Passer au contenu

The Social Reckoning : pourquoi ce film fascinant sur Facebook et Instagram dérange autant Meta ?

Le nouveau long-métrage d’Aaron Sorkin explore les effets néfastes des géants du web sur les sociétés contemporaines.

Aaron Sorkin est sans doute ce qui se fait de mieux à Hollywood en matière d’écriture scénaristique liée à des sujets sociétaux et politiques. Sa filmographie parle pour lui, avec les séries A la Maison Blanche, The Newsroom, mais aussi les films Le Stratège, Le Grand Jeu, Les Sept de Chicago, ou encore Being the Ricardos et The Social Network. C’est justement une sorte de suite de ce premier volet qui explorait la création de Facebook que nous propose le cinéaste avec The Social Reckoning.

Plongée dans une enquête journalistique révélatrice

Pour explorer cette thématique tentaculaire de l’impact des réseaux sociaux Facebook et Instagram sur le monde réel, Aaron Sorkin a décidé de suivre l’enquête du journaliste Jeff Horwitz publiée en 17 articles par le Wall Street Journal en 2021. Un choix assez prometteur qui rappelle d’autres grands noms du genre comme Les Hommes du président ou plus récemment Pentagon Papers.

Lorsqu’il commence à se plonger dans le sujet, flanqué de deux stagiaires, le reporter ne dispose pas de compétences particulières en matière technologique, ce qui ne l’empêche pas de faire d’importantes découvertes et révélations.

Il finit par trouver une source interne, Frances Haugen, jouée par l’excellente Mikey Madison, révélée dans Anora. Membre de l’équipe de surveillance interne de Facebook, aujourd’hui dissoute, l’ingénieure lui apporte des informations précieuses sur la façon dont les algorithmes peuvent radicaliser les utilisateurs.

Loin de vouloir mettre à mal son employeur, la salariée est au contraire très attachée à la façon dont les réseaux sociaux peuvent permettre à des gens peu à l’aise socialement de rencontrer et d’échanger avec de nouvelles personnes. Elle veut en quelque sorte les corriger et non les détruire. The Social Reckoning nous montre aussi Facebook de l’intérieur avec la présence d’un Mark Zuckerberg perturbant (Jeremy Strong).

Interrogé sur le choix de ce scénario, Aaron Sorkin explique à l’agence Reuters : « Je cherchais une bonne histoire et, après une période d’environ un an marquée par une panne d’inspiration totale. J’ai rencontré Frances Haugen et, soudain, une bonne histoire a commencé à prendre forme dans mon esprit ».

Il ajoute :

En 2010, Facebook comptait 500 millions de membres. Aujourd’hui, il en compte 2,9 milliards. L’entreprise est devenue quelque chose de radicalement différent. Plus des deux tiers des Américains s’informent via Facebook. Le problème, c’est qu’une grande partie de ce qui y circule est tout simplement faux. Facebook déverse une désinformation de masse, des contenus qui vous indignent et vous mettent en colère, pour que vous continuiez à les repartager.

Lourdement mis en cause par ce long-métrage, Meta n’a pas souhaité prendre position sur cette œuvre.

Qu’en pensent les critiques ?

The Social Reckoning divise assez fortement tous ceux qui l’ont vu. Renaud Baronian du Parisien salue notamment :

À la façon d’un thriller prenant, Aaron Sorkin livre une suite édifiante à « The Social Network », dont il était l’auteur en 2010. Jeremy Allen White et Jeremy Strong livrent de belles prestations, respectivement dans les rôles de Jeff Horowitz et Mark Zuckerberg. Mais c’est Mikey Madison, lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice en 2025 pour « Anora », qui crève à nouveau l’écran avec sa brillante incarnation de la lanceuse d’alerte.

Dans Le Monde, Jacques Mandelbaum, est bien plus partagé et dénonce « l’insigne faiblesse des acteurs dans le rôle qui leur est imparti ». Notre confrère ne leur jette pas pour autant la pierre, mais incrimine plutôt le cinéaste :

C’est que les relations entre les personnages, leur profondeur comme leur évolution, sont ici sacrifiées au signe intangible du caractère et de la fonction qui leur sont une fois pour toutes assignés. La responsabilité n’incombe donc pas tant aux acteurs qu’à une réalisation qui filme son scénario à la lettre, sans parvenir sinon à le transcender, du moins à le rendre un tant soit peu vivant.

Comme toujours, le mieux est d’aller voir une œuvre par soi-même pour se forger son propre avis.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Instagram
Instagram
Par : Instagram, Inc.
4.3 / 5
173,0 M avis