Quand on entend parler de startup, on a rapidement tendance à penser aux levées de fonds flamboyantes et aux valorisations qui grimpent à vue d’œil. Mais la réalité est souvent moins rose, particulièrement pour les fondateurs.
Des salaires parfois nuls
Dans une enquête, le média L’Essentiel de l’Éco fait un constat terrible pour la French Tech : le salaire des fondateurs est souvent moindre, et beaucoup d’entre eux se retrouvent dans une situation difficile. Matthieu, un entrepreneur parisien, raconte :
« J’ai lancé la startup en janvier 2024 avec mon frère et un proche de la famille. On développe une plateforme SaaS pour aider les PME industrielles à mieux piloter leur consommation d’énergie. Depuis le début, aucun de nous ne se verse de salaire. Les 150 000 euros que nous avons levé ont été investis dans le produit, le recrutement et la prospection. Je vis sur mes économies, et sans le soutien de ma compagne, ce serait très compliqué. On savait que ce serait difficile, mais le décalage entre ce que les gens imaginent et ce qu’on vit est énorme ».
Et il ne s’agit pas d’un cas isolé. Beaucoup de fondateurs sacrifient leur salaire en attendant les premiers tours de table. Une réalité d’autant plus inquiétante que souvent, le modèle des startups n’est pas rémunérateur instantanément : la rentabilité vient parfois des années après le lancement initial d’un projet, souvent à l’issue d’un chemin sinueux.
Ainsi, le salaire médian d’un fondateur de startup tourne autour de 120 000 euros bruts par an. Mais ce chiffre varie fortement selon les montants levés : en dessous des 5 millions d’euros de financement, il tombe à 90 000 euros.

La santé mentale en jeu
La situation est exacerbée par le modèle social français. Un dirigeant de SARL, par exemple, doit reverser entre 45 et 50 % de charges sociales. Pour les présidents de SAS, c’est encore plus élevé : environ 64 % du salaire brut partent en cotisations. À cela vient s’ajouter la caution personnelle exigée par presque toutes les banques afin d’accorder un prêt, impliquant directement le patrimoine des fondateurs.
Dans le même temps, le contexte économique est actuellement défavorable aux startups, avec des faillites qui se multiplient depuis 2023. Un ensemble de facteurs qui constitue un terreau fertile pour les problèmes de santé mentale ; d’après une étude réalisée par l’Institut CSA pour l’association Willa et Harmonie Mutuelle en 2024, 38 % des entrepreneurs français présentent un risque modéré ou élevé de burn-out. Pire encore, 72 % des fondateurs d’entreprises qualifient leur état physique et/ou mental de « mauvais ».
- Derrière l’image glamour des startups, de nombreux fondateurs vivent sans salaire, investissant tout dans leur projet au détriment de leur confort de vie.
- Même lorsqu’ils sont rémunérés, les charges sociales élevées et les exigences bancaires plombent leur pouvoir d’achat.
- À cela s’ajoute une conjoncture difficile qui pèse lourdement sur la santé mentale des entrepreneurs, de plus en plus exposés au burn-out.
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