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Pour rester dans la course à l’IA, ces startups imposent des conditions inhumaines à leurs employés

Découvrez le 996, un modèle de travail tout droit venu de Chine.

Dans la Silicon Valley, le berceau de la tech, la guerre de l’intelligence artificielle (IA) fait tellement rage que certaines startups imposent des conditions de travail extrêmement intenses à leurs employés. Quitte à frôler avec la légalité.

Une semaine de 72 heures

En effet, elles sont toujours plus nombreuses à adopter le très controversé rythme « 996 », révèle une enquête de Wired. Popularisé en Chine, il consiste à travailler de 9 heures à 21 heures, six jours sur sept. Un modèle qui équivaut donc à une semaine de 72 heures, provoquant de vives critiques, car il est assimilé à une forme d’esclavage moderne.

« Cela devient de plus en plus courant. Nous avons de nombreux clients dont l’une des conditions préalables à la sélection des candidats avant l’entretien est de savoir s’ils sont prêts à travailler 996 », assure Adrian Kinnersley, entrepreneur dirigeant à la fois une société de recrutement et startup de mise en conformité en matière d’emploi.

C’est notamment le cas chez Rilla et Sotira, deux jeunes pousses en pleine croissance. La première développe un logiciel d’analyse vocale dopé à l’IA, utilisé par les professionnels du terrain comme les plombiers ou les électriciens pour enregistrer et optimiser leurs échanges avec les clients. La seconde se spécialise dans la logistique inversée : elle aide les marques à revendre leurs invendus ou surplus de stock grâce à une plateforme intelligente, tout en automatisant les aspects juridiques et logistiques.

Startups Faillite
© fizkes / Shutterstock.com

Des secteurs ultra compétitifs, galvanisés par l’essor de l’IA : toutes deux revendiquent ouvertement une culture du surinvestissement, où dépasser les 70 heures de travail hebdomadaire est non seulement attendu, mais présenté comme un gage d’engagement. Une culture que Will Gao, responsable de la croissance chez Rilla, attribue à l’exemple laissé par des figures emblématiques comme Steve Jobs :

« Il existe une sous-culture très forte et en pleine expansion, en particulier dans ma génération – la génération Z – qui a grandi en écoutant les histoires de Steve Jobs et de Bill Gates, des entrepreneurs qui ont consacré leur vie à la création d’entreprises qui ont changé la vie des gens ».

L’ironie du sort

Ce retour en force du travail extrême soulève des interrogations juridiques. En Californie, où se concentrent ces entreprises, les lois du travail sont parmi les plus protectrices des États-Unis.

Or, selon plusieurs experts, certaines startups ne prennent même pas la peine de classer correctement leurs salariés, ou d’appliquer les règles sur les heures supplémentaires. Une zone grise de plus en plus fréquente dans la frénésie actuelle autour de l’intelligence artificielle.

De même, il semble bon de souligner l’ironie de la situation : ces entreprises soumettent leurs employés à des conditions exténuantes, quand elles ont pour objectif final de faciliter le quotidien des travailleurs grâce à leur technologie.

  • Dans la Silicon Valley, certaines startups misent sur le rythme de travail « 996 », 72 heures par semaine, pour rester compétitives dans la course à l’IA.
  • Ce modèle, importé de Chine, peut être assimilé à est assimilé à une forme d’esclavage moderne.
  • Mais derrière cette culture du surinvestissement se posent de vraies questions sur la légalité de cette pratique.

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