La scène qui s’est déroulée récemment à la Maison-Blanche semble tout droit sortie d’un mauvais film. Donald Trump, en promettant d’acquérir personnellement un véhicule Tesla a exprimé son souhait de qualifier les actions contre les sites Tesla comme relevant du « terrorisme intérieur ». Doit-on y voir une hyperbole rhétorique, si chères au président américain, ou une réelle tentative de redéfinition des mécanismes répressifs de l’État ?
La gronde monte outre-Atlantique et les manifestations ciblant les intérêts d’Elon Musk ; simultanément PDG de Tesla et responsable du Département pour l’Efficacité Gouvernementale (DOGE) ; gagnent du terrain. Dégradations matérielles, coups de feu à proximité de concessions Tesla : la situation s’envenime.
La privatisation de l’appareil répressif : vers un État au service des oligarchies ?
Si Trump parvient à ses fins, les américains seront alors victimes de la confiscation des instruments coercitifs de l’État au profit d’une oligarchie technocapitaliste. En qualifiant potentiellement de terroristes des mouvements contestataires, l’administration Trump joue à un jeu dangereux : flouter les frontières entre public et privé en empêchant la critique contre certains acteurs économiques par la criminalisation.
« On va les choper, et ce sont des ordures, les mêmes qui foutent le bazar dans nos écoles et nos universités. Toujours les mêmes. On va mettre la main sur eux, et je vous le dis : si vous vous en prenez à Tesla ou à n’importe quelle autre entreprise, on va vous avoir, et vous allez en baver » a expliqué Trump, en sortant de la Tesla sur le parvis de la Maison-Blanche (voir vidéo ci-dessus)
La requalification des infractions contre une entreprise privée en actes terroristes – catégorie juridique aux implications procédurales et pénales exceptionnellement lourdes – est une pure et simple instrumentalisation du droit pénal pour en faire un outil de répression politique. Le paradigme sécuritaire parfait : la protection du capital prime sur celle des libertés fondamentales.
L’hypocrisie constitutionnelle démasquée par les mouvements contestataires
Face à cette offensive juridico-politique, le mouvement « Tesla Takedown » a réagi. Par le biais d’un compte sur le réseau Bluesky, ses représentants ont déclaré : « Nous sommes un mouvement de protestation populaire non-violent. Nous nous opposons à la violence et à la destruction de biens. La manifestation pacifique sur la voie publique n’est pas du terrorisme intérieur. Ils tentent de nous intimider. Nous ne les laisserons pas réussir ».
Leur analyse a également pointé du doigt une certaine incohérence dans le souhait du président : « Il est ironique de voir que Donald Trump souhaite qualifier notre mouvement pacifique de terrorisme intérieur. On parle là de l’homme qui a envoyé une horde violente au Capitole pour renverser une élection qu’il avait perdue, puis a gracié plus de 1 600 émeutiers reconnus coupables par des jurys de leurs pairs de crimes graves contre les États-Unis ».
Difficile de douter de cette réalité désormais : le système constitutionnel américain est désormais inféodé aux intérêts dominants. Le Premier Amendement, socle théorique des libertés d’expression et de manifestation, se trouve ainsi vidé de sa substance par une interprétation sélective et partisane de ses principes. La criminalisation différenciée des mouvements de contestation – selon qu’ils servent ou non les impératifs présidentiels – en disent long sur la vacuité du discours officiel sur l’État de droit.
- Trump veut classer les attaques contre Tesla comme du terrorisme intérieur, renforçant ainsi le flou entre protection des entreprises privées et répression politique
- Le mouvement « Tesla Takedown » dénonce une intimidation et une hypocrisie de la part d’un président qui a soutenu des émeutiers, mais criminalise des manifestations pacifiques.
- Cette affaire relève d’une instrumentalisation de l’appareil répressif, où les lois antiterroristes pourraient servir à protéger des intérêts privés au détriment des libertés fondamentales.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.