C’était une annonce très attendue. C’est finalement la ministre du Commerce et des PME, Véronique Louwagie, qui a brisé le silence la première. Alors que l’exécutif travaille toujours sur un texte de loi pour « modifier les règles » autour des Tickets-restaurant, deux grands principes se dégagent déjà.
Selon les propres mots de la ministre, interrogée par nos confrères de Ouest-France, les Tickets-restaurant pourront toujours servir pour faire ses courses. Même sur des produits « non directement consommables ». Le second point très important pour l’élu de l’Orne, c’est la dématérialisation.
Ce sujet est essentiel pour faciliter la vie des commerçants et des restaurateurs. Le format papier nécessite une « gestion trop lourde » et de facto des paiements en différé. Afin de mettre fin aux titres papier, la ministre prévient que les stocks devront être épuisés au « 1er janvier 2027 ».
Les restaurateurs critiquent un « détournement »
Si cette mesure était très attendue par le grand public, avec une utilisation des titres-restaurants de plus en plus fréquente, les restaurateurs s’y étaient opposés. L’Umih, le principal syndicat dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, avait déjà dénoncé un « mauvais coup porté aux restaurateurs ».
Les établissements de bouche regrettent notamment l’ajout des « produits non directement consommables » dans la liste des articles disponibles avec des titres-restaurants. Même la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR) s’était prononcée contre une pérennisation de ce système en fin d’année 2023.
Elle demandait également la mise en place d’une « distinction claire entre la restauration du salarié pendant sa journée de travail et l’achat de préparations alimentaires immédiatement consommables et l’achat des produits alimentaires non-immédiatement consommables (pâtes, riz, œufs, viandes et poissons frais) ».
Quels changements concrets ?
L’annonce de la ministre Véronique Louwagie va-t-elle changer quelque chose pour nous ? Et bien en réalité pas du tout, c’est même l’inverse. En annonçant la pérennisation du système en place, la ministre confirme dans les colonnes de Ouest-France la situation actuelle.
Il sera donc toujours possible de faire ses courses dans les moyennes et grandes surfaces, pour l’achat de produits alimentaires seulement. Les points à discuter restent la valeur du ticket-restaurant à proprement parler. Pour l’heure elle est de 8,75 euros en moyenne en France. Le CNTR le déplore, assurant qu’un repas équilibré coûte entre 12 et 19 euros en fonction des régions. Il faudrait donc revaloriser au plus vite les titres-restaurant.
La Commission se dit également favorable à une augmentation de la part patronale dans le système de co-financement des titres-restaurants. Aujourd’hui 60 % de leur valeur est payée par l’employeur, le reste incombe au salarié.
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