L’économiste Flavien Neuvy était l’invité de franceinfo dimanche 16 octobre. L’occasion de revenir sur les nouvelles mesures en faveur des voitures électriques annoncées par Emmanuel Macron un peu plus tôt dans la journée – tout en dressant un état des lieux des “forces vives” disponibles dans le pays.
Et le constat, c’est que l’ambition de l’exécutif d’une filière automobile électrique 100% française est encore loin d’être réalisable. En effet, affirme l’économiste, “les Chinois ont 15 ans d’avance sur nous”. Tout en soulignant que l’objectif esquissé par le chef de l’Etat est réellement “un enjeu de souveraineté industrielle et de concurrence internationale”.
La France devra continuer de miser sur les subventions pour achever ses objectifs
L’économiste pense que le principal obstacle à la réalisation de l’ambition française est le prix de ce type de véhicules. Les voitures électriques restent trop chères par rapport aux voitures essence et diesel. Ce qui fait dire à Flavien Neuvy que le bonus écologique (et son augmentation dès l’année prochaine) sont indispensables pour le secteur.
L’Elysée va également lancer une offre de voiture leasing à 100 euros par mois pour les foyers les plus modestes. Une autre belle incitation, mais l’économiste avertit : vu le prix des voitures électriques vendues en France, l’Etat devrait largement subventionner ce dispositif – qui risque donc d’être très ciblé.
Enfin le “bouclier tarifaire” sera étendu aux bornes de recharge électriques pour éviter la flambée des prix de l’électricité. Le secteur automobile a besoin d’une vraie injection de capitaux par ce genre de dispositifs conçus pour stimuler la demande – mais il reste encore à déterminer si ces aides tous azimuts seront suffisantes.
Emmanuel Macron a en effet dessiné des objectifs de transition énergétique particulièrement ambitieux pour le secteur automobile français. Le président de la République souhaite entre autres que la production de voitures électriques française passe à 1 million d’unités par an d’ici 2027, le double d’ici 2030, avant d’atteindre 100% de voitures électriques d’ici 2035.
Mais à cela s’ajoute un autre problème : celui de la perception des consommateurs. Car depuis quelques mois la guerre en Ukraine a quelque peu contrarié les engagements des accords de Paris. Partout les centrales au charbon redémarrent, et le secteur des énergies fossiles revient au centre du jeu.
Or, dans un tel contexte, et alors qu’une grande partie des centrales nucléaires en France restent à l’arrêt pour cause de maintenance, il est difficile de comprendre comment le pays va pouvoir absorber une explosion de voitures électriques sur les routes.
Heureusement l’extension du bouclier énergétique aux bornes de recharge devrait lever une partie des inquiétudes pour les français prêts à franchir le pas.
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