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Twitter tente de rassurer ses annonceurs sur les questions de modération

Selon le Financial Times, après l’annonce du rachat de la plateforme par Elon Musk, Twitter aurait déjà envoyé un courrier pour rassurer les annonceurs, qui ne souhaitent pas que leurs publicités s’affichent à côté de contenus toxiques.

Alors qu’Elon Musk s’apprête à prendre le contrôle de Twitter, tout le monde se demande quels changements le patron de Tesla va opérer sur le réseau social. Ces dernières années, Twitter a fait d’énormes progrès pour rendre la plateforme moins toxique.

Et désormais, on s’interroge sur l’impact que le rachat par Elon Musk aura sur ces progrès. En effet, Musk se définit comme un « absolutiste de la liberté d’expression » et de ce fait, Twitter pourrait devenir plus laxiste en ce qui concerne la modération des contenus haineux ou de désinformation.

La « liberté d’expression » pourrait nuire à la santé financière de Twitter

Alors que le deal avec Elon Musk doit encore être finalisé, selon le Financial Times, Twitter aurait déjà écrit aux annonceurs afin d’essayer de rassurer ceux-ci. Après l’annonce de l’accord à 44 milliards de dollars, Twitter aurait envoyé ce courrier afin d’indiquer aux agences que l’entreprise s’engage toujours à ce que les publicités des annonceurs ne soient pas affichées à côté publications préjudiciables ou offensantes.

Notons également que l’Anti-Defamation League, une organisation qui avait fait pression sur Facebook en 2020, s’est déjà exprimé au sujet de l’acquisition de Twitter par Elon Musk.

Accusant le réseau social de ne pas faire assez pour lutter contre les propos haineux, cette organisation avait participé à une campagne de boycott qui a conduit de nombreuses entreprises à retirer leurs publicités de Facebook.

« Twitter a fait des progrès dans la lutte contre la haine et l’extrémisme en ligne ces dernières années, et donc même si nous voulons être prudemment optimistes quant à la manière dont Elon Musk gérera la plate-forme, il n’a pas démontré à ce jour de concentration sur ces problèmes », a déclaré Jonathan Greenblatt, le dirigeant de l’Anti-Defamation League. « Nous craignons qu’il puisse prendre les choses dans une direction très différente. »

D’autres groupes similaires, comme National Association for the Advancement of Colored People et Color of Change auraient également évoqué leurs préoccupations, d’après le Financial Times. Ce média explique également que des marques dans l’industrie automobile seraient particulièrement préoccupées. En effet, celles-ci hésiteraient à dépenser de l’argent sur une plateforme qui est associée à l’un des principaux concurrents (Tesla).

La Commission Européenne brandit le DSA

En Europe, la Commission Européenne a par ailleurs déjà rappelé le fait que Twitter devra se plier aux règles européennes en matière de modération.

« Qu’il s’agisse de voitures ou de plateformes numériques, toute entreprise opérant en Europe doit se conformer à nos règles. Et ce, quel que soit l’actionnariat. M. Musk le sait très bien. Il connaît les règles 🇪🇺 en matière d’automobile et s’adaptera rapidement au #DSA », a écrit Thierry Breton, Commissaire Européen, dans un tweet.

Pour rappel, le DSA ou Digital Services Act, ou encore Législation sur les services numériques, est un projet européen qui vise justement à obliger les plateformes comme Twitter à mieux modérer le contenu.

« Avec la législation sur les services numériques, l’époque où les grandes plateformes en ligne se comportaient comme si leur taille leur donnait une totale liberté d’action est révolue. La législation sur les services numériques impose aux plateformes des obligations claires et harmonisées, proportionnées à leur taille, à leur poids et au risque », avait récemment déclaré Thierry Breton, à l’occasion de l’annonce d’un accord trouvé entre le Parlement Européen et les Etats membres de l’Union Européenne.

« Elle (ndlr, la DSA) traduit dans la pratique le principe selon lequel ce qui est illégal hors ligne devrait aussi l’être en ligne. Plus les plateformes en ligne sont grandes, plus leur responsabilité est importante », avait quant à elle expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

D’après les explications de Thierry Breton, les entreprises ne respectant pas le DSA peuvent écoper d’amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. Et en cas de violations répétées, une plateforme peut même être bannie du marché européen.

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Par : Twitter, Inc.
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