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Test Street Fighter 6 : pour le meilleur… et aussi pour le pire ?

En 2023, Capcom consent à lancer un nouvel opus de sa saga Street Fighter. Un épisode plus moderne que jamais, qui cède à certains codes « modernes », pour le meilleur, et aussi un peu pour le pire. Notre test complet !

Comme de nombreux (vieux) joueurs, vous avez sans doute découvert Street Fighter avec le second opus lancé sur Super Nintendo en fin d’année 1992. A l’époque, Street Fighter 2 : The World Warriors, c’est un total 8 personnages jouables, la possibilité de jouer en mode Arcade (et d’affronter alors quatre boss) en peaufinant ses techniques, mais aussi un mode deux joueurs archi-addictif.

Difficile d’oublier les nombreuses soirées et autres tournois dédiés à Street Fighter 2, qui a longtemps fait office de référence, si bien qu’aujourd’hui encore, on prend à vrai plaisir à relancer le jeu (si possible dans sa version Turbo). En 2023, et en attendant le nouveau film à venir, la licence est de retour, avec un Street Fighter 6 toujours plus moderne, toujours plus dans l’ère du temps, toujours plus personnalisable et accessible, quitte à dérouter un peu les fans de la première heure justement. Notre test complet !

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Street Fighter 6 : un peu de tradition, et beaucoup (beaucoup) de modernité

Avec Street Fighter 6, Capcom annonce “une nouvelle ère pour les jeux de combat”. Pour cela, le jeu bouleverse un peu sa formule initiale, en proposant un Street Fighter divisé en trois sections distinctes. On y retrouve le Fighting Ground, pour profiter de Street Fighter « comme avant », avec le mode Arcade, le mode Versus, mais aussi un mode Extrême avec des conditions de jeu particulières, sans oublier 18 combattants à domestiquer, dont de nombreux « anciens » comme Ryu, Ken, Dhalsim, Zangief, Cammy, Honda ou encore Guile.

© Capcom

Bien sûr, Street Fighter 6 embrasse plus que jamais le monde de l’eSport et du multijoueur online, avec le mode Battle Hub. Ce dernier permet aux joueurs de se réunir et de communiquer dans une vaste salle d’arcade, en utilisant un avatar personnalisé, façon MMO un peu.

On peut évidemment se battre contre d’autres joueurs, mais aussi profiter d’un Game Center (avec d’anciens jeux Capcom, dont Street Fighter 2 et Final Fight), profiter d’une boutique d’objets, participer à des tournois… Bref, un microcosme online dans l’univers de Street Fighter en somme.

© Capcom

A cela s’ajoute un mode inédit, baptisé World Tour, qui permet au joueur de façonner un avatar avant de se rendre à Metro City, dans un monde en 3D scénarisé, l’objectif étant de faire de son personnage un véritable « Street Fighter ». On y retrouve différents combattants légendaires, mais aussi des personnages d’autres licences Capcom. Un côté « mode aventure » étonnant, sur lequel on reviendra un peu plus bas.

L'écran titre permet de profiter de trois modes de jeu bien distincts. Libre au joueur de ne privilégier que la section Fighting Ground pour profiter d'une expérience Street Fighter "à l'ancienne"
© Capcom

Un Street Fighter plus accessible que jamais

Toujours dans une volonté de plaire à un maximum de joueurs, Street Fighter 6 propose également un système de contrôles simplifié, permettant de déclencher les attaques spéciales via un simple bouton.

Heureusement, il est possible de basculer en mode « Classique » pour retrouver les sensations d’antan, mais on ne peut qu’applaudir cette volonté de la part de Capcom de rendre sa licence plus grand public, même si l’éditeur nippon est allé parfois très (trop) loin dans la modernisation de sa franchise.

© Capcom

Graphiquement, Street Fighter 6 est superbe, et quand bien même certains pesterons face au look de certains personnages, l’ensemble est magnifique pour les mirettes. En mode « Classique », on retrouve très vite ses marques, et c’est un vrai plaisir que de (re)déclencher les attaques spéciales de Ryu, Ken, Guile et consort.

Bien sûr, le gameplay est autrement plus riche et complexe qu’en 1992, avec d’innombrables techniques supplémentaires ici, notamment au niveau des contres, des Cancel, de la jauge Drive, des Super Arts et autres attaques spéciales. Aussi, s’il est possible de se faire plaisir en jouant « à l’ancienne », seuls les plus persévérants parviendront à maitriser toutes les techniques de leur personnage favori.

Un Street Fighter 6 à la fois accueillant pour les nouveaux venus, et très (très) profond pour les experts donc. Un excellent point.

© Capcom

A l’écran, cela donne souvent lieu à une débauche d’effets spéciaux et autres mouvements de caméra archi-dynamiques, qui permettent de ressentir la puissance de certains coups. A noter que le jeu permet de bénéficier de commentaires (en japonais ou anglais) pour ceux qui le souhaitent, assurés par des pros de la discipline, pour profiter d’une ambiance plus esport que jamais.

Un mode World Tour inédit… mais décevant ?

A l’instar d’autres jeux (NBA 2K, F1…), Street Fighter cède à son tour au mode « Aventure », sorte de mode « Carrière » qui va demander au joueur de… créer un avatar. L’éditeur de personnages est quasiment sans limite, et on peut ainsi créer à peu près tout et (surtout) n’importe quoi, du personnage le plus stylé au plus grotesque.

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Et encore, vous ne voyez pas le clipping et les animations ultra hachées en arrière-plan… © Capcom

Le mode World Tour est un mode scénarisé (qui fait penser à un Yakuza finalement), qui permet rapidement de rencontrer Luke, l’ambassadeur (et entraineur) de ce Street Fighter 6, mais aussi Bosch, l’autre élève de Luke, avant de déambuler dans Metro City, sorte de New-York miniature. Le principe est simple : suivre un scénario à base d’objectifs divers et variés, avec souvent du combat à la clé évidemment, sans oublier la possibilité de défier à peu près n’importe qui.

Le tout tourne avec le moteur du jeu… qui s’avère rapidement (bien) plus à l’aise pour des combats en 2D que pour un monde en 3D. Visuellement, c’est très (très) cheap, avec des PNJ à la fois génériques et vilains au possible, sans compter des décors eux aussi très faiblards, et des combats… en 30 fps. Alors certes, on peut « profiter » d’un mode 60 fps (c’est le cas heureusement dans la section Fighting Ground), mais il faut alors régler les options en mode « Performances ». Sic…

En mode World Tour, on peut aussi affronter plusieurs ennemis en même temps © Capcom

Toutefois, l’intérêt de ce nouveau mode est d’emmener son jeune combattant au top des combats de rue, avec la possibilité bien sûr de rencontrer de nombreux guests (les vrais combattants de Street Fighter) et de calquer ses mouvements sur son personnage fétiche, voire de combiner certaines techniques. Très basiques au départ, les objectifs s’affinent au fil des heures, avec tantôt des combats multiples, tantôt des règles spécifiques… mais on ne va pas se mentir, le mode World Tour de ce Street Fighter 6 ne présentera que peu d’intérêt pour qui recherche… une expérience Street Fighter.

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Vous aussi, vous soufflez fort ? © Capcom

Alors oui, on gagne de l’XP, on évolue progressivement, on peut personnaliser son personnage, on peut défier n’importe quel PNJ (moche), on peut profiter de quelques clins d’œil bien sentis dans Metro City (et ailleurs), mais globalement, avec ses couleurs criardes à souhait, son côté flashy/fluo et son ambiance sonore très « street » façon hip-hop américaine, sans compter les “Inflooencers” et autre “FooTubeurs”, l’ensemble fleure bon l’ajout expérimental pas trop inspiré, voué à séduire un nouveau (et jeune) public… quitte à faire grimacer légèrement (ou franchement) les fans de la première heure.

Heureusement pour eux, ce mode World Tour est totalement facultatif (on peut même le désinstaller pour récupérer 20 Go de stockage), et rien n’empêche de profiter pleinement de ce Street Fighter 6 en mode « à l’ancienne », via le mode Fighting Ground, à la fois bien pensé et ultra complet. Ouf !

Notre avis concernant Street Fighter 6

Street Fighter 6 ratisse (très) large, y compris côté gameplay, avec une hyper-accessibilité qui permet à tous les joueurs de profiter du jeu. Les vieux (cons) pesteront toutefois face à un côté archi-moderne/fluo/flashy/hip-hop pas toujours de très bon goût, mais on ne vas pas blâmer Capcom d’en avoir trop fait, plutôt que pas assez, sans compter qu’il est tout à fait possible de mettre tout le superflu (dont le mode World Tour…) de côté, pour se focaliser sur la « vraie » expérience Street Fighter.. Avec 18 personnages au lancement (dont quelques prestigieux anciens), le jeu va faire le bonheur de tous ceux qui souhaitent simplement affronter leurs amis lors de soirées endiablées, et tester leur talent en ligne (bonne chance !).

Un opus ultra moderne et ultra complet donc, qui redore le blason de la licence après un cinquième opus au lancement pour le moins calamiteux.

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Street Fighter 6

8

Note Globale

8.0/10

On aime

  • Un Street Fighter pour les experts et les néophytes
  • 18 combattants, dont pas mal d'anciens
  • Visuellement somptueux
  • Le contenu, ENORME !
  • Le mode Fighting Ground, complet et passionnant, pour une pure expérience à l’ancienne

On aime moins

  • Le mode World Tour en général (et ses combats en 30 fps…)
  • Ce côté trop flashy/hip-hop/fluo/Youtube...
  • Parfois un peu (beaucoup) grotesque côté ambiance…
  • Les nouveaux persos... mouif...
  • L'interface assez brouillonne parfois