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Mobilités Urbaines

Uber prétend que 158 000 conducteurs perdront leur travail s’ils sont requalifiés en salariés

Selon une étude interne, Uber indique que plusieurs conducteurs perdraient leur travail s’ils exercent leur activité en tant que salariés.

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Uber
© Unsplash / Charles Deluvio

La plateforme de location de voitures avec chauffeurs fait travailler des indépendants pour le fonctionnement de son service. Ce modèle de travail porte même un nom : l’ubérisation. Celui-ci est basé sur une mise en relation rapide entre des prestataires et des clients, visant à concurrencer les usages de l’économie classique (les taxis en l’occurrence pour Uber). Mais ce terme va-t-il encore avoir sa raison d’être après les récentes décisions de justice qui l’ont remis en cause ?

En effet, plusieurs décisions récentes à travers le monde, dont celle de la Cour de cassation en France (traduit exceptionnellement en anglais et en espagnol) le 4 mars 2020 et et la loi AB 5 (Assembly Bill 5) adoptée en Californie le 10 septembre 2019 ont permis de requalifier ce statut d’indépendant en statut de salarié.

Il existe un lien de subordination entre Uber et ses chauffeurs, c’est-à-dire qu’ils sont soumis aux ordres du géant américain pour effectuer leur travail. La Cour de cassation est le plus haut degré de juridiction en France pour le droit privé (dont le droit du travail fait partie). Cet arrêt impacte évidemment toutes les plateformes de mise en relation entre prestataires et clients.

Uber brandit l’argument économique et cherche un moyen pour éviter de se soumettre à la loi

En effet selon l’entreprise américaine et après une étude en interne concernant ses chauffeurs californiens, ce nouveau statut ne permettrait pas de maintenir les chauffeurs Uber en exercice. Ils seraient, d’après cette étude, plus de 158.000 à perdre leur travail sur les 209.000 actuellement en exercice et le prix de la course pourrait augmenter de 20 % à 120 %. Mais est-ce une simple menace ou bien un scénario envisageable ?

Les économistes viennent tempérer cette analyse. Selon eux, même si le changement de statut aurait des influences au niveau économique, il conviendrait de remettre les chiffres dans leur contexte. Dans certaines zones rurales, certains chauffeurs ne travaillent que quelques heures par semaine. Le statut de salarié permettrait dans ce cas un meilleur fonctionnement de la plateforme avec une continuité de service.

Il convient de rappeler que la loi AB 5 qui a été adoptée par le Sénat californien encadre le statut des personnes qui travaillent pour des plateformes. Cette loi permet selon des critères objectifs de déterminer si un travailleur est indépendant ou salarié. Avec cette nouvelle législation, les conducteurs d’Uber, qui sont sous le contrôle de l’entreprise, remplissent les critères pour se trouver requalifiés en salariés.

Mais au lieu transformer le statut de prestataire en salarié, plusieurs entreprises comme Uber, Lyft , DoorDash, Instacart et Postmates ont dépensé 110 millions de dollars pour soutenir la création d’un référendum qui pourrait les exempter de la loi AB 5. Le but serait de créer une alternative à cette loi en garantissant notamment un revenu minimum et une couverture santé minimale aux travailleurs indépendants. Il sera soumis aux électeurs en novembre 2020.

La location de voiture avec chauffeur reste le cœur de métier de l’entreprise. On la voit mal saboter sa branche d’activité la plus importante. Par ailleurs la stratégie de l’entreprise après les récents licenciements est de se recentrer sur cette activité et de laisser de côté les domaines moins prioritaires ou plus accessoires. Nous en saurons certainement plus sur l’évolution du statut des chauffeurs californiens en novembre 2020.

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