Si la Terre possède la Lune, Saturne peut se vanter d’en avoir 82 en orbite autour d’elle. Mais toutes ne sont pas aussi massives et intéressantes que notre satellite. Du moins, c’est ce que l’on pensait. Une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature s’intéresse au petit satellite Mimas, une boule de roche d’à peine 200 kilomètres de rayon.
Au coeur de ce travail de recherche, qui aura pris plus de 10 ans, l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). Cet institut français dépend de l’Observatoire de Paris et travaille en particulier sur les petits éléments de notre système solaire.
Dans une première étude, qui date de 2014, Valéry Lainey, astronome au sein de l’IMCCE avait posé la question suivante : comment serait-il possible de définir avec précision la structure interne du satellite Mimas ? 10 ans plus tard, il tient enfin sa réponse.
Un océan sub-glaciaire d’eau liquide
En se référant aux lois fondamentales de la physique, notamment celles émises par Newton il y a plusieurs siècles, il a réussi avec son équipe à démontrer que Mimas disposait d’un océan d’eau liquide sous sa croute blanche remplie de cratère.
Si cette découverte mérite déjà de sérieuses félicitations de la communauté scientifique, le plus intéressant reste à venir. En effet, Valéry Lainey assure que cet océan subglaciaire se serait formé à la suite de phénomène complexe il y a seulement 25 millions d’années. C’était donc hier aux yeux de notre système solaire qui est lui vieux de 4,5 milliards d’années.
Pour arriver à de telles conclusions, l’astronome français a épluché les données de la sonde Cassini, lancée par la NASA autour de Saturne dans les années 2000. En analysant les mouvements de Mimas autour de son orbite, il a pu en déduire que le petit satellite disposait bien d’eau liquide sous sa surface, à 20 ou 30 kilomètres de profondeur.
Mimas n’est pas une première
Si cette découverte permet d’en savoir un peu plus sur Mimas et les lunes de Saturne, ce n’est pas une grande première pour autant. D’autres satellites de géantes gazeuses sont soupçonnés d’abriter des océans subglaciaires, c’est le cas d’Europe, une lune de Jupiter mais aussi de Titan et Encelade pour Saturne. Même l’ancienne planète Pluton pourrait avoir le droit à un océan sous sa surface.
La découverte d’une telle formation sur Mimas confirme en tout cas les croyances récentes des scientifiques sur le potentiel d’habitabilité de ces lunes. Selon Valéry Lainey, la découverte d’un océan sur Mimas, et d’une formation si récente est la démonstration d’un perpétuel mouvement et d’une évolution continue dans le système solaire. “Un lieu qui semble inhabitable peut le devenir, même très tard dans l’évolution de son système.”
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