Comme chaque année, le cabinet de recrutement LHH publie son Observatoire de la performance sociale et des rémunérations. Ce rapport permet de prévoir quelles seront les augmentations moyennes de salaires pour l’année suivante, selon les secteurs d’activité. Et comme on pouvait s’y attendre, 2026 ne sera pas une année spectaculaire pour les salariés, toutes branches confondues.
Bien que l’inflation montre enfin des signes de ralentissement, le contexte social reste fébrile, aussi les entreprises jouent la carte de la stabilité pour 2026. Le budget moyen alloué aux augmentations salariales sera de 2 % tous secteurs réunis. Un chiffre en ligne avec l’année précédente qui traduit le retour à des pratiques similaires à celles d’avant la crise Covid. « Dans un contexte politique, économique et social encore sensible malgré la stabilisation de l’inflation, les entreprises sont prudentes dans leurs prévisions budgétaires », souligne Delphine Landeroin, directrice Conseil chez LHH.
En pratique : plus de 8 entreprises sur 10 (82 %) prévoient tout de même un budget dédié aux augmentations, signe d’un marché du travail toujours en tension et désireux de fidéliser ses talents. Néanmoins, finis les coups d’éclat de la période post-Covid, la hausse globale reste bien en retrait même si certains secteurs seront plus gâtés que d’autres.
En tête, la banque table sur une progression moyenne de 2,5 % en 2026, suivie de l’assurance et des mutuelles (2,4 %). Les secteurs des produits et biens d’équipement oscillent autour de 2 %, tandis que l’agroalimentaire ferme la marche avec 1,5 %. Pas de quoi se payer des vacances aux Seychelles non plus.
Travailler plus pour gagner plus ?
Si l’on détaille ces hausses par filière et statut, l’évolution est là encore modérée. En 2025, le salaire médian de base des cadres est monté à 53 400 euros brut annuels (hors primes et variables), contre 32 200 euros pour les non-cadres. Bonus inclus, il grimpe respectivement à 56 400 euros (cadres) et 33 700 euros (non-cadres). Les inégalités hommes-femmes persistent : le différentiel moyen atteint 1,4 % à critères égaux chez les cadres.
Sans réelle surprise, l’Ile-de-France continue d’afficher des rémunérations supérieures à la province, avec un écart moyen de 6 %. Ne comptez pas sur un rééquilibrage, au moins à court terme, tant l’écart est énorme. Dans ce contexte budgétaire, les entreprises multipient les dispositifs alternatifs pour préserver l’attractivité salariale ou garder leurs talents : 88 % des groupes employant des cadres proposent désormais des formules d’épargne salariale à leurs collaborateurs. D’autres proposent plus de flexibilité entre vie pro et perso en intégrant du télétravail dans leurs négociations.
Plus intéressant, l’année 2026 pourrait être celle du retour à la méritocratie. Puisque les budgets sont limitées, les entreprises chercheraient à récompenser les salariés les plus impliqués. Ainsi, il faut plutôt s’attendre à des augmentations individualisées ainsi qu’à un ciblage des profils à haut potentiel. En dehors des groupes affichant de fortes marges de manœuvre (banque, assurance), la plupart des entreprises miseront sur des hausses modérées réservées aux collaborateurs jugés les plus stratégiques. Mais là encore, il existe de nombreuses disparités : les professionnels de la tech ou du conseil, souvent rares et courtisés, pourront encore prétendre à de généreuses revalorisations. Ailleurs, la progression restera discrète.
En résumé, si vous espériez une augmentation significative de votre salaire pour 2026, vous allez déchanter, et ce quelle que soit votre implication. Sauf pour de rares exceptions. Si nous n’avions qu’un conseil à vous donner : rendez vous indispensable.
- La hausse globale des salaires en 2026 sera modérée : +2 % en moyenne, tous secteurs confondus, avec la banque et l’assurance en tête.
- Les écarts restent marqués entre cadres (53 400 €/an) et non-cadres (32 200 €/an), avec des disparités hommes-femmes et province/Île-de-France persistantes.
- Plus de 80 % des entreprises prévoient un budget d’augmentation, mais la tendance est à la personnalisation, avec des hausses réservées aux profils stratégiques ou rares.
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