Daryl Hall, rock star et débutant

Nous avons vu récemment comment un jeune artiste pouvait tirer le meilleur profit du web pour faire son buzz et construire brique par brique sa notoriété : le cas Domenico Curcio est à cet égard un véritable cas d’école, tant le garçon est aussi à l’aise avec le clavier de son piano qu’avec celui de

Nous avons vu récemment comment un jeune artiste pouvait tirer le meilleur profit du web pour faire son buzz et construire brique par brique sa notoriété : le cas Domenico Curcio est à cet égard un véritable cas d’école, tant le garçon est aussi à l’aise avec le clavier de son piano qu’avec celui de son ordinateur.

lfdh

Mais comment rebondir quand on est une pop star dont la plus grande partie de sa carrière est derrière soi, que l’on a dépassé la cinquantaine, que l’on a vendu des millions d’albums et que l’on a plus rien à prouver ?

Réponse : on peut faire comme Domenico  Curcio. Autrement dit recommencer l’aventure comme un débutant, sur le web et grâce au web. Pour le plaisir, et par amour de la musique.

C’est le choix qu’a fait Daryl Hall[1], ex-rockstar américaine, qui, parallèlement à la poursuite d’une carrière officielle assez discrète,  s’est reconverti dans la diffusion gratuite sur internet des somptueuses jam sessions qu’il organise chez lui en toute simplicité dans sa grande maison de la banlieue de New York.

Live From Daryl’s House, c’est le nom du show et du site dédié lancé fin 2007, compte déjà de nombreux épisodes vidéo.  Des sessions dans  lesquels le bon Daryl reçoit des potes, connus ou moins, jeunes (KT Tunstall) ou moins jeunes (les 2 survivants des… Doors), avec qui, après une barbecue party et quelques verres de vin blanc, il tape le boeuf, reprenant des standards de Hall & Oates, mais également d’autres grands classiques de la soul et de la musique populaire américaine.

lfdh2

Et, que vous soyez fan ou pas, c’est un putain de moment de pur bonheur que je conseille à tous ceux qui ont envie de voir des gens pour qui aimer et vivre la musique a vraiment une pure signification : la fraîcheur des titres (dont certains ont plus de 30 ans) et le plaisir que prennent les différents artistes invités à jouer avec le maître des lieux sont une véritable cure de jouvence à faire pleurer de plaisir les plus retors.

Daryl Hall, qui n’est pas né de la dernière pluie (mais qui garde cette sorte d’élégance altière de dandy sans âge qui a toujours été son style), a tout compris au web : chaque épisode vidéo est téléchargeable gratuitement en podcast sous forme de bande-annonce, ou teaser si vous préférez. Vous rapatriez ça sur votre baladeur, vous éteignez la lumière, vous chaussez les oreillettes et la magie démarre : vous vous retrouvez dans une sorte d’intimité avec les musiciens, comme si vous étiez avec eux au coin du feu à en pendre plein les yeux et les oreilles. Ce qui vous conduira finalement vers le site, sur lequel vous pourrez visionner en streaming les vidéos dans leur intégralité, et surtout dans toute leur générosité. Seul regret, mais n’en demandons pas trop : pas de player exportable pour les vidéos.

Si vous ne savez pas par où commencer, jetez donc un œil et une oreille en vous rendant sur cette page et en cliquant sur le titre Maneater dans la liste à droite de la page. Je suis sûr que le titre vous dira quelque-chose (même avec version reggae improvisée), tant l’usine à tubes Hall & Oates a tourné à plein dans les années 80, sans que l’on sache vraiment « qui c’est qui chante ça » de ce côté de l’Atlantique. Autre titre, sur cette page : Every Time You Go Away, popularisé par Paul Young, mais écrit et composé par Daryl Hall. Ce qui vous donnera aussi l’occasion de (re)découvrir l’une des plus belles voix soul que la pop US ait produite, celle d’un blanc qui chante comme un noir, et qui réussit en 1975 la même performance que Michael Jackson 10 ans plus tard, mais en sens inverse : être le premier blanc à être diffusé sur les radios noires aux USA.

Quant à moi je vous laisse, je n’ai pas fini de me rincer les esgourdes avec ce pur site.

[1]ex-moitié de Hall & Oates, duo célébrissime aux USA dans les années 70-80, qui trustait régulièrement les premières places des charts, vendant plus de disques dans sa carrière qu’un autre duo célèbre du nom de Simon & Garfunkel. Voir mon précédent article sur Hall & Oates ici : Ame blanche.


Nos dernières vidéos

15 commentaires

  1. Interessant la façon dont c’est filmé 🙂

    Ca rend même le truc intimiste… Côté sic, c’est interessant aussi. Je ne connaissais pas. Ca fait un peu serie tv soap. Mais ca reste ecoutable. Je retourne regarder…

  2. Une remarque pas franchement intéressante, mais Daryl Hall a énormément changé physiquement depuis la « grande » époque de ses tubes avec John Oates. En vérité, si on m’avait montré sa photo sans me dire de qui il s’agissait, je crois que je ne l’aurais carrément pas reconnu.

    Très grand talent, entre parenthèses.

  3. @eric : Ben le morceau que j’ai vu en premier m’a donné cette impression… mais aprés le commentaire qui était un premier jet de ressenti, je révise ma critique.

    C’est vraiment interessant. Je l’ai bookmarké 🙂

    Merci pour l’info 🙂

  4. Eric

    @Jean : doit y avoir un petit coup de lifting, mais c’est surtout la coupe de cheveux et la barbe qui changent le bonhomme sinon il a plutôt bien veilli le bougre, et tjs cette voix magique

  5. Alors autant on peut se fatiguer des posts sponsorisés,
    autant je dis merci simplement pour les
    « break on through » det le « people are strange » de l’episode 18 !

    ces deux mecs sont toujours aussi bons!

  6. Pour un débutant, il a quand même beaucoup beaucoup de matériel à sa disposition …
    2 caméras HD un éclairage de folie, a cela il faut ajouter ce que l’on ne voit pas, bref tout ça n’est pas à la portée du débutant moyen …

    Débutants que je côtoi et qui ont beaucoup beaucoup de problèmes à sortir du lot …
    La problématique n’est pas de savoir quoi faire pour percer, mais d’en avoir l’occasion sans s’appeler Dary Hall et d’accrocher la lumière des médias.
    Je doute que ce brave homme règle tous les problèmes de ses sessions seul … Il doit avoir un secrétaire si tout n’est pas sous traité à une entreprise extérieure.
    L’exemple du pianiste, Domenico Curcio est nettement plus sympa et reproductible (et encore, tout les artistes ne peuvent pas faire ainsi)
    C’est un artiste chez qui la notion de rencontre et de partage existe. L’anti-Hadopi par excellence.

  7. Eric

    eHerve : on est d’accord, bien sûr, Daryl Hall dispose de moyens importants mais cela n’enlève rien à la convivialité de l’expérience et à sa « gratuité » car il n’en tire aucun bénéfice direct à part un bénéfice d’image. D’ailleurs ce site dédié est très confidentiel et ne doit pas attirer bcp de trafic en rapport avec la star qu’il a été (et qu’il est encore). C’est en cela que je trouve cette expérience « amateur » passionnante (en dehors de sa valeur artistique pour un vieux fan comme moi).

  8. J’ai eu peur au début (ne voyant que le titre et la première phrase dans mon aggrégateur…). J’ai hésité à cliquer…
    Et finalement je ne le regrette pas !
    Excellent article Eric : complet, original, et donc intéressant…
    (bon, certains vont dire « mais qu’est-ce que ça fout là », mais moi, si les « diversions » concernent la musique, quelles qu’elles soient, ça me va.. :))

    Bon, maintenant les critiques : 😉

    – orienter les gens directement sur « Maneater », je comprends la démarche (explicitée dans l’article lui-même), mais je trouve personnellement que cela dessert l’artiste et son site. C’est discutable.. Ma position est : si c’est pour avoir une version « downgradée » d’un titre connu, ça n’a pas lieu d’être. Je comprends néanmoins le choix d’Eric, l’idée était précisemment de faire remarquer que le titre était connu.

    – du peu que l’on peut voir du « Daryl’s House », cela me semble un bien piètre studio (même personnel). Tout ingénieur du son qui se respecte sait que le BOIS est un matériau particulièrement difficile à contraindre (au niveau son) et qu’il faut donc restreindre au plus son utilisation.
    Or, les images fournies montrent principalement un intérieur TOUT EN BOIS.. La qualité de l’enregistrement ne pouvant être testée (et le résultat audible semblant correct), je suis obligé d’émettre au moins certaines réserves quant à la réalisation « live » des titres…

  9. Pur moment de bonheur, tu as tout à fait raison Éric. Ce site est génial et va surement donner des idées aux bonzes de la télé qui négligent souvent ces monuments de la musique !!!

    merci encore Éric ! Plus je te lis, et plus je suis en accord total avec tes choix musicaux.

  10. J’avais déjà vu Darryl Hall qui invite Chromeo, groupe de musique électronique/funk pour faire un morceau ensemble. C’est que du bonheur ! 🙂

  11. Hello,
    Je m’en moque un peu que son physique soit différent (lifting ou pas, ce sont ses mimiques et ses attitudes qui n’ont pas changé et que j’aime toujours autant).
    Cette « maison », c’est un petit plaisir qu’un musicien comme Daryl Hall peut se permettre et qui fait plaisir à tous.. Il en tirerait même un avantage financier que je n’y verrais aucun problème. L’avantage est de pouvoir continuer à l’entendre chanter et de découvrir des morceaux auxquels je n’aurais même pas pu rêver auparavant.

Répondre