On savait des microplastiques ; particules de plastique de moins de 5 millimètres de diamètre ; qu’ils sont malheureusement partout : dans les océans, les sols, l’air, et même notre cerveau. C’est le prix à payer de la modernité : de substance miracle dans les années 1950, le plastique est désormais une source omniprésente et presque infinie de pollution, dont nous peinons à nous défaire.
Une étude pilote présentée le mardi 25 mars lors de la réunion de l’American Chemical Society vient de prouver que l’on retrouvait des microplastiques en masse dans une confiserie très banale : le chewing-gum.
Goût menthe, arrière-goût plastique
Les chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles ont analysé dix marques commerciales de chewing-gum – un échantillonnage équilibré entre gommes synthétiques et naturelles. Ils n’ont sollicité qu’une seule personne en lui demandant de mâcher sept exemplaires de chaque marque. Cela peut paraître étrange, mais cette méthodologie permet d’éliminer les variations interindividuelles et de standardiser l’expérience.
Après analyse, il s’avère que la seule action mécanique de mastication libère en moyenne 100 particules de microplastiques par gramme de gomme, avec des pics atteignant 600 particules pour certaines marques. Le pire, c’est que 94 % de cette libération se produit dans les huit premières minutes – précisément pendant la période où le goût du chewing-gum reste agréable.
« Nous ne cherchons pas à créer la panique », nuance Sanjay Mohanty, co-auteur de l’étude. Une affirmation qui peut un peu étonner, mais en réalité, le chercheur souligne surtout que l’ingestion quotidienne de microplastiques est déjà prouvée par plusieurs études, et que le chewing-gum en constitue une source additionnelle.
Naturel ou synthétique : même combat
Les chewing-gums estampillés « naturels » libèrent tout autant de microplastiques que les synthétiques. Lisa Lowe, une étudiante diplômée du laboratoire de Mohanty qui a participé à la recherche, explique : « Notre hypothèse de départ était que les gommes synthétiques contiendraient beaucoup plus de microplastiques, car leur base est un type de plastique ».
En effet, les chewing-gums synthétiques sont principalement composés de polymères de base, qui leur donnent cette texture caoutchouteuse, c’est-à-dire des dérivés de plastique. Les gommes naturelles, quant à elles, sont faites à base de chicle (sève naturelle provenant du sapotillier, un arbre originaire d’Amérique centrale) et autres résines naturelles. Toutefois, il est très courant de retrouver aussi des polymères dans ces gommes, vendues comme des alternatives plus vertueuses pour la santé.
Pour un consommateur moyen mastiquant entre 160 et 300 chewing-gums chaque année, il pourrait donc avaler l’équivalent de 30 000 particules de microplastique ! Un chiffre probablement sous-estimé, les instruments utilisés ne détectant que les particules supérieures à 20 µm.
Une dimension à ne pas négliger : l’impact environnemental qui persiste après la consommation. « Le plastique libéré dans la salive ne représente qu’une fraction minime du plastique contenu dans le chewing-gum », rappelle Mohanty. Une manière polie de nous rappeler qu’un chewing-gum bien essoré et mâché jusqu’à la moelle doit être jeté à la poubelle et non abandonné sauvagement sur un coin de trottoir.
- Une étude révèle que mâcher un chewing-gum libère des centaines de particules issues de plastiques, surtout dans les premières minutes.
- Les versions dites « naturelles » ne sont pas épargnées et contiennent souvent des composants similaires aux produits synthétiques.
- Ce geste quotidien expose non seulement notre corps à des particules indésirables, mais contribue aussi à une pollution durable une fois recraché.
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