Fin de saison, avant même le premier flocon. La station de Chalmazel, unique domaine skiable alpin du département de la Loire, ne rouvrira pas ses pistes cet hiver. Face à l’addition trop salée, et à un modèle économique à bout de souffle, le département a tranché.
Située à 1600 mètres d’altitude (pour son point haut), elle survivait depuis plusieurs années grâce aux subventions du département et à la passion de quelques locaux. La hausse des coûts et la chute de l’enneigement auront eu raison de cette petite station familiale.
Une décision « provisoire » qui fait l’effet d’une bombe
Malgré cette décision forte, qui a « fait l’effet d’une bombe », le département assure qu’il s’agit d’une « suspension provisoire » de la station de sports d’hiver, le temps de retrouver un business model viable. Mais pour les 80 saisonniers embauchés chaque hiver, cette annonce trois mois seulement avant le début de la saison, est une mise à mort.
Pourtant, la station avait réussi une belle saison l’an dernier. Elle avait écoulé pas moins de 38 000 forfaits sur l’hiver 2024-2025. Des chiffres non négligeables, mais qui ne permettaient pas de compenser les coûts fixes. Le Département, qui remettait les comptes à flot depuis des années, a admis ne plus pouvoir se permettre une telle dépense (il donnait un million d’euros de subventions, soit 40 % du budget). Malgré cette aide, le déficit structurel de la station était en train de se creuser. En cas d’ouverture, il aurait atteint 450 000 euros cette saison.
Comment tentent de survivre les stations de ski de moyenne montagne
La situation à Chalmazel est loin d’être la seule : d’autres stations de sports d’hiver sont menacées de la sorte. Dans les moyennes montagnes, de nombreuses petites stations peinent à joindre les deux bouts. Avec le réchauffement climatique, l’enneigement se fait de plus en plus incertain.
Toutes tentent de survivre par divers moyens. Certaines arrivent à trouver des partenaires privés, pour tenir, encore une année de plus. D’autres font appel à des bénévoles ou mutualisent les coûts pour garder la tête hors de l’eau. L’hiver dernier, la station de l’Alpe du Grand Serre était à deux doigts de la fermeture administrative. Elle a finalement été sauvée par une cagnotte citoyenne.
Face à ces problèmes économiques de plus en plus fréquents, les stations de sport d’hiver tentent de se réinventer. Elles doivent apprendre à vivre, à attirer, même sans neige. Car l’or blanc se fait de plus en plus rare dans nos montagnes. À mesure que la neige remonte vers les sommets, c’est tout un écosystème économique qui s’essouffle et qui doit aujourd’hui miser sur des activités le reste de l’année.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.