Depuis ce week-end, les 22 millions d’utilisateurs de X (anciennement Twitter) au Brésil ne peuvent plus se connecter. Il ne s’agit en aucun cas d’un bug, mais bien d’un blocage décidé par la Justice du pays. Les récalcitrants qui se tournent vers des VPN s’exposent d’ailleurs à une amende salée de 8000 dollars. Dès lors, bon nombre d’entre eux ouvrent un compte sur Bluesky. L’occasion pour nous de rappeler les faits et de voir si une telle interdiction est possible en France et en Europe.
Un combat entre Elon Musk et la justice brésilienne
Le juge de la Cour suprême brésilienne, Alexandre de Moraes, a tranché. Après plusieurs mois de tension avec la plateforme et Elon Musk lui-même, il a ordonné le blocage de X dans le pays. Il reproche avant tout au service la diffusion de désinformation. Ces accusations reposent notamment sur une enquête sur une potentielle tentative de coup d’État de Jair Bolsonaro en 2023. Des figures soutenant l’ancien président ont été rétablies sur le réseau social par le boss de Tesla au nom de la liberté d’expression.
Face à cette initiative, le juge de Moraes avait déjà infligé des amendes à X. De son côté, et loin de renoncer à cette réhabilitation de personnalités d’extrême droite, Elon Musk exigeait au contraire la démission du magistrat.
Comme le détaille Le Figaro, l’opposition est encore montée d’un cran lorsque Alexandre de Moraes a ordonné le gel des avoirs de Starlink au Brésil afin de récupérer les amendes non payées par X. Elon Musk a alors décidé de fermer ses bureaux dans le pays. Le juge a ensuite posé un ultimatum de 24h sous peine d’interdiction. En l’absence d’acceptation du milliardaire, X est finalement bloqué depuis le vendredi 30 août.
Un blocage qui pourrait durer
X est interdit pour une durée non définie au Brésil. En clair, si l’entreprise paie ses amendes et accepte de se plier à la loi, le service sera rétabli, mais dans le cas contraire, cela pourrait s’éterniser.
Le Brésil est loin d’être le seul pays où le réseau social est interdit. La liste est d’ailleurs longue : Russie, Chine, Iran, Corée du Nord, Venezuela… D’autres États avaient suspendu la plateforme par le passé avant de la rétablir. Il en va ainsi du Pakistan, de la Turquie, ou encore de l’Égypte.
Et en Europe ?
Le cas brésilien nous amène à nous interroger sur l’Union européenne où une procédure formelle d’infraction a été ouverte contre X, notamment pour des efforts de modération jugés insuffisants. Dans le cadre du Digital Services Act (DSA), une enquête approfondie peut ainsi entraîner des sanctions pouvant déboucher sur des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial d’une société, voire son interdiction d’accès à l’UE.
Nous n’en sommes toutefois pas encore là. Il ne s’agit que d’un ultime recours et ce n’est prévu qu’en cas de récidive. De plus, une telle décision n’est pas que juridique, mais aussi politique et nul doute que le débat serait enflammé à ce sujet au sein des États membres.
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La France ne le fera pas, ils sont trop soumis aux lobbies et autres “grands chefs”
L’argument de la liberté d’expression au sens d’absolue s’inscrit dans celui d’une liberté tous azimuts tout autant absolue, laquelle vient nourrir une pseudo-légitimité du refus de toute autorité : ainsi une moto sur roue arrière qui vient tuer une gosse, ainsi le refus d’obtempérer qui vient balayer la vie d’un gendarme, ainsi le patron de ‘Telegram’ qui laisse tout filer – tout – sur ses réseaux et n’entend rapporter aux autorités quelque data que ce soit fut-il criminel, ainsi le patron de X qui prétexte pareillement une “liberté d’expression” sans entrave aucune pour légitimer jusqu’aux fake news les plus notoires, celles du conspirationnisme en particulier.
Quand entendront-nous raison, à savoir que selon le vieil adage “ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre” ?
Que l’on donne à cet impératif un sens humaniste ou spiritualiste, ce sera toujours celui qui entend permettre à chacun de vivre avec l’autre sur une base commune, une base basique, universelle.
J’entendais hier soir sur LCI, dans le débat sur cette chaîne qui confronte régulièrement Daniel Cohn-Bendit à Luc Ferry, ce dernier (Luc, pas Danny !), que l’on ne peut certainement pas taxer de marxisme, exprimer l’idée que la racine de ce refus planétaire de quelque autorité que ce soit était toute dans le capitalisme, celui, sauvage, lequel par sa manipulation des esprits visant à les libérer des entraves d’une moral contraignante, pousserait à consommer toujours davantage (l’idée est là, je n’ai plus en tête ses paroles exactes).
Il me semble qu’il s’agit de bien comprendre que le business, celui qui fonde la philosophie politico-économico-financière du capitalisme ultra-libéral (on ne parle pas d’économie de marché) est en voie de déséquilibrer la planète entière tant il entend se libérer de toute entrave à son épanouissement qu’il veut illimité, de toute entrave fusse-t-elle humaniste, religieuse, morale : tout est balayé au nom d’un dieu marchand qui n’aurait de compte à rendre à personne, à quelque autorité que ce soit. L’honnête homme, comme on disait autrefois, ne doit pas participer à ce lavage des cerveaux, quelle que soit son affiliation politique : nous avons une conscience, laissons-la s’exprimer, sachons l’entendre.