Il fallait s’y attendre. Le rapprochement historique entre l’Union européenne (UE) et le Canada n’a pas tardé à faire réagir le président des États-Unis. Depuis la Caroline du Nord, Donald Trump a laissé éclater sa colère en qualifiant cette initiative de « risible » et de potentiel « acte hostile ». Multipliant les attaques contre son voisin du Nord, qu’il a qualifié de « terrible partenaire commercial », le républicain a, sans surprise, brandi la menace de représailles économiques d’ampleur contre le Vieux Continent.
Déjà engagé dans une guerre commerciale féroce avec le Canada, Trump perçoit ce partenariat comme un affront direct, et entend bien faire pression sur Bruxelles pour faire capoter l’accord.
« S’il s’agit d’une bonne intention, c’est une chose. Mais si c’est une mauvaise intention, nous imposerons de très lourdes taxes douanières sur l’Europe », a-t-il prévenu devant la presse, évoquant même la possibilité de « stopper complètement les échanges » dans certains secteurs stratégiques.
« Membre associé » de l’UE : en quoi consiste ce projet inédit ?
Ce 16 septembre, lors de son discours annuel devant le Parlement européen à Strasbourg, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a invité publiquement le Canada à devenir le tout premier « membre associé » du bloc. Une main tendue saluée par Mark Carney, Premier ministre canadien, également présent.
L’idée serait d’aller bien plus loin que l’accord de libre-échange existant, le CETA, en érigeant une véritable « alliance pour l’avenir » afin de faire face au protectionnisme américain. Ainsi, le Canada ne deviendrait pas le 28e État membre de l’UE, mais obtiendrait un statut sur-mesure qui interconnecte les deux économies dans des domaines clés.
Les discussions portent sur l’énergie, les technologies, l’intelligence artificielle, les minéraux critiques et la sécurité industrielle de défense. En clair, le Canada pourrait accéder au marché européen et à ses financements, tout en conservant son indépendance politique.

Embûches et obstacles
Mais la concrétisation d’une telle initiative s’annonce très complexe, puisqu’il s’agit d’un statut qui n’existe pas dans le droit européen actuel. La Commission doit tout d’abord obtenir l’accord unanime des 27 États membres, et ce n’est pas mince affaire. Car plusieurs d’entre eux redoutent les lenteurs administratives, et craignent de fragiliser le marché unique et de subir les représailles de Washington.
Même son de cloche au Canada, où l’opposition conservatrice reproche à Carney e vouloir transférer une partie de la souveraineté nationale à Bruxelles, alors que les États-Unis restent le premier client de l’économie canadienne. Le prochain sommet entre l’UE et le Canada est prévu en octobre, et il sera potentiellement crucial.
- Donald Trump qualifie d’« acte hostile » le rapprochement entre le Canada et l’UE, menaçant Bruxelles de très lourdes taxes douanières.
- Ursula von der Leyen a invité Ottawa à devenir le tout premier « membre associé » de l’UE pour renforcer la coopération économique et stratégique.
- Le projet se heurte à l’absence de cadre juridique dans les traités européens, au besoin d’unanimité des 27 et à l’opposition politique au Canada.
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