Les éditeurs de bande dessinée doivent-ils s’inquiéter de l’émergence des nouveaux outils d’intelligence artificielle ? Certains d’entre eux se positionnent en tout cas très clairement contre l’arrivée de cette technologie dans le secteur.
Inquiétudes dans le monde de la BD
C’est notamment le cas de Gauthier van Meerbeeck, directeur éditorial des éditions Le Lombard, qui estime qu’il y a un “rejet total” de l’IA chez les professionnels de la BD en Europe. Cité par le South China Morning Post, le dirigeant explique que “l’art produit par IA est généré en volant les artistes. Moralement, je ne pourrais donc jamais m’impliquer là-dedans”.
De fait, les éditeurs ont bien flairé le danger et se tiennent prêts. Alors que la directive européenne sur l’IA prendra effet d’ici 2025, les développeurs seront tenus de faire la transparence sur la façon dont ils ont entraîné leurs algorithmes.
Selon des experts juridiques interrogés par nos confrères, des procès pourraient être intentés. Ces derniers entraîneront potentiellement la signature d’accord de licence visant à rémunérer les artistes sur le modèle de ce qui est déjà en cours pour les éditeurs de presse.
Il s’agit en tout cas d’un mouvement de fond sur ce marché que l’on observe aussi aux États-Unis. En juillet dernier, l’éditeur Dark Horse Comics, notamment connu pour des créations mythiques telles que Hellboy et Sin City, a indiqué qu’il n’accepterait pas de contenu généré par IA.
L’entreprise précise à ce sujet : “Nos contrats comprennent une clause stipulant que le créateur accepte que l’œuvre ne soit pas constituée de matériel généré par des programmes informatiques d’intelligence artificielle. Dark Horse s’engage à soutenir les professionnels de la création humaine dans le cadre de son activité.”
Les jeunes artistes en danger ?
Les outils tels que Midjourney et Dall-E ont provoqué des inquiétudes chez les professionnels. Les débutants craignent notamment que certaines tâches de base ne soient plus confiées qu’aux IA. Or, il s’agit souvent pour les jeunes travailleurs du secteur d’un moyen d’entrée dans ces métiers.
Pour des projets plus élaborés, Gauthier van Meerbeeck se veut quant à lui rassurant. Il souligne ainsi que les images générées par IA sont facilement repérables. Ces technologies sont également faillibles pour créer des BD complexes toutes seules.
Ce qu’il faut retenir :
- Les éditeurs de BD européens rejettent le recours aux IA génératives
- Le même mouvement est observé aux États-Unis
- L’inquiétude reste toutefois présente tant ces outils sont performants
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