TikTok a-t-il délibérément conçu son application pour qu’elle soit addictive ? Nous avons tous notre petite idée sur la question et c’est aussi le cas de la Commission européenne. En effet, elle lui reproche des choix de design conçus pour retenir le plus possible le consommateur.
Dans les résultats de son enquête préliminaire sur le sujet, l’UE affirme que l’interface de TikTok a été imaginée afin d’entretenir une dépendance. De fait, TikTok pourrait nuire gravement à la santé mentale des mineurs, mais aussi des adultes en situation de fragilité :
« En « récompensant » constamment les utilisateurs avec du nouveau contenu, certaines fonctionnalités de TikTok alimentent l’envie de faire défiler sans cesse et mettent le cerveau des utilisateurs en « mode pilote automatique ». Des recherches scientifiques montrent que cela peut engendrer des comportements compulsifs et réduire la maîtrise de soi des utilisateurs. »
Comment rendre TikTok moins addictif ?
TikTok est ce qu’elle est : une application imaginée pour exploiter le plus possible le temps de cerveau disponible. Comment la contrer sans passer par l’interdiction ? La Commission européenne exige qu’elle apporte des modifications sur son interface. Trois points retiennent particulièrement l’attention : le défilement infini, qui pousse l’usager à regarder la prochaine vidéo, la lecture automatique, qui le happe dès l’ouverture de l’app, ainsi que les notifications push, qui incitent à la consommation. Le système de recommandations personnalisées, déjà pointé du doigt de nombreuses fois, est aussi dans le viseur. Le but de cette enquête est de protéger les citoyens, surtout les mineurs, des dangers de la dépendance, précise Henna Virkkunen :
« La dépendance aux réseaux sociaux peut avoir des effets néfastes sur le développement cognitif des enfants et des adolescents. La loi sur les services numériques rend les plateformes responsables des conséquences de leurs actions sur leurs utilisateurs. En Europe, nous appliquons notre législation afin de protéger nos enfants et nos citoyens en ligne. »
Il s’agit des résultats d’une enquête préliminaire et aucune décision n’a encore été prise. TikTok doit désormais préparer sa défense et, éventuellement, modifier son interface pour se mettre dans les clous. L’entreprise risque une amende allant jusqu’à 6% de son chiffre d’affaires si elle ne respecte pas la réglementation européenne (le DSA). Elle a toutefois réagi dans les colonnes de TechCrunch :
« Les conclusions préliminaires de la Commission présentent une description catégoriquement fausse et totalement infondée de notre plateforme et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour contester ces conclusions par tous les moyens à notre disposition »
Un problème de santé publique
L’addiction à TikTok est un problème de santé publique dans l’UE. Comment lutter contre une application si addictive, avec un système de recommandation opaque ? Il s’agit également d’une question de souveraineté numérique, comme l’avait indiqué Emmanuel Macron il y a quelques jours :
« Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre, leurs émotions ne sont pas à vendre ou à manipuler, ni par les plateformes américaines, ni par les algorithmes chinois, »
Une des solutions serait l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Un projet porté par le Président de la République en France, mais qui pourrait entraîner des conséquences à l’échelle européenne.
- La Commission Européenne demande à TikTok de modifier son interface en raison de préoccupations sur son caractère addictif.
- Cette exigence s’inscrit dans un cadre plus large de régulation des plateformes numériques en Europe.
- TikTok doit répondre à ces demandes pour éviter des sanctions potentielles et améliorer la protection des utilisateurs.
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