Janvier 2005. Votre humble serviteur, alors jeune rédacteur sur un magazine web de jeux vidéo (coucou JeuxFrance) se voit confiée la mission de tester le dernier-né de chez Capcom : Resident Evil 4. Un épisode très attendu, en rupture totale avec les précédents opus, qui constitua alors une véritable révolution auprès de nombreux fans. « L’un des meilleurs jeux vidéo jamais créés. Monumental », c’est par ses termes, qui furent alors réemployés par Capcom pour la promotion de son jeu, que se concluait à l’époque mon test de Resident Evil 4.

En 2023, j’ai à nouveau la possibilité d’effectuer la review de Resident Evil 4, cette fois dans sa version « Remake ». C’est parti pour notre test complet (et sans langue de bois) de ce troisième remake moderne de Resident Evil.
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Resident Evil 4, quoi de neuf Leon ?
Après Resident Evil premier du nom en 2002, Capcom s’est trouvé une nouvelle passion ces dernières années : proposer une refonte intégrale des anciens Resident Evil, entre deux opus inédits. Ainsi, après la refonte exceptionnelle de Resident Evil 2, puis celle un peu moins glorieuse de Resident Evil 3, c’est donc fort logiquement au quatrième opus d’avoir droit à sa refonte complète. Contrairement aux deux opus précédents, la refonte s’annonçait (fort logiquement) moins « révolutionnaire » ici, le jeu adoptant déjà une structure beaucoup plus moderne que ses prédécesseurs, mais Capcom avait alors promis un Resident Evil 4 remodelé, sur la forme, mais également sur le fond.

Concrètement, il s’agit de retrouver le Resident Evil 4 de 2005, avec toujours cette vue à la troisième personne (depuis reprise sur RE2, RE3 et même Village), et cette nouvelle orientation action assumée. Pas avare en détails, Capcom avait déjà dévoilé la présence de nombreux protagonistes dans ce remake, et on retrouvera bien tous les personnages clés, mais aussi les environnements ainsi que les différents boss. Pas « d’oubli » donc comme pour Resident Evil 3, mais un Resident Evil 4 bel et bien complet (à quelques exceptions près) et parfois largement remanié, afin de surprendre les habitués.
Sur la forme, dès les premiers instants, Resident Evil 4 Remake en met littéralement plein la vue. L’introduction est toujours aussi soignée, l’arrivée dans le village a été remaniée avec talent et une véritable inspiration. Techniquement, le RE Engine fait (à nouveau) des merveilles, et Resident Evil 4 se voit transfiguré, avec une forêt aussi dense qu’inquiétante, et une première cabane revisitée, mais toujours aussi mythique. Les effets de lumière sont d’une beauté sidérante (c’est clairement LA grande force du RE Engine), et chaque environnement (ou presque) est enclin à provoquer une irrémédiable envie de screenshot.

Sur le fond, les changements sont assez nombreux, et vous ne pourrez pas toujours compter sur vos souvenirs pour trouver la réponse a telle énigme, ou encore deviner la suite du scénario. On y retrouve certes les mêmes environnements, mais les lieux sont plus étoffés, chaque pièce semble avoir été enrichie, et le scénario en lui-même réserve son lot de changements.
Evidemment, cela en déroutera peut-être certains, les évènements n’étant pas toujours fidèles au RE4 d’origine, mais on ne peut pas blâmer Capcom pour avoir voulu « modifié » quelque peu la base, afin de ne pas proposer une copie conforme de l’œuvre originale.

Parmi les nouveautés, on citera une (bien) meilleure gestion du couteau, lequel dispose d’un niveau d’usure, et qui peut désormais parer les coups ennemis (y compris la tronçonneuse), mais aussi permettre à Leon de se dégager d’une prise, d’achever un ennemi au sol…
A l’instar des autres armes, le couteau peut être amélioré, et je ne saurais que trop vous conseiller de rapidement optimiser sa résistance. Evidemment, on retrouvera le célèbre « vendeur », lequel propose toujours de nombreux objets à acheter en échange de Pesetas. Ce dernier dispose également de quelques nouveautés, mais il serait bien dommage de vous les dévoiler ici. Globalement, on retrouve donc l’essence même de Resident Evil 4, en version modernisée bien sûr… mais cela n’empêche pas parfois de ressentir comme une étrange odeur de “vieillot”.
Un remake inégal, et qui sent un peu… le vieux ?
En effet, Resident Evil 4 Remake est un jeu assez inégal, tant sur le fond que sur la forme. On profite bien souvent de passages d’une intensité et d’une beauté phénoménales, mais aussi parfois de certains environnements plus ternes, dont la construction semble dénuée d’une quelconque âme, sans parler de cet effet de pluie abominable dans les premières heures de jeu, qui devrait être rapidement corrigé via une mise à jour… Et que dire de ces phases en chariot…

Idem côté action, avec des affrontements parfois très bien pensés, bourrés de tension et de bonnes idées, et d’autres qui sont bourrins à souhait, très (très) éloignés de l’esprit Resident Evil avec en prime un arsenal juste digne de John Rambo… et même parfois un côté un peu kitsch, un peu grotesque (déjà présent dans l’opus d’origine), qui en dérangera à coup sûr certains.
Quel dommage également de ne pas pouvoir dégainer manuellement la torche dans les zones sombres, qui ajoute tellement à l’ambiance. On pourra également pester face aux modifications apportées à tel ou tel personnage, mais cela reste propre à chacun.
La première section du jeu est (presque) irréprochable, avec des environnements très fournis, une utilisation judicieuse de la lumière ou encore un positionnement des ennemis très intelligents. Mais Resident Evil 4 Remake bascule parfois en mode « TPS lambda », en faisant la part belle à une action frénétique, presque trop d’ailleurs pour son gameplay qui affiche encore et toujours une certaine rigidité, et un Leon qui n’est pas suffisamment nerveux globalement. Les ennemis arrivent parfois par dizaines, si bien que certaines portions pourront même vous faire pousser un petit soupir d’ennui…

A noter que le jeu est toujours découpé en différents chapitres, avec une césure très nette, ce qui peut flinguer un peu l’immersion, et contribuer à donner ce côté « à l’ancienne » qui aurait pu être optimisé. Quitte à conserver un côté “old school”, il aurait été plus intéressant de conserver les QTE présents dans l’opus d’origine…
On l’a dit, ce remake n’est pas une relecture 100% fidèle à l’origine, loin de là, et certaines sections sont ainsi revisitées de manière magistrale, quand d’autres ont perdu un peu de leur superbe. A noter également que certaines portions du jeu original ont purement et simplement disparu ici, étant “remplacées” par d’autres. Pour le meilleur et pour le pire comme on dit.
14 heures de jeu et 836 ennemis tués plus tard…
Côté durée de vie, Resident Evil 4 était déjà un bel exemple, avec plus d’une douzaine d’heures pour boucler l’aventure principale. Avec ce Remake, la donne est similaire, et il nous aura fallu un peu plus de 14 heures pour boucler l’aventure lors de notre premier run, en récoltant la majorité des trésors et en observant un minimum les décors. C’est long… parfois un peu trop d’ailleurs.

Et si vous pensiez que ce remake serait l’occasion pour Capcom de « désarcadiser » Resident Evil 4, c’est tout l’inverse, avec notamment des ennemis à profusion (et qui se répètent sans cesse…) et des phases d’action parfois à la limite d’un Call of Duty. Pour vous donner un petit ordre d’idée, ce sont très précisément 836 ennemis qui ont été occis lors de notre aventure. Et, entre nous, ça fait un peu beaucoup « pour un Resident Evil », non ? …

Bref, si les premiers instants séduiront de très nombreux joueurs avec son ambiance à tomber et sa plastique ultra moderne, Resident Evil 4 laisse parfois apparaitre son squelette vieillissant, avec une maniabilité très rigide, mais aussi une progression trop hachée, et quelques phases de jeu de type « chair à canon » qui en feront criser plus d’un. Idem en ce qui concerne certaines énigmes, vieillottes à souhait. Certains y verront une forme d’hommage, d’autres un vrai manque d’inspiration, c’est selon.
Ne nous méprenons pas, Resident Evil 4 Remake reste un jeu à faire malgré tout (encore plus si vous ne l’avez jamais fait !), car l’ensemble reste assez grandiose et prenant manette en mains, mais il n’est pas impossible que vous en sortiez, comme moi, un chouia déçu au final, notamment si vous faites partie de ceux qui avaient été bouleversés par le jeu original en 2005.
Notre avis concernant Resident Evil 4 Remake
Non, Resident Evil 4 Remake n’est pas le chef d’œuvre ultime. Attention, l’ensemble est très (très) réussi (notamment les deux premières heures), le travail effectué par Capcom est hallucinant, le jeu reste très réussi, fidèle à ses racines tout en remodelant certains niveaux et autres éléments scénaristiques, et les nouveautés intégrées sont (pour la plupart) bienvenues. Toutefois, cela n’empêche pas ce Resident Evil 4 Remake d’accuser parfois un certain « coup de vieux » (côté gameplay, progression, level design…), contrairement aux refontes de Resident Evil 2 et 3, tous deux magistralement modernisés. A cela s’ajoute un côté assez inégal sur le fond comme sur la forme, sans compter certains niveaux qui ont été étiiiiiiirééééés à outrance, et une surabondance d’action/d’ennemis par moments qui peut dérouter… avec parfois même cette impression de jouer à un TPS relativement quelconque.
A coup sûr, cette nouvelle version divisera (comme l’opus initial en 2005 déjà) les fans de Resident Evil (qui continueront à penser que ce n’est pas un « vrai Resident Evil »), mais force est d’admettre que ce « remake », aussi réussi soit-il, s’avère au final un peu moins percutant (et justifié à mes yeux) que celui des précédents opus… Impossible en tout cas pour Capcom de reproduire l’impact du Resident Evil 4 d’origine, tant il était révolutionnaire et moderne à l’époque. A suivre, Code Veronica ou Dino Crisis ?
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Resident Evil 4
On aime
- Techniquement sublime (la majeure partie du temps)
- Des nouveautés bienvenues (couteau, scénario...)
- Certains passages d'une classe folle
- Durée de vie
- La relecture d'un monument du jeu vidéo
On aime moins
- ... mais parfois un peu vieillot quand même
- Ce côté (ultra) bourrin
- ... et certains passages moins inspirés (et longuets)
- Ces ennemis en masse (et clonés)...
- Un petit côté "TPS lambda" parfois