Visiblement, TotalEnergies et l’Elysée ont fini par s’entendre. Depuis quelques jours, pourtant, les échanges entre le groupe énergétiques et l’État étaient pour le moins tendus. En cause : la taxe sur le raffinage, aussi appelée “contribution temporaire de solidarité”.
Celle-ci transpose une mesure européenne visant à amortir le prix de l’énergie. Or, le secteur, qui pratique des marges très serrées, a décidé en conséquence de ce nouveau prélèvement et de l’inflation, de doubler ses marges – ce qui se traduit selon plusieurs calculs sur un prix du litre d’essence rehaussé de 10 à 15 centimes d’euros.
Total continuera de proposer du carburant à 1,99 € / L en 2024
Un coût que TotalEnergies, avec sa décision (sous pression de l’État) de plafonner le prix de l’essence et du diesel devait assumer. Du coup, alors que députés et gouvernements se préparaient à prolonger cette taxe en 2024, le patron de TotalEnergies Patrick Pouyané a décidé de hausser le ton.
Le patron de Total menaçait de mettre fin unilatéralement à son geste, si le gouvernement persistait à soutenir le prolongement de cette taxe en 2024 – qui rapporte pourtant relativement peu de recettes à l’Etat en comparaison de la TICPE. Pour l’heure, aucune annonce ferme n’a été faite sur ce dossier.
Mais, Bruno Le Maire annonce ce matin au micro de RTL être tombé d’accord avec Patrick Pouyané, qui aurait “pris l’engagement de maintenir ce plafonnement à 1,99 euro pour tous ses carburants, dans toutes ses stations, pour toute l’année 2024».
Reste que l’évolution de la situation internationale dans les prochains mois peut encore menacer cet engagement. En effet, en plus de la guerre en Ukraine qui a déjà provoqué une redistribution des cartes dans le secteur de l’énergie et avec elle une explosion des prix, s’ajoute le conflit entre le Hamas et Israël.
Contexte incertain
Le ministre de l’Économie explique ainsi que les conséquences du conflit sur les prix de l’énergie dépend d’une potentielle escalade et extension du conflit.
«De ce qui se passe au Proche-Orient : si la crise reste locale, les conséquences seront locales. Aujourd’hui elles sont limitées, si demain il y a l’extension du conflit dans la région, les conséquences seront beaucoup plus lourdes, en particulier sur les prix de l’énergie», explique Bruno Le Maire.
En proposant à l’origine un plafonnement, le patron de Total avait en effet souligné qu’il refusait, au-delà du geste, de “vendre à perte” son carburant. Et d’appeler l’Elysée à plus de “bon sens”. Or, depuis plusieurs semaines le prix du baril de pétrole continue de grimper.
Il reste donc à savoir jusqu’à quel cours le groupe pétrolier est prêt à maintenir son geste visant à maintenir le prix du litre d’essence et de diesel à 1,99 €. Et si une suite est déjà envisagée, comme de nouveaux plafonds plus élevés en fonction de l’évolution de la situation.
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