Fondée en 2018 par deux ingénieurs, Fabien Apper et Antoine Ressouche, un troisième cofondateur ayant quitté le projet depuis, U-Space s’est spécialisée dans une niche stratégique : les satellites compacts de moins de 100 kilogrammes. L’entreprise, basée à Toulouse, conçoit et assemble des plateformes modulaires nouvelle génération, pensées pour répondre aux besoins de constellations capables d’être déployées rapidement et à moindre coût.
Son offre englobe tout le cycle de vie d’une mission : études préliminaires, développement, intégration, mise en orbite et opérations. La startup s’appuie pour cela sur un centre de contrôle dédié, ses propres simulateurs et des outils d’analyse avancée pour optimiser chaque phase de mission.
Et après des années de recherche et de développement, U-Space est récemment passée aux choses sérieuses : ses deux premiers satellites, SOAP et PANDORE, ont décollé en mars dernier à bord d’un Falcon 9 de SpaceX. Dix autres doivent être livrés au cours des douze prochains mois.

Une levée de fonds pour changer d’échelle
Une trajectoire qui a convaincu un ensemble d’investisseurs publics et privés avec un nouveau tour de table en série A, à hauteur de 24 millions d’euros. « Par son excellence et grâce à la qualité de ses équipes, U-Space contribue activement aux ambitions souveraines du pays dans le champ spatial. […] Il était logique pour Definvest de lui renouveler notre soutien », explique François Charbonnier, directeur d’Investissement chez Bpifrance, qui gère le fonds Definvest du ministère des Armées.
L’objectif est clair : l’industrialisation. U-Space veut passer de sa capacité de production actuelle à un rythme d’un satellite par semaine en 2027, avant d’atteindre, dans un second temps, un satellite quotidien. Une cadence rendue possible par son usine de salles blanches de 850 mètres carrés, baptisée l’U-Zine, ainsi qu’au développement logiciel qui sera financé par la levée.
Car la demande mondiale explose : télécommunications, observation de la Terre, défense, services en orbite… Mais l’Europe manque encore d’un constructeur capable de produire des satellites en série pour alimenter ces constellations. « Il s’agit de démontrer notre capacité à soutenir des ambitions spatiales mondiales », souligne Fabien Apper, qui vise aussi les marchés d’Asie et du Moyen-Orient.
La jeune pousse française entre clairement dans une nouvelle dimension. À elle de prouver qu’elle peut tenir sous la pression dans une filière du New Space en pleine ébullition.
- U-Space lève 24 millions d’euros pour accélérer la fabrication de ses nanosatellites et industrialiser sa production.
- La startup veut passer d’un rythme artisanal à une cadence bien plus élevée, avec l’objectif d’un satellite par semaine dès 2027.
- Portée par une forte demande mondiale, elle vise également d’autres marchés pour devenir un constructeur européen de référence.
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