle a décroché, un camouflet monumental qui pourrait faire vaciller la confiance de l’agence américaine et des investisseurs.

  • SpaceX s’apprête à faire revoler pour la première fois le Booster 14, une première mondiale pour un engin de cette taille.
  • Ce propulseur géant a déjà été récupéré avec succès par les bras de la tour Mechazilla.
  • Malgré ces avancées, l’étage supérieur de Starship a encore connu quelques échecs lors de ses derniers vols.

 

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