Les Français adorent l’IA. Les chiffres de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), publiés en juin 2025, dressaient déjà le portrait d’une France conquise : 35% des cadres utilisent ChatGPT, Copilot ou Gemini au moins une fois par semaine dans l’exercice de leurs fonctions. 12% y ont même recours quotidiennement.
Il convient toutefois de nuancer ces chiffres. Car tous les Français n’ont pas adopté l’IA de la même manière. Sans surprise, la jeune génération a tout de suite été conquise : 42% des moins de 35 ans ont fait de l’IA un réflexe professionnel, contre 35% pour les 35-54 ans et à peine 26% au-delà de 55 ans. Une fracture générationnelle qui se double d’une ligne de partage hiérarchique : les managers (42%) distancent nettement leurs subordonnés. Comme souvent face aux bouleversements technologiques, le rapport au temps et au pouvoir détermine la vitesse d’adaptation.
Au-delà des statistiques, la normalisation des usages impressionne. 56% des utilisateurs assument pleinement leur recours à l’IA face à leur employeur. Cette libération de la pratique témoigne d’un basculement : l’intelligence artificielle s’est imposée en peu de temps comme un outil à part entière. Et pour cause, les bénéfices cités par les utilisateurs rentrent dans les objectifs des employeurs : gains de productivité, amélioration de la qualité, plus de créativité.
L’IA s’invite dans les entreprises du CAC40
L’engouement est tel qu’il a gravi les échelons jusqu’aux assemblées générales d’actionnaires et dirigeants de grandes entreprises. En 2025, l’IA y a pris une place de choix. Selon les travaux de la fintech Scalens et du cabinet Herbert Smith Freehills Kramer publiés en janvier 2026, elle est devenue le sujet dominant des débats dans les assemblées du CAC 40.
Dix minutes en moyenne lui sont désormais consacrées lors de chaque grand-messe. L‘IA est considérée comme plus importante que le climat (sept minutes), la gouvernance (huit minutes) et même la sacro-sainte rémunération des dirigeants (cinq petites minutes). Près de 12% des questions d’actionnaires portent spécifiquement sur les stratégies d’IA.
Alors qu’il est rare qu’un sujet fasse l’unanimité dans ces assemblées, la totalité des sociétés du CAC 40 ont présenté leur vision stratégique de l’intelligence artificielle en 2025. Opportunité de “disruption” pour les uns, bouclier contre l’émergence de concurrents ou de modèles économiques alternatifs pour les autres, l’IA cristallise les espoirs et les angoisses du capitalisme moderne. Elle n’est plus perçue comme un outil pour les analystes, mais comme un levier déterminant de compétitivité.
Manque de formation
Le monde de l’entreprise affiche d’ailleurs une confiance croissante à mesure que la technologie mûrit. 76% des grandes structures se déclarent convaincues de son utilité, une progression spectaculaire de 14 points en un an. Les PME suivent le mouvement (55%, +11 points), tout comme les TPE (49%, +7 points).
Malgré cet engouement, seul un cadre sur quatre a bénéficié d’une formation à l’intelligence artificielle. Dans le même temps, 72% en réclament une avec insistance. Cette ambivalence se lit dans les différences de perceptions. Si 37% des cadres voient dans l’IA une opportunité, 22% y décèlent une menace, tandis que 36% oscillent entre espoir et crainte. Une ambiguïté qui, malgré tout, évolue favorablement : en 2023, ils n’étaient que 22% à y voir une chance contre 30% à redouter ses effets.
- 35% des cadres Français utilisent ChatGPT et autres IA au moins une fois par semaine
- L’IA s’est invitée dans les conseils d’administration du CAC40
- Les utilisateurs demandent des formations à l’utilisation de l’IA
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