Le livre blanc Protecting Users from Scam Ads: A Call for Social Media Platform Accountability*, publié par le cabinet d’analyse Juniper Research pour Revolut, révèle des chiffres qui donnent le vertige. En 2025, les plateformes de réseaux sociaux ont engrangé environ 4,4 milliards d’euros grâce à des publicités frauduleuses diffusées auprès d’utilisateurs européens. Cela représente environ 10 % de l’ensemble de leurs revenus publicitaires sur le continent.
À elle seule, la France pèse 422 millions d’euros de revenus issus de ces publicités frauduleuses, soit 9,5 % du total européen. Un niveau comparable à celui de l’Allemagne (9,9 %), tandis que le Royaume-Uni arrive en tête avec 11 %.
L’étude met en lumière un volume de pubs frauduleuses sidérant. Les utilisateurs européens ont été exposés à près de 1 000 milliards de publicités frauduleuses en 2025. Ramené à l’échelle individuelle, chaque utilisateur est en moyenne confronté à 190 publicités frauduleuses par mois.
Et la tendance ne fait que s’accélérer. Entre 2024 et 2025, les revenus générés par les pubs frauduleuses en Europe ont bondi de 58 %, passant de 2,8 à 4,4 milliards d’euros. Si rien ne change, Juniper Research projette que d’ici 2030, l’exposition mensuelle d’un utilisateur moyen atteindra 250 publicités frauduleuses, soit une hausse de 32 %. Les plateformes pourraient alors tirer plus de 10 milliards d’euros de ces contenus, avec des impressions dépassant les 1 400 milliards en Europe.

Un modèle économique qui récompense l’inaction
Selon l’étude, le problème est structurel : les gains financiers liés à l’hébergement de publicités frauduleuses dépassent largement les coûts de leur modération. Autrement dit, les plateformes n’ont aujourd’hui aucun intérêt financier à éradiquer ces contenus. Au contraire, elles sont incitées à les laisser prospérer.
Juniper Research plaide pour un changement complet du système : passer d’un modèle de vérification réactif (où les pubs sont retirées après signalement) à un modèle proactif, où les contenus frauduleux sont détectés et bloqués avant même leur diffusion. Sans cette transition, les analystes estiment que la confiance des consommateurs continuera de s’éroder, menaçant à terme les revenus publicitaires légitimes des plateformes elles-mêmes.
Les conclusions du rapport sont sans appel : « après les criminels eux-mêmes, les entreprises de réseaux sociaux sont aujourd’hui les principales bénéficiaires de l’économie de la fraude ».
*Cette étude a été commandée par Revolut, qui se positionne sur la protection de ses utilisateurs contre les arnaques financières. Juniper Research précise toutefois avoir conduit l’étude de manière indépendante, avec ses propres méthodologies, et que Revolut n’a eu aucune influence sur les données, la méthodologie ou les conclusions. Les résultats ont par ailleurs fait l’objet d’un examen interne par des pairs au sein de Juniper.
- Les réseaux sociaux génèrent 4,4 milliards d’euros de revenus grâce aux publicités frauduleuses en Europe, soit 10 % de leurs revenus publicitaires.
- La France contribue à hauteur de 422 millions d’euros, et chaque utilisateur est exposé à environ 190 publicités frauduleuses par mois.
- Le modèle économique actuel incite les plateformes à laisser prospérer ces contenus, et un changement de réglementation est nécessaire pour protéger les utilisateurs.
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