Revolut, Starling Bank, N26, Chime… toutes ces néobanques aux millions de clients auraient sûrement rêvé de voir entrer à leur capital le milliardaire Warren Buffett et sa société d’investissement Berkshire Hathaway.
Pendant longtemps, un tel événement était de l’ordre de l’impossible. Le portefeuille d’entreprises dans lesquelles l’homme détenait des parts comprenait seulement des établissements traditionnels pour ce qui est du secteur bancaire.
Le coup de théâtre s’est produit lundi, lorsque la néobanque brésilienne Nubank a annoncé une nouvelle opération de financement de 750 millions de dollars pour un complément de la série G de janvier.
Son nom est inconnu des radars en Europe, elle est pourtant la première néobanque au monde avec plus de 40 millions de clients. Berkshire Hathaway a pour sa part injecté 500 millions de $ et donné un vent d’optimisme pour tout un secteur.
La première néobanque mondiale
Le plus insolite dans l’histoire de Nubank est que contrairement à ses concurrents européens, son coût marketing est nul. La néobanque compte exclusivement sur le bouche-à-oreille et cela semble marcher au Brésil.
Il faut dire que la clientèle était là dès le départ : le nombre de résidents qui n’ont pas accès au système bancaire classique s’élève à 60 millions et Nubank plaît par ses offres gratuites et accessibles. En effet, à travers ses 110 millions d’actifs, le Brésil ne compte que 50 millions de personnes titulaires d’un compte courant et détenteurs d’une carte bancaire.
Parmi les entreprises de la fintech à avoir vu leur taille grossir de façon exponentielle, Nubank est loin d’être en retrait. Actuellement, sa valorisation est estimée à plus de 30 milliards de dollars, déjà cinq milliards de plus que lors de la précédente estimation il y a cinq mois. Il y a un an, elle dépassait les 25 millions d’utilisateurs, soit 15 millions de moins qu’aujourd’hui.
Pour en arriver à de telles performances, Nubank s’est tourné vers le Mexique et la Colombie également. Au Brésil, elle continue de renforcer son offre : les prêts et assurances sont arrivés, en plus du trading (elle a racheté la plateforme Easynvest au mois de septembre, sa troisième acquisition de l’année).
Le symbole Buffett
Star des investisseurs de long terme, Warren Buffett n’avait jamais investi dans une banque en ligne et encore moins une néobanque partie de rien. Pour la société comme pour le secteur, cette entrée au capital sera reçue comme une validation d’un modèle et d’un marché face aux banques traditionnelles et aux nouvelles fintech du paiement.
En finance, Berkshire Hathaway possède notamment Goldman Sachs, American Express ou encore le fournisseur de solution de gestion de risque Moody’s dans sa liste d’actifs. En informatique, la société est très peu exposée, mais reste bien évidemment connue pour être devenue actionnaire de la société Apple, dont elle possède aujourd’hui 5,32 % de parts.
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