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Test Remarkable Paper Pro : la prise de note numérique à prix d’or

La Remarkable Paper Pro n’est pas vraiment une tablette comme les autres. Au lieu d’embarquer un écran LCD ou OLED, elle fait appel à l’encre électronique. Aussi appelée « e-ink », cette technologie d’affichage a permis de créer des liseuses comme les Kindle d’Amazon ou les Kobo de Rakuten.

L’encre électronique a pour principale caractéristique de consommer très peu d’énergie. Elle nécessite une impulsion électrique afin d’afficher un texte ou une image, puis plus rien tant qu’on ne change rien à l’écran. Elle est donc idéale pour les livres électroniques, la consultation de documents textuels ou la prise de notes.

C’est durant l’automne 2024 que la Remarkable Paper Pro vient rejoindre au catalogue la Remarkable 2. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le constructeur norvégien prend son temps afin de concevoir ses produits : il s’est ainsi écoulé quatre ans entre la sortie des deux tablettes.

Découvrir la Remarkable Paper Pro

Et la couleur fut !

La nouvelle venue dispose d’une dalle e-ink de 11,8” de diagonale dont la particularité est de prendre en charge la couleur. Dévorés de curiosité, nous n’avons pas résisté à la tentation d’un test en grandeur réelle. Depuis septembre dernier, la Remarkable Paper Pro nous a donc accompagnés pendant notre activité quotidienne…

Remarkable Paper Pro
L’écran e-ink couleur est la grande nouveauté de ce bloc-notes numérique © Marc Mitrani pour Presse-citron

Par rapport à la Remarkable 2 que nous utilisions depuis sa sortie, la version Pro apporte donc la couleur, mais aussi une zone d’écriture plus vaste (17,8 x 23,8 cm). Les bordures qui entourent l’écran sont plutôt épaisses, mais ne s’avèrent pas gênantes en utilisation quotidienne. Au contraire, même, puisqu’elles facilitent la prise en main.

La Remarkable Paper Pro a une épaisseur de 5 mm : ce n’est pas elle qui encombrera un sac à dos ou une sacoche. Son poids de 525 grammes est en revanche moins élevé que celui d’une tablette traditionnelle de même dimension.

Côté design et ergonomie, rien à redire : l’appareil est habillé d’une solide coque en aluminium à la finition impeccable. L’unique touche mécanique, logée à son sommet, sert à la mise sous tension. Un connecteur USB-C prend place sur la tranche inférieure. On l’utilise afin de charger la batterie interne ou d’échanger des fichiers avec un ordinateur (on y reviendra plus loin).

Des aimants logés dans le flanc droit permettent de fixer et de charger le stylet Marker lorsqu’il n’est pas utilisé. Même si les aimants sont assez puissants pour éviter sa perte accidentelle, il sera nettement plus en sécurité si l’on utilise l’étui « Book Folio » disposant d’un strap magnétique (voir encadré).

Compte gratuit obligatoire

Il faudra aussi créer un compte sur le site du constructeur afin d’activer la tablette. L’opération est gratuite, prend quelques secondes et permet de synchroniser le contenu de la tablette avec d’autres périphériques (ordinateur, tablette ou smartphone).

Cette gratuité n’est que de façade et il faudra passer à la caisse pour activer l’option « Connect ». Celle-ci autorise la synchronisation et le stockage illimité de vos documents, avec vos appareils. Connect est disponible pour 2,99 € par mois ou 29,90 € en abonnement annuel, un essai de 100 jours étant proposé lors de l’activation.

Connect est optionnel et la Remarkable Paper Pro peut parfaitement être utilisée sans abonnement : celui-ci rend juste son utilisation au quotidien plus fluide. Avec ou sans abonnement, la tablette peut tout de même accéder aux documents contenus dans Dropbox, Google Drive et OneDrive.

Logiciel : do you speak English?

Au premier démarrage, un assistant vous guide pour le paramétrage initial et présente son fonctionnement. Il est remarquablement bien foutu, mais disponible uniquement en anglais. Il faudra s’y faire, l’interface n’étant pas traduite en français. C’est d’ailleurs l’un de nos principaux regrets (spoiler: il y en aura deux de plus).

Même non traduite, l’interface reste très intuitive. Par défaut, l’écran d’accueil affiche tous les documents disponibles au même niveau. À vous de créer des dossiers et sous-dossiers afin d’organiser la vue comme bon vous semble.

Notebooks et feuilles volantes

La prise de note s’effectue dans un carnet (notebook) ou sur des feuilles volantes (quick sheets). Celles-ci sont destinées à griffonner rapidement des idées, des notes ou à faire un croquis, par exemple. Elles restent disponibles tant que l’on ne les efface pas.

Remarkable Paper Pro
La lecture de BD non protégées s’avère agréable, même si les couleurs sont un peu délavées © Marc Mitrani pour Presse-citron

Le carnet est un poil plus perfectionné. On peut ainsi lui attribuer un ou plusieurs fond de page. Il peut s’agir des classiques lignes, carreaux ou modèles de listes ou encore de modèles plus spécifiques (suivi marketing, gestion de projet, etc). Les modèles de base sont accessibles depuis la tablette, les autres devant être installés depuis son compte Remarkable grâce à la synchronisation Wifi.

L’interface de prise de notes offre tout ce dont on peut avoir besoin pour écrire ou griffonner des croquis. La reconnaissance d’écriture manuscrite est d’une redoutable efficacité, puisqu’elle est venue à bout de nos notes dont la graphie n’a rien à envier à celle d’un médecin…

Au besoin, on peut saisir du texte à l’aide d’un clavier virtuel, le mettre en forme et bien entendu récupérer celui qui a été précédemment reconnu. Bon point pour la quasi-absence de latence ainsi que pour le traitement de surface de l’écran. Tous deux contribuent à rendre l’écriture aussi agréable que sur une feuille de papier.

Remarkable Paper Pro
La Remarkable Paper Pro tient aiséement dans un sac à dos déjà encombré © Marc Mitrani pour Presse-citron

L’écran dispose d’un rétroéclairage le rendant utilisable dans la pénombre, ce qui manquait cruellement aux modèles précédents. Il reste suffisamment tamisé pour ne jamais devenir éblouissant, même lorsqu’il est poussé au maximum.

Un gestionnaire de calque autorise l’ajout de notes sur un document sans l’altérer, y compris sur un PDF ou un livre électronique. À ce sujet, seul le format ePub non protégé est supporté : abandonnez tout espoir de pouvoir ouvrir vos ouvrages digitaux Amazon ou FNAC sur la Remarkable Paper Pro (c’est notre second gros regret).

Outils de base

On regrette aussi l’absence d’outils de base comme une calculatrice, par exemple, ou la possibilité d’installer quoi que ce soit. Le verrouillage logiciel cantonne la Remarkable Paper Pro à son rôle de bloc-notes digital, ce que nous pouvons aisément comprendre (même si nous le regrettons un peu).

Le constructeur a toutefois pris le soin de développer deux extensions pour Word et PowerPoint permettant d’envoyer sur la tablette des versions PDF des fichiers de ces applications. Dans le même esprit, on pourra partager des pages web directement depuis un navigateur, toujours en PDF.

Stockage et autonomie : tout va bien

La Remarkable Paper Pro dispose de 64 Go de stockage interne (non extensible) dont 46 Go servent au stockage des documents. Cette capacité s’avère plus que très confortable pour un usage intensif, surtout comparée aux 6 Go disponibles sur la Remarkable 2. Nous lui avons balancé toutes nos archives manuscrites, une quinzaine d’e-books ainsi qu’une bonne centaine de PDF et il nous restait encore une trentaine de Go. Difficile donc de se plaindre de l’absence de possibilité d’extension par carte SD !

Remarkable Paper Pro
Le clavier optionnel communique avec la tablette grâce à un connecteur propriétaire © Marc Mitrani pour Presse-citron

On l’a brièvement mentionné, l’e-ink nécessite peu d’énergie pour fonctionner. La Remarkable Paper Pro ne fait pas exception à la règle : utilisée deux à trois heures par jour, elle tient un peu plus de deux semaines sans avoir besoin d’être rechargée. C’est à notre avis largement suffisant, à moins d’être un inconditionnel des réunions et de la prise de notes manuscrites.

Un prix trop élevé

Reste la (très) douloureuse question du prix. La Remarkable Paper Pro est commercialisée 649 euros, livraison incluse : c’est là notre troisième gros regret… Ce prix très élevé se justifie peut-être par les technologies utilisées, mais il met la Remarkable Paper Pro hors de portée de nombreux utilisateurs potentiels (notamment les étudiants).

Si la couleur ne vous est pas indispensable, la Remarkable 2, vendue 409 euros, s’avère tout à fait suffisante. On pourra aussi opter pour un produit concurrent comme la Kindle Scribe d’Amazon ou l’Elipsa 2E de Kobo elles aussi vendues aux alentours de 400 euros.

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Trois accessoires parfois étonnants

Remarkable propose quelques accessoires afin de compléter la Remarkable Paper Pro. Petit tour d’horizon de leurs avantages et de leurs inconvénients.

Le Marker Plus dispose d’une « gomme » permettant d’effacer le texte ou les croquis à la manière de celle logée au bout d’un crayon à papier. Comptez un supplément de 50 euros pour en bénéficier lors de l’achat, ou 139 euros si acheté séparément. Cela fait cher la gomme, même électronique…

Le Book Folio est un étui de protection s’ouvrant à la manière d’un livre. Il dispose d’un strap permettant de maintenir bien plus solidement le stylet pendant le transport. Le constructeur en propose trois modèles vendus entre 99 et 149 euros. Des fabricants tiers en proposent de moins luxueux, mais tout aussi efficaces pour un prix moindre (entre 20 et 50 euros).

Le Type Folio fait office d’étui de protection et de clavier mécanique. Remarkable a la bonne idée de le décliner en version AZERTY, soit adapté aux utilisateurs français. L’accessoire est aussi fin que cher (249 €) et alourdit à peine la tablette. Les touches alphabétiques sont rétroéclairées, mais pas les autres… Choix d’autant plus étrange qu’elles bénéficient toutes d’une LED, celle-ci étant obstruée pour les autres touches !

Interrogé sur ce choix étrange, Remarkable nous a répondu que « Les touches sont toutes rétroéclairées, mais il a été sciemment décidé d’atténuer considérablement tous les caractères spéciaux et les touches de formatage/navigation. Cette décision a été prise pour souligner le fait que le clavier est conçu pour une saisie ciblée, contrairement à un clavier d’ordinateur qui permet de tout taper. » Résultat, le clavier devient franchement désagréable à utiliser dans la pénombre, à moins de connaître par cœur le placement des caractères accentués, symboles et chiffres. Étonnant

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Ce qu’on pense de la Remarkable Paper Pro

Avec son écran e-ink couleur de grande taille, la Remarkable Paper Pro est un produit remarquable. On apprécie sa finition, son autonomie et surtout la sensation d’écriture, très proche de ce qu’on a avec une véritable feuille de papier. La reconnaissance d’écriture manuscrite s’avère remarquable, tout comme la lisibilité des documents affichés. Enfin, l’autonomie atteint (voir dépasse) les deux semaines d’utilisation.

Cela ne l’empêche pas de souffrir de quelques défauts regrettables. Bien qu’elle reste intuitive, l’interface n’est pas traduite en français, seul l’anglais étant proposé. On aurait aimé que la lecture de livres électroniques protégés (achetés sur Amazon ou la FNAC, par exemple) soit possible, ce qui n’est pas le cas. Enfin, son prix nous semble bien trop élevé pour la rendre accessible au grand public, et notamment aux étudiants. Dommage.

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Remarkable Paper Pro

649 €
8.8

Design & ergonomie

9.0/10

Ecran

8.5/10

Autonomie

9.5/10

Rapport performance-prix

8.0/10

On aime

  • Apparition de la couleur
  • Interface intuitive
  • Reconnaissance d'écriture très performante
  • Bonne ergonomie

On aime moins

  • Prix trop élevé
  • Interface non traduite en français
  • Abonnement fortement recommandé