- Binance est attaqué en justice par l’agence américaine qui régule les bourses de commerce
- Officiellement, Binance.com est inaccessible aux clients américains (ceux-ci utilise une version américaine), pour des raisons de conformité aux lois des États-Unis (par rapport au trading)
- Cependant, la Commission accuse Binance et son PDG d’avoir “instruit” des clients sur des façons des contourner ses propres restrictions
Un nouvel événement vient secouer le secteur des cryptomonnaies, qui avaient pourtant connu une belle croissance depuis le début de l’année. Et cette fois-ci, c’est Binance, le numéro un mondial des échanges, qui est concerné. Hier, la Commodity Futures Trading Commission ou CFTC, l’agence américaine qui régule les bourses de commerce, a annoncé qu’elle poursuit Binance en justice, ainsi que son patron Changpeng Zhao.
Le régulateur américain accuse Binance d’avoir illégalement “exécuté des transactions sur produits dérivés sur matières premières à destination et pour le compte de personnes américaines de juillet 2019 à aujourd’hui.” Et pour celui-ci, le programme de conformité de Binance est “inneficace”. Pire, la CFTC accuse l’entreprise, ainsi que son PDG, d’avoir incité les employés ainsi que les clients de Binance à contourner les mesures supposées contrôler la conformité par rapport aux règles américaines.
https://twitter.com/CFTC/status/1640498600625987590
De quoi Binance est-t-il accusé ?
“Le contournement délibéré présumé des accusés de la loi américaine est au cœur de la plainte de la Commission contre Binance. Les propres e-mails et chats des accusés reflètent que les efforts de conformité de Binance ont été une imposture et que Binance a délibérément choisi – encore et encore – de placer les bénéfices plutôt que de respecter la loi”, a déclaré Gretchen Lowe, directrice adjointe principale et avocate en chef de la division de l’application de la loi de la CFTC.
Une annonce qui a eu un impact direct sur le secteur des cryptos. Outre le fait que Binance est le numéro 1 mondial, la plainte déposée par le CFTC est aussi un message adressé à tout le secteur. Gretchen Lowe prévient en effet que la Commission poursuivra les autres plateformes qui contournent la loi américaine. Le président de la CFTC, Rostin Behnam, quant à lui, indique que cette plainte devrait être considérée comme un avertissement pour le secteur des actifs numériques.
Résultat, la valeur du Bitcoin, qui a avait déjà atteint les 28 000 dollars ce mois de mars, est repassé sous la barre des 27 000 dollars. L’annonce a également eu un impact sur la valeur de l’Ethereum, ainsi que sur l’action de Coinbase, l’un des concurrents américains de Binance.
Binance nie
De son côté, Binance a déjà réagi. Dans un tweet, le patron de l’entreprise a publié le chiffre 4, une référence à une ancienne publication qui demandait d’ignorer les FUD (acronyme de peur, incertitude et doute), les fausses informations et les attaques. Et dans un billet sur le blog de Binance, Changpeng Zhao répond officiellement à la plainte.
https://twitter.com/cz_binance/status/1640372505046052866
Selon son PDG, Binance a toujours coopéré avec la CFTC depuis 2 ans, et indique qu’il est surpris et déçu par cette annonce. “Après un examen initial, la plainte semble contenir un exposé incomplet des faits, et nous ne sommes pas d’accord avec la caractérisation de bon nombre des problèmes allégués dans la plainte”, écrit-il également.
https://twitter.com/cz_binance/status/1640483997288415234
Dans ce billet, CZ affirme également que son entreprise bloque les utilisateurs américains de la plateforme non américaine Binance.com en se basant sur la nationalité, l’adresse IP (en tenant compte des VPN), l’opérateur mobile, l’empreinte de l’appareil, et d’autres critères.
Mais le CFTC accuse Binance d’avoir instruit des clients “VIP” américains sur le meilleur moyen de contourner ces restrictions, pour permettre à ces personnes de faire du trading sur la plateforme internationale (qui est normalement inaccessible aux américains). Celle-ci accuse également Binance de ne pas avoir vérifié l’identité de ses clients, avant de laisser ceux-ci faire du trading.
Une accusation qui est également démentie par CZ dans son billet. Le patron de Binance assure que sa plateforme non-US est la première à avoir implémenté des procédures “KYC” de vérification d’identité, et que cette plateforme applique les standards les plus élevés de l’industrie.
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