En 2018, Santa Monica Studios revisitait avec brio la formule God of War, en troquant la mythologie grecque contre les croyances nordiques, tout en chamboulant également la formule originelle. Un God of War « nouveau » qui a scotché plus d’un joueur (et qui s’est écoulé à plus de 23 millions d’exemplaires), avec une dimension résolument épique, une durée de vie énorme et une succession de gifles monumentales infligées au visage du joueur. Autant dire que sa suite, sous-titrée Ragnarök, fait partie des jeux les plus attendus de la PS5. Arrivé il y a quelques semaines déjà à la rédaction de Presse-citron, il est grand temps de livrer notre verdict complet concernant ce God of War Ragnarök.
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God of War Ragnarök, une suite très (très) attendue
Prenant place trois années après God of War, ce nouvel opus démarre avec un Fimbulvetr déjà bien entamé. Et alors que les forces d’Asgard se préparent à l’affrontement prophétisé qui détruira le monde, Kratos et son fils Atreus (sans oublier Mimir) se voient contraints d’explorer les neuf royaumes en quête de réponses. Si Kratos cherche encore et toujours à protéger son fils, Atreus vise quant à lui à en savoir plus sur la prophétie de Loki, quitte à risquer sa vie et celle de son géniteur. Ce dernier dispose toujours de sa hache Leviathan, au pouvoir de glace, mais aussi des Lames du Chaos, lesquelles disposent du pouvoir des flammes.

Dans ce nouvel opus, on visitera évidemment divers royaumes, certains déjà connus (mais totalement revisités), et d’autres inédits. C’est le cas de Svartalfheim, la terre natale des nains bricoleurs Brok et Sindri, deux personnages très charismatiques, qui ont droit à une place de choix dans ce God of War Ragnarök. Tous deux se chargent d’ailleurs d’apporter bien souvent une petite dose d’humour ici, sans compter un Kratos qui révèle de son côté un chouia plus « humain » qu’auparavant.
Ce n’est pas une surprise, God of War Ragnarök est la suite directe de l’opus lancé sur PS4. Le jeu reprend donc la (géniale) formule initiale, mais les développeurs ont tenu à optimiser cette dernière, avec de nombreuses nouveautés et autres ajustements. On ne détaillera pas tout ici bien sûr, mais outre le fait de pouvoir jongler d’emblée entre la hache Leviathan et les Lames du Chaos, Kratos peut également bénéficier de différents boucliers, mais aussi de nouvelles attaques de runes… Les nouveautés sont nombreuses, avec parfois une surenchère d’informations à l’écran et d’objets à récupérer, mais le côté RPG a été largement étoffé, et on ne peut que s’en réjouir.

Outre une trame principale solide, God of War Ragnarök propose également son lot de quêtes annexes, avec parfois des pans entiers de royaume à découvrir. Evidemment, certaines zones seront inaccessibles lors d’un premier passage, et il conviendra de revenir un peu plus tard pour déverrouiller tel ou tel accès. C’est classique, mais toujours aussi efficace, avec en prime ici certaines missions annexes qui se révèlent plus passionnantes que certaines missions de la trame principale… Aussi, le jeu dispose d’un Codex permettant de contextualiser chaque rencontre, et force est d’admettre que c’est souvent indispensable et passionnant.

Pour ce qui est de la durée de vie, comptez facilement une trentaine d’heures pour venir à bout du jeu, en fouillant un minimum les environs. A cela, vous ajouterez quelques heures supplémentaires pour atteindre les 100% de complétion dans chaque royaume, ce qui ne sera pas de tout repos…
Techniquement parlant, le jeu signé Santa Monica Studios est une démonstration de maitrise, avec des décors très denses, très imposants, très riches, qui fourmillent de détails. Les environnements en plein air affichent un côté contemplatif indéniable, et il n’est pas rare de s’arrêter pour « admirer » le paysage. Dans les sections plus cloisonnées, le jeu s’avère là aussi très impressionnant, parfois davantage qu’en extérieur d’ailleurs, grâce à des détails plus élevés encore, mais aussi des effets visuels remarquables, au niveau de la lumière notamment, mais pas seulement. A noter que les Lames du Chaos apportent du neuf côté combat, mais aussi du nouveau en ce qui concerne la verticalité du jeu, avec en prime des « énigmes » mettant à contribution toutes les facultés de Kratos et de son partenaire.

Côté combats, là encore, God of War Ragnarök ne va pas bouleverser la donne, et le joueur ayant bouclé l’opus précédent retrouvera très vite ses réflexes. Certes, il faudra s’habituer à quelques nouvelles subtilités, avec toujours le côté RPG qui permet de façonner son héros à son image et la possibilité de créer des combos dévastateurs, mais la formule reste globalement la même qu’auparavant… et c’est tant mieux. Dommage toutefois que l’interface n’ait pas été retouchée, et reste toujours autant fouillis, même au bout de plusieurs longues heures de jeu.
Quelques défauts, et un petit côté God of War 1.5 tout de même ?
Toutefois, si la perfection visuelle, la démesure des affrontements et l’intensité générale palpable qui se dégage de cette suite ne font aucun doute, God of War Ragnarök souffre également de quelques défauts, à commencer par un côté très (très) dirigiste. En effet, en permanence, le jeu se charge de guider le joueur vers sa prochaine destination, mais aussi de lui indiquer, parfois très grossièrement, la possibilité de grimper à une corniche, de détruire un obstacle… Cela passe notamment par des runes présentes sur les éléments avec lesquels on peut interagir, un peu à la manière d’autres gros jeux solos narratifs « made in PlayStation », comme Uncharted ou Horizon. Un système visant à rendre le jeu plus accessible, et qui se veut à l’exact opposé d’Elden Ring finalement.
Cette prise en main du joueur se manifeste également du côté du partenaire, lequel va souvent se charger d’indiquer au joueur la solution à une énigme, lorsque ce dernier butera dans un environnement plus de quelques secondes. On sent plus que jamais cette volonté de ne jamais frustrer le joueur, quitte à parfois (souvent) flinguer l’intérêt d’une énigme ou d’un puzzle. Un point qui en fera tiquer plus d’un. Le jeu propose cinq niveaux de difficulté et une large personnalisation côté accessibilité, mais par défaut, le jeu reste très assisté, avec sans doute cette volonté de ne jamais perdre le joueur.

Aussi, si God of War Ragnarök regorge de phases de jeu absolument monumentales de puissance et de maitrise, il faudra également passer par certaines phases nettement moins palpitantes… Sans spoiler quoi que ce soit, certaines séquences de jeu se révèlent très (très) longuettes, sans grand intérêt vidéoludiquement parlant, si ce n’est sans doute allonger une durée de vie qui n’en a aucunement besoin. Aussi, il arrivera que l’ennui, voire même une certaine forme de découragement, vienne pointer son nez lors de certaines phases de jeu. Des phases primordiales d’un strict point de vue narratif oui, mais d’un ennui abyssale manette en mains, qui viennent s’intercaler entre deux autres séquences, au contraire, d’une intensité colossale. Une manière de « casser le rythme » certes, mais cela n’empêchera pas certains joueurs de soupirer d’ennui par moments.
Côté rythme d’ailleurs, si le précédent opus démarrait très fort, cette suite est un peu moins percutante dans ses premiers instants, malgré des évènements pourtant intenses. Il faut dire que la nouvelle orientation prise par God of War en 2018 et le combat face à Baldur avaient de quoi choquer son audience. Ici, on retrouve très vite ses marques, avec en prime un démarrage un chouia mollasson, un brin timide, si bien que les premiers instants peuvent avoir un petit quelque chose de « décevant ». Pas de panique toutefois, si le démarrage n’est pas un théâtre d’émerveillement comme l’était le premier épisode, le jeu monte progressivement en puissance pour regorger de moments et d’environnements épiques par la suite, mais force est d’admettre que les premiers pas sont un peu moins engageants que ce à quoi on pourrait s’attendre.
Enfin, aussi solide techniquement soit ce God of War Ragnarök, si la majorité des lieux visités sont d’une beauté renversante (mais vraiment), il arrive que certains lieux affichent moins de détails, tout comme certains PNJ qui sont loin de bénéficier du même soin que les protagonistes principaux, ce qui saute irrémédiablement aux yeux. De même, certains déplacements dans les environnements enneigés manquent clairement de souplesse, et cela se ressent manette en mains. Rien de « gênant » dans l’absolu, mais si certaines zones cassent littéralement la rétine, certaines phases sont clairement calquées sur un jeu de 2018, donnant par moments un côté “God of War 1.5” à ce nouvel opus, c’est indéniable.
Tout cela n’empêche pas ce God of War Ragnarök d’être un jeu d’envergure, d’exception même, au même titre que l’opus précédent. Les bases restent identiques, et si un petit côté God of War 1.5 se fait parfois ressentir, cette suite pousse le curseur encore plus loin, avec certains affrontements titanesques, des quêtes annexes passionnantes (mais vraiment), un système de combats plus riche, un côté narratif plus profond, et même de nombreuses surprises, certaines particulièrement inattendues…
Alors oui, on tiquera sur certains détails, sur certaines phases de jeu pas indispensables à nos yeux, sur un inventaire un peu fouillis et une surdose de loot, mais le sentiment général reste plus que positif, et God of War Ragnarök s’impose comme un titre d’exception, à condition évidemment d’apprécier un minimum bien sûr ce type d’expérience solo à (très) forte tendance narrative, et de ne pas être allergique au côté « guidé » de la chose.
Notre avis concernant God of War Ragnarök sur PS5
Ne vous fiez pas à son démarrage un peu laborieux et à ses faux airs de God of War 1.5 parfois, God of War Ragnarök est un titre exceptionnel et généreux, qui monte en puissance au fil de l’aventure, pour aboutir sur une œuvre globalement époustouflante de maitrise, de gigantisme, de puissance… et même d’émotions. Certes, on pestera sur quelques détails et sur deux ou trois séquences moins inspirées (voire franchement ennuyeuses), mais rien qui ne saurait vous empêcher de passer plusieurs dizaines d’heures juste inoubliables en compagnie de Kratos, Atreus, Mimir et les autres, à enchainer moments de bravoure et de contemplation intenses. Une (seconde) baffe titanesque !
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God of War Ragnarök
On aime
- Techniquement somptueux
- Les combats intenses/épiques
- Cette montée en puissance !
- Narration maitrisée et passionnante
- Durée de vie monstrueuse
On aime moins
- Le démarrage un peu poussif
- Quelques passages longuets et ennuyeux
- L'interface pas bien claire
- Un petit côté God of War 1.5 quand même...
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