L’accident est survenu en 2019 : une Model 3 s’encastre contre un arbre à environ 105 km/h (65 mp/h) sur une route de Californie. Le conducteur du véhicule meurt – mais les deux passagers, un adulte et un enfant de 8 ans, s’en sortent avec des blessures. Plus tard, le passager adulte survivant décide donc de porter l’affaire en justice. Selon lui, l’Autopilot était engagé lors de l’accident et pourrait avoir été responsable du crash.
Or, l’affaire a conduit Tesla à dérouler de nouveau une stratégie gagnante pour se défendre. Plutôt que de vérifier, en épluchant les logs du véhicule, si l’Autopilot était ou non allumé comme dans certaines affaires antérieures, la marque a plutôt pointé la responsabilité du conducteur, qui aurait consommé de l’alcool (il avait un taux de 0,05% dans le sang, en-dessous de la limite légale de 0,08% en Californie). Tout en ajoutant que le conducteur doit être prêt à reprendre le contrôle du véhicule à tout moment lorsque le système d’assistance à la conduite est engagé.
L’autopilot de Tesla jugé “non coupable” dans un accident mortel
Quatre jour plus tard, après délibérations, le verdict tombe. Aux États-Unis, dans de nombreux États, un jury populaire peut infléchir l’issue d’une procédure. Et c’est justement ce qui s’est passé : à 9 voix pour, 3 voix contre, Tesla a été jugé non coupable dans cette affaire. Une première pour un procès autour de la technologie Autopilot (autonomie de niveau 2) dans un accident mortel. Dans d’autres affaires récentes n’impliquant que des blessures, la firme a également déployé le même argumentaire avec des succès similaires.
L’attitude de Tesla tranche avec celle d’autres constructeurs. Electrek rappelle par exemple que Mercedes commence à accepter sa responsabilité en cas d’accident impliquant son système Drive Pilot (autonomie de niveau 3) aux États-Unis. Interrogé récemment sur cette question lors d’une téléconférence, l’entrepreneur a lancé : “beaucoup de monde suppose que nous sommes légalement responsables, à en juger par les procès. On ne nous laisse clairement pas échapper à cela, que cela nous plaise ou non”.
La firme souligne dans sa documentation que le conducteur doit toujours rester attentif et est le seul responsable en cas d’utilisation de l’autopilot. Un message qu’il doit accepter s’affiche d’ailleurs sur l’écran du véhicule lors de la première utilisation. Toutefois, ce mode opératoire est régulièrement critiqué : en cause, toute la sémantique déployée par la marque (le terme Autopilot ne suggère-t-il pas que la voiture est déjà capable de se conduire entièrement toute seule ?). Mais aussi, tout le parcours de “consentement” pour ce type de mention légale.
En effet, le message d’avertissement ne s’affiche qu’une fois, selon Electrek, et ne réapparait pas par la suite. Et utilisateurs sont habitués à lire et accepter des messages sans même les lire. Au-delà, tous les conducteurs ne maintiennent pas l’attention ni les mains sur le volant, malgré les rappels qui s’affichent régulièrement dans le véhicule.
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