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10 faits stupéfiants sur Falcon 9, la fusée qui a permis à SpaceX d’écraser toute concurrence

Le lanceur de SpaceX a tout bonnement transformé l’écosystème du spatial.

Le Falcon 9, fusée emblématique de SpaceX, a totalement redessiné le paysage du secteur spatial. En moins de deux mois, elle a d’ores et déjà opéré 18 lancements en 2025. C’est tout simplement époustouflant. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce condensé de technologie.

Deux étages

Le Falcon 9 est composé de deux étages. Ensemble, ils mesurent 70 mètres de hauteur pour un diamètre de 3,7 mètres. Le lanceur se distingue par sa capacité à transporter des charges lourdes en orbite. Il peut acheminer jusqu’à 22 800 kg en orbite terrestre basse (LEO), 8 300 kg vers l’orbite de transfert géostationnaire (GTO) et 4 020 kg en direction de Mars.

Son premier étage, le booster, est propulsé par neuf moteurs Merlin 1D, tandis que le second étage n’en compte qu’un seul. Sa coiffe, elle, mesure 13,1 mètres de haut et 5,2 mètres de diamètre.

Une fusée réutilisable

C’est sans doute LE point fort du Falcon 9. Une fois que sa mission est accomplie et qu’il a propulsé le premier étage et la charge utile en orbite, le booster entame sa rentrée atmosphérique et vient se poser sur une barge au milieu de l’océan Atlantique. Il peut ensuite être réutilisé pour de futures missions. Aujourd’hui, le record pour un seul premier étage est de 25 lancements, et il devrait être prochainement battu.

Cette caractéristique a transformé l’économie des voyages spatiaux, car SpaceX est en mesure de réutiliser les parties les plus coûteuses de la fusée. Pour l’heure, personne n’est capable d’en faire autant.

Une incroyable précision

À l’heure où nous écrivons ces lignes, SpaceX a réussi à faire atterrir des boosters de Falcon 9 406 fois sur 418 tentatives. Cela comprend 324 atterrissages sur une barge et 82 sur la terre ferme.

Une prouesse qui nécessite, bien entendu, des aptitudes techniques ultra sophistiquées. Une fois largué, le booster effectue une brève poussée de retournement avec ses moteurs pour s’orienter dans la bonne direction. Ensuite, il traverse l’atmosphère en freinant grâce à des ailettes de contrôle, qui ajustent son inclinaison et stabilisent sa descente. Une deuxième poussée, appelée burn de rentrée, réduit sa vitesse et protège le lanceur des forces extrêmes lors de la réentrée atmosphérique.

Dans la dernière phase, le booster effectue un burn d’atterrissage en rallumant ses moteurs, puis ralentit juste avant d’atteindre son site de récupération. Des capteurs et un système de navigation avancé permettent de corriger sa trajectoire en temps réel pour atteindre la cible avec précision. Enfin, quatre jambes d’atterrissage en fibre de carbone se déploient pour assurer un contact en douceur avec le sol.

Des débuts très compliqués

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. Le développement du Falcon 9 a connu de très nombreux rebondissements, et a même failli entraîner la faillite de SpaceX. La première itération de la fusée, le Falcon 1, a échoué lors de sa première tentative de lancement en mars 2006 en raison d’une fuite de carburant et d’un incendie.

Le deuxième essai, en mars 2007, n’a pas réussi à atteindre l’orbite à cause, une fois de plus, d’une fuite de carburant et de problèmes de contrôle du roulis. Rebelote lors du troisième lancement en 2008, qui s’est aussi soldé par un échec. Ces revers consécutifs ont exercé une pression financière énorme sur l’entreprise.

Elon Musk a d’ailleurs révélé que SpaceX ne disposait que de ressources suffisantes pour tenter un dernier lancement. Si cette quatrième tentative avait également échoué, la société n’aurait probablement pas poursuivi ses activités. Heureusement, c’est ce décollage qui a lui permis d’atteindre l’orbite avec succès.

Celui-ci est arrivé à point nommé, car il a permis à SpaceX d’obtenir des financements et des contrats supplémentaires, conduisant au développement du Falcon 9.

Sauveur des États-Unis

Après la fin de la navette spatiale en 2011, la NASA ne disposait plus de véhicule pouvant acheminer ses astronautes dans l’espace et plus particulièrement, jusqu’à la Station spatiale internationale (ISS). C’est le très fiable Soyouz de la Russie qui en était alors chargé.

En 2014, l’agence spatiale américaine a lancé le Commercial Crew Program, confiant à SpaceX et Boeing la tâche de développer leurs propres solutions pour transporter des astronautes. Si la capsule Starliner de Boeing n’a toujours pas fait ses preuves, la Crew Dragon de SpaceX a réalisé son tout premier vol habité en 2020. Depuis, elle effectue régulièrement des vols entre la Terre et l’ISS.

SpaceX a ainsi permis aux États-Unis de ne plus dépendre de la Russie, en plus de devenir la toute première entreprise à effectuer un vol spatial habité.

Tourisme spatial

Le Falcon 9 a aussi marqué l’histoire du tourisme spatial. La mission Inspiration4, lancée le 15 septembre 2021, est devenue le premier vol orbital habité composé exclusivement de civils. À son bord, aucun astronaute professionnel, mais un équipage de quatre personnes issues du grand public.

L’année dernière, la mission Polaris Dawn, impliquant également un Falcon 9, a atteint une altitude de 1 400 km, soit l’orbite terrestre la plus élevée depuis les missions Apollo de la NASA et plus loin que toute autre mission avec équipage non destinée à la Lune. Elle a également donné lieu à la toute première sortie extravéhiculaire privée dans l’espace.

Nombre de lancements record

La fusée Falcon 9 a été lancée 433 fois, avec un taux de réussite de 99,31 %. Ce chiffre inclut les missions effectuées depuis ses débuts en 2010, ce qui en fait l’un des lanceurs les plus fiables et les plus utilisés de l’Histoire.

Coûts imbattables

Le Falcon 9 a révolutionné le secteur des lancements spatiaux grâce à sa réutilisabilité et son coût réduit. Les coûts internes de SpaceX pour un lancement de Falcon 9 sont estimés entre 15 et 28 millions de dollars, tandis que le prix commercial d’un lancement atteignait 69,75 millions de dollars en 2024. Pour les lancements groupés, les coûts peuvent descendre jusqu’à 300 000 dollars pour 50 kg en orbite héliosynchrone.

Face à cette avancée, les concurrents peinent à suivre. Ariane 6, par exemple, souffre d’un manque de compétitivité en raison de son absence de réutilisabilité. D’autres acteur ont dû s’adapter en développant des lanceurs à coûts réduits.
Le succès du Falcon 9 s’est traduit par une domination sans précédent du marché, représentant 83 % des lancements américains en 2023.

3 Falcon 9 = Falcon Heavy

SpaceX a même su assembler ses Falcon 9 pour donner naissance au Falcon Heavy. Ce lanceur est conçu pour transporter des charges utiles volumineuses et lourdes en orbite terrestre et au-delà. Il repose sur une architecture combinant trois premiers étages de Falcon 9, en faisant la fusée opérationnelle la plus puissante au monde.

Grâce à cette capacité, le Falcon Heavy peut placer jusqu’à 63,8 tonnes en orbite basse terrestre, 26,7 tonnes en orbite de transfert géostationnaire et environ 16,8 tonnes vers Mars.

Comme le Falcon 9, les boosters du Super Heavy peuvent être récupérés et réutilisés. Il est logiquement prisé pour les missions nécessitant une grande capacité de transport, notamment les satellites militaires, les charges commerciales lourdes et les missions scientifiques vers la Lune et Mars.

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