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Webcams, laptops, la révolution de la vidéoconférence passera aussi par une innovation de rupture dans le hardware

Avec la crise du Covid-19 la vidéoconférence connait une croissance jamais vue, générant de nouveaux usages qui vont nécessiter une évolution rapide des équipements et des technologies.

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© Zoom

S’il est un secteur de l’économie qui – sans tomber dans le cynisme – se frotte les mains avec la crise actuelle, c’est bien celui de la vidéoconférence. Tous les acteurs du marché connaissent une forte progression de leur activité, mais on dirait que c’est Zoom qui remporte la palme de la croissance spontanée puisque la plateforme de web conférence est passé de 10 à 300 millions d’utilisateurs quotidiens en à peine un trimestre. Le fait le plus marquant dans ce phénomène étant probablement que Zoom, qui est à l’origine un service dédié aux entreprises et aux professionnels, connait cette croissance grâce à une adoption en masse dans le grand public, chez les particuliers, en famille ou entre amis.

Mais le marché était de toute façon déjà porteur avant la crise du coronavirus. De plus en plus, nombre d’entreprises traquent les dépenses jugées superflues et remplacent les voyages pour des séminaires au bout du monde par des visioconférences. La préoccupation environnementale joue aussi un rôle important dans cette nouvelle façon de se réunir, et la « honte de l’avion » prônée par les écologistes y est sûrement pour quelque chose.

Selon diverses études, le marché mondial de la vidéoconférence était évalué à 3,85 milliards de dollars en 2019 et devrait enregistrer un taux de croissance annuelle de 9,9 % entre 2020 et 2027. Des chiffres qui seront très certainement largement revus à la hausse suite à la crise que nous traversons.

Visioconférence, plusieurs public, plusieurs usages

Mais quand on dit « visioconférence », de quoi parle-t-on exactement ? Le champ est vaste, et à chaque dénomination pourrait presque correspondre un usage et un segment du secteur. Il y a le live streaming tel qu’on peut le pratiquer sur Facebook Live, Instagram Live, YouTube Live ou encore Twitch. Une discipline généralement « one to many », à savoir un speaker s’adresse à une assemblée de personnes non limitée en nombre, qui capte l’émission en direct au moment où elle est diffusée, sans avoir à s’inscrire préalablement. C’est presque de la télé, et c’est généralement le domaine de prédilection des gamers et streamers, mais aussi des artistes (notamment sur Instagram en ce moment) ou encore des coachs. Il y a ensuite les webinaires, des séminaires en ligne, également en direct, qui sont généralement l’adaptation et la reproduction par écran interposé de séminaires classiques, avec un nombre de participants limités et une inscription préalable, le plus souvent gratuite, mais parfois payante. Les outils de prédilection pour cet usage sont Google Meet, Microsoft Teams et également Zoom, parmi de nombreux autres. Enfin, il y a les conversations vidéo privées entre personnes d’une même famille, d’une communauté ou entre amis, dans lesquelles plusieurs participants peuvent échanger de façon synchrone et horizontale à partir de plusieurs lieux distincts, « many to many ». Dans ce cas on utilisera davantage FaceTime, WhatsApp ou Skype, mais aussi et encore Zoom.

Cette croissance massive de la vidéoconférence, qui est en train de s’inscrire dans les usages courants, en entreprise ou chez les particuliers, nécessite d’importants investissements de la part des plateformes, d’une part pour faire face à l’afflux de connexions et donc à une demande accrue en bande passante et en serveurs (Zoom vient de confier la gestion des siens à Oracle Cloud), mais également pour améliorer leur sécurité et proposer de nouveaux services. Il ne se passe pas une semaine depuis l’explosion des audiences sans qu’une plateforme n’annonce pas de nouveautés dans ses fonctionnalités, comme nous l’avons encore vu il y a quelques jours avec Google Meet, pour ne prendre qu’un exemple.

Et puis, à la faveur de ce coup de projecteur inattendu, d’autres acteurs émergent, des startups proposant des innovations qui visent à améliorer l’expérience de la visioconférence, en la rendant plus fluide, plus intuitive, en un mot plus intelligente. C’est le cas d’Around par exemple, qui propose une façon d’interagir particulièrement innovante à base d’intelligence artificielle.

Une question d’équipement

Mais, si les plateformes innovent et cherchent à proposer un usage toujours plus facilité de la visio, tout n’est pas qu’affaire d’algorithmes. Qu’en est-il en effet du hardware ? Dans ce marché en pleine croissance, on entend peu parler de cette partie de l’équation qui parait pourtant indispensable à l’émergence de nouveaux usages. Car pour réussir une bonne communication vidéo en direct, il faut avant tout disposer du bon matériel, or dans ce domaine, il semblerait que rien n’ait vraiment bougé depuis quelques années.

De quel matériel parle-t-on ? Tout simplement de tout ce qui va permettre de transmettre une image et un son de qualité, à savoir, en premier lieu, la caméra et le micro. Il y a deux cas de figure : soit vous faites une visio dans un cercle privé (famille, amis) et vous utiliserez certainement votre smartphone ou votre tablette, et dans ce cas la qualité de l’image devrait être suffisante, soit vous êtes en contexte professionnel et alors il y a de fortes chances pour que vous soyez sur votre laptop. Si vous faites partie de l’audience, sans interaction, ce n’est pas gênant. En revanche si c’est vous l’émetteur, il risque d’y avoir un petit problème. Car, à quelques exceptions (coûteuses) près, la plupart des ordinateurs portables sont dotés d’une webcam de qualité médiocre, ainsi que d’une carte graphique faiblarde. Sans parler du micro intégré, qui va non seulement trahir votre voix, mais va s’ingénier à capter tous les sons et bruits ambiants.

De fait, les webcams, qui sont pourtant au centre du dispositif, en constituent souvent le maillon faible. Il y a évidemment des solutions à cela. Il ne faudra pas hésiter à investir dans une webcam externe (par exemple une Logitech de la gamme 920 ou Brio) et pourquoi pas dans un micro-cravate (Rode SmartLav+ par exemple). Vous pouvez aussi utiliser votre smartphone comme webcam (USB ou WiFi) à l’aide d’applications comme EpocCam ou iVcam, et donc bénéficier de la qualité des optiques de votre téléphone.

Mais la recherche de qualité n’est qu’une partie de la question. Nous parlons d’un secteur en forte croissance, et qui dit croissance dit forcément exigence d’innovation. Or, à part améliorer la qualité des capteurs, on dirait que les nouveautés en matière de webcam soient un peu au point mort. Il va pourtant falloir que les constructeurs s’adaptent et participent au mouvement en proposant des appareils qui répondent aux évolutions qui ne vont pas manquer de déferler dans le secteur. Petit exercice de prospective : voici ce nous imaginons pouvoir arriver dans un futur assez proche.

Les webcams et laptops multi-angle

De nombreux smartphones sont aujourd’hui dotés de plusieurs capteurs photo, permettant – comme l’iPhone 11 Pro par exemple – de capter une scène sous différents angles. Pourquoi ne pas imaginer la même dotation sur une webcam, qui, pilotée par un algorithme, serait capable de s’adapter à votre présentation pour vous filmer selon différents angles, de façon intelligente, sans intervention manuelle, en analysant votre discours pour changer d’angle selon son contenu ou vos changements de posture. Cela permettrait certainement de rendre les vidéoconférences plus vivantes, et donc de mieux capter et retenir l’attention d’une audience. Mevo propose depuis quelques années quelque-chose de ce style, et il ne serait pas étonnant que cela se généralise à d’autres fabricants. On attend toujours, cela dit.

Plusieurs fabricants proposent des solutions de ce type, mais elles ne sont pas intégrées, restent relativement coûteuses et sont davantage réservées au marché des entreprises, et pour des conférences « many to many ». C’est le cas par exemple de la ConferenceCam Connect Logitech.

Idem pour les laptops : pourquoi ne pas installer deux ou trois webcams, une en haut au centre de l’écran à se place habituelle, et deux autres sur les côtés, avec des lentilles différentes, une grand angle et une téléphoto ?

Des webcams et laptops avec flash intégré

Il y a bien un flash (photo et vidéo) sur votre smartphone, non ? Alors pourquoi ne pas imaginer la même chose sur une webcam ? Cela permettrait de jouer avec l’éclairage dans un environnement sombre et d’ainsi améliorer la qualité de la vidéo. Sur un laptop, on peut imaginer une double-LED de part et d’autre de la caméra intégrée en haut de l’écran, permanente ou amovible, à clipser selon besoin.

Les webcams avec floutage du fond intégré

Flouter l’arrière-plan pendant une présentation en vidéo présente plusieurs avantages, qu’ils soient d’ordre esthétique ou pratique. Se présenter devant un arrière-plan flouté va permettre de mieux ressortir et donc encore une fois de mieux capter l’attention. D’autre part, un fond flouté donne un relief esthétique et un ton professionnel à une vidéo face caméra. Enfin, cela permet éventuellement de masquer un arrière-plan en désordre ou pas très valorisant. Des outils comme Skype ou Teams permettent de flouter le fond à l’aide d’un algorithme d’intelligence artificielle qui sait faire la différence entre le premier plan et l’arrière-plan et qui détoure le sujet en temps réel. Zoom permet quant à lui de remplacer votre arrière-plan par un fond virtuel. Pourquoi ne pas imaginer une webcam avec un capteur à ouverture réglable afin d’obtenir le même effet de façon naturelle et mécanique sans passer par un algorithme très gourmand en ressources ? Un tel dispositif plug and play pourrait être utilisé sur toutes les plateformes sans réglage particulier et sans ajout de logiciel au rendu hasardeux. Bien sûr on peut utiliser certains appareils-photo reflex en webcam mais à part quelques YouTubeurs personne ne le fera, a fortiori pour du direct.

Des laptops avec webcam… télescopique

Vous l’avez certainement remarqué, quand vous utilisez votre laptop posé sur une table pour faire une vidéoconférence, la configuration de celui-ci et le positionnement du capteur de la caméra vous filment exactement dans le pire angle : incliné et par en-dessous. Ce qui vous donne ce look tête de poire particulièrement seyant. Là encore, les fabricants d’ordinateurs portables n’ont jamais beaucoup innové en la matière, alors qu’il serait probablement assez simple d’avoir un système de « pop-up webcam » sur un support télescopique intégré au dos de l’écran (cela se fait bien sur certains smartphones) afin de pouvoir hisser l’objectif de la caméra au niveau des yeux.

Des webcams avec entrée micro intégrée

En matière de vidéo, contre toute attente, la qualité du son est primordiale. Tous les pros du secteur vous le diront : on peut réussir une visio avec une image moyenne si le son est d’excellente qualité, alors qu’une vidéo avec une superbe image et un son médiocre fera fuir votre audience. Les micros intégrés dans les dernières générations de webcams sont généralement de bonne qualité, mais rien ne vaut un vrai micro directionnel positionné à proximité de la bouche. On peut évidemment brancher son micro mais si on utilise déjà une webcam externe, cela peut créer des conflits que personne n’a envie de gérer avant une vidéoconférence, au risque de se retrouver sans son. Dans ce cas, pourquoi ne pas imaginer tout simplement une entrée jack 3,5 micro directement dans la webcam, comme sur une GoPro, pour pouvoir y brancher son micro sans se prendre la tête à aller chercher les réglages dans les settings de l’ordinateur ?

Des webcams qui suivent le sujet

Enfin, dernière innovation possible, reprendre le principe de l’Osmo Pocket, une mini-caméra que nous avions testée ici à sa sortie, montée sur un stabilisateur et dotée de FaceTrack, un programme qui lui permet de se verrouiller sur votre visage et de le suivre. Un dispositif qui sur une webcam donnerait une certaine liberté de mouvement au speaker, pour lui permettre par exemple de se déplacer devant l’objectif tout en restant au centre de l’attention.

Dans le domaine foisonnant de la téléconférence, il y a certainement d’autres pistes à explorer, comme la reconnaissance faciale ou l’optimisation du son de la voix, ainsi que la prise en compte du contexte professionnel, puisque le matériel nécessaire pour une téléconsultation médicale ne sera probablement pas le même que celui qu’on utilisera pour une réunion marketing. Mais, si une partie de l’innovation répondant à ces nouveaux usages pourra être adressée par software, les capteurs restent incontournables et constituent la base d’une communication réussie. Les constructeurs devraient mettre rapidement leur R&D sur le sujet.

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. Julien H

    18 mai 2020 at 18 h 39 min

    On va peut-être ENFIN avoir des entreprises qui vont investir dans les webcam plutôt que la taille des écrans. Sans parler des micros par rapport au nombre de Go du disque dur… Mais il faut aussi critiquer les industriels : quelles qualités médiocres pour leur caméra et micro… Pourquoi les PC sont si mal équipes ? Maintenant tout cela va changer et heureusement. ENFIN un pc vraiment multimédia 🙂

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