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Vivendi : pourquoi les petits actionnaires crient victoire contre le géant Bolloré

Les actionnaires minoritaires de Vivendi remportent une bataille décisive contre le milliardaire.

Voilà une décision qui pourrait coûter cher à Vincent Bolloré. La Cour d’appel de Paris vient en effet de demander à l’Autorité des marchés financiers (AMF) d’examiner si une offre publique de retrait obligatoire était finalement nécessaire dans le cadre de la scission de Vivendi.

Un détail qui change tout

Cette dernière s’est décidée en fin d’année dernière, avec une mise en œuvre effective le 16 décembre. À cette date, Canal+, Havas et Louis Hachette sont devenues des entités indépendantes et cotées distinctement sur différentes places boursières européennes, tandis que Vivendi s’est transformé en société de portefeuille également cotée. Ce statut correspond à une entreprise dont l’activité principale consiste à détenir et gérer des participations dans d’autres firmes, généralement sous forme d’actions ou de parts sociales.

Cette opération a été conçue pour maximiser la valeur des actifs, mais elle a surtout suscité de vives critiques de la part des actionnaires minoritaires. Le fonds CIAM a ainsi intenté plusieurs procédures pour protester contre la scission, estimant que celle-ci favorise l’actionnaire principal, Bolloré SE, au détriment des autres. Aucune sortie équitable ne leur aurait été offerte.

Et CIAM vient d’obtenir gain de cause. La Cour d’appel a tranché que Vivendi était contrôlée « de fait » par Vincent Bolloré. Auparavant, l’AMF avait estimé que le groupe Bolloré ne pouvait « pas être considéré comme contrôlant » Vivendi. En conséquence, il n’était pas dans l’obligation de déposer une offre publique de retrait, une pratique consistant à racheter des actions aux actionnaires minoritaires.

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© Andres Serna Pulido / Shutterstock.com

Une « grande victoire »

L’AMF a donc été exhortée par la Cour d’appel à se replonger dans cette affaire afin d’évaluer ses conséquences sur les actionnaires minoritaires. Ce qui pourrait déboucher sur une offre publique de retrait, et pourrait s’avérer particulièrement onéreux pour le milliardaire.

De quoi ravir CIAM. « Cette décision (…) est une grande victoire pour les actionnaires minoritaires », a réagi Catherine Berjal, son associée gérante. « Le groupe Bolloré aurait dû proposer aux actionnaires minoritaires de sortir avant, pour ceux qui le souhaitaient, au juste prix », a pour sa part expliqué Julien Visconti, avocat du fonds.

De son côté, Vivendi « prend acte de la décision de la Cour d’appel de Paris de ce jour qui annule la décision de l’AMF », déclare le groupe dans un communiqué. Il « reste confiant dans la capacité de la scission à créer de la valeur à long terme pour toutes les parties prenantes, ainsi que dans le développement opérationnel et boursier des quatre entités concernées ».

  • La Cour d’appel de Paris demande à l’AMF de se pencher à nouveau sur la scission de Vivendi.
  • Une offre publique de retrait pourrait finalement être envisagée.
  • Cela permettrait aux actionnaires minoritaires de revendre leurs actions, mais pourrait coûter cher au groupe Bolloré.

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