L’année 2026 n’est pas encore finie, mais elle est déjà hors norme à bien des niveaux. Entre l’avènement de l’IA qui consomme une quantité astronomique de ressources tout en monopolisant la production de mémoire et la guerre de Trump au Moyen-Orient qui déstabilise l’économie mondiale, le monde de la tech est contraint de faire des sacrifices. Chez Xiaomi, ces concessions se traduisent sur la gamme Redmi Note 17 par des fiches techniques en partie à la baisse. En partie seulement puisqu’on y aperçoit tout de même des batteries plus généreuses.
Comment ces compromis se traduisent-ils concrètement sur le Xiaomi Redmi Note 17 Pro ? Après une semaine d’utilisation, je peux désormais répondre à cette question en détail. Et il y a de quoi être étonné.
Précisons que Xiaomi n’a pas sorti de Redmi Note 16 Pro, nous comparerons donc ce modèle au Redmi Note 15 Pro sorti en début d’année.
Prix du Xiaomi Redmi Note 17 Pro
Le Xiaomi Redmi Note 17 Pro est disponible à l’achat depuis le 17 septembre 2026 au prix de 453 euros en version 6+256 Go et de 503 euros pour la version 8+512 Go.
Pour rappel, son prédécesseur était proposé en janvier dernier à 399 euros avec 8+256 Go ou à 429 euros avec deux fois plus de capacité de stockage.
Un design céleste
En déballant le Redmi Note 17 Pro pour la première fois, ce qui m’a marqué, c’est l’originalité de sa robe. Oubliez les couleurs unies, les dégradés ou les effets texturés, Xiaomi a opté pour un motif de ciel nuageux ; je m’attendais presque à entendre le générique des Simpson en le prenant en main. L’effet est par ailleurs très bien réalisé, avec un reflet faisant varier la teinte selon l’angle malgré le revêtement mat.

Son gabarit ne laisse pas indifférent non plus. Malgré une diagonale d’écran qui ne change pas, le Redmi Note 17 Pro gagne en épaisseur et en poids. On passe donc respectivement de 7,96 à 8,6 mm et de 210 à 225 g. Ce changement s’explique assez facilement par l’augmentation conséquente de la capacité de sa batterie, mais on arrive dans la catégorie des smartphones massifs qui ne plairont pas à tout le monde, notamment celles et ceux qui préfèrent leur téléphone petit et léger.
Outre ce choix assumé, le Redmi Note 17 Pro ne dénote pas en 2026. Tranches plates aux arêtes arrondies pour une meilleure prise en main, boutons concentrés à droite et accessibles, objectifs photo protubérants… bref, une excellente représentation de la locution « on ne change pas une équipe qui gagne ».

Autre point qui ne change pas : sa résistance. Revêtement Gorilla Glass Victus 2 (contre les rayures et les chocs) et certification IP68 (contre l’eau et la poussière) sont toujours de la partie.
Un écran sans HDR
Le Redmi Note 17 Pro est équipé d’une grande dalle de 6,83 pouces de définition 1,5K (1280 x 2772 pixels) et pouvant s’actualiser jusqu’à 120 Hz. Xiaomi annonce une luminosité pouvant culminer à 3500 nits, ce qui est bien évidemment obtenu dans des conditions bien particulières. Quoi qu’il en soit, il reste lisible en plein soleil, sous réserve éventuellement de passer un coup de chiffon dessus au préalable pour retirer les traces de doigts qui ressortent à la lumière.
Malgré cette haute luminosité, il est surprenant de voir que Xiaomi n’intègre pas de HDR. S’il est courant de faire l’impasse sur le coûteux Dolby Vision, l’absence de HDR10(+) est particulièrement notable et dommageable.

Ce qu’on apprécie en revanche, c’est sa fréquence PWM (Pulse Width Modulation) élevée. Ce scintillement de l’écran est ici fixé à 3840 Hz, ce qui permet de réduire les inconforts visuels et les maux de tête lors des usages prolongés, notamment à faible luminosité.
Une autonomie étonnante
Le principal argument du Redmi Note 17 Pro est très certainement son énorme batterie silicium-carbone de 8340 mAh. Xiaomi annonce ainsi une autonomie de trois jours, mais dans les faits, c’est un peu plus compliqué. S’il tient bien en veille et sur des usages quotidiens légers, au point d’atteindre sans forcer les deux jours à deux jours et demi d’autonomie, il peine davantage à supporter les charges lourdes du GPU. Attention aux jeux donc.
Ce qui étonne le plus, c’est que le Redmi Note 15 Pro proposait peu ou prou la même autonomie avec un accumulateur de 6580 mAh « seulement ».

Cette taille de batterie présente cependant un inconvénient : le temps de charge. Avec son HyperCharge 67 W (chargeur vendu séparément), pourtant bien plus rapide que ses concurrents, il lui faut environ 1h40 pour se charger complètement. C’est surtout à faible remplissage que l’intérêt se fera remarquer, 30 minutes permettent de récupérer près de 50 % de charge en partant de 0, ce qui représente tout de même une bonne journée d’utilisation (hors jeu).
Bien que très occasionnel, on apprécie la charge inversée à 22,5 W. C’est presque aussi rapide que la charge de certains téléphones haut de gamme.
Des performances en baisse
Le Redmi Note 15 Pro est équipé d’un MediaTek Dimensity 7400 Ultra, dont Pierre disait qu’il « se débrouille pour la vie de tous les jours », mais nécessite quelques compromis sur les graphismes dans les jeux les plus gourmands. Son successeur embarque quant à lui un Snapdragon 6s Gen 4, une puce plus récente, mais avec des fréquences d’horloge moins élevées. Que ce soit sur le papier ou dans les benchmarks, il s’agit donc d’une légère régression. De plus, la RAM était de 8 Go minimum alors que nous avons désormais le choix entre 6 ou 8 Go (c’est cette dernière version que nous avons en test).
Au quotidien, on remarque de discrets ralentissements lors de certains chargements, lors de la première ouverture de Google Discover par exemple. Mis à part cela, la fluidité du système reste tout à fait correcte.

Comme pour son prédécesseur, c’est davantage dans les jeux gourmands que vous ressentirez les limitations techniques du téléphone. Sur Fortnite par exemple, avec les paramètres réglés sur « élevé » et les textures à 100 %, le jeu oscille entre 60 FPS dans les moments vides à… 12 FPS au plus fort de l’action. Ai-je tout de même réussi à finir TOP 1 dans ces conditions ? Étonnamment, oui. Était-ce une expérience agréable ? On a connu mieux. Pareil sur Genshin Impact, en élevé, il tourne avec de petits ralentissements par moments. La gestion de la chauffe reste toutefois efficace, ce qui évite la perte de performances sur le long terme.
Autre retour en arrière sur le réseau. Alors que le Redmi Note 15 Pro supportait le Wi-Fi 6 (ax), le 17 Pro se contente du Wi-Fi 5 (ac). C’est d’autant plus étonnant que le Snapdragon 6s Gen 4 supporte très bien le Wi-Fi 6.
Une interface toujours surchargée
En sortie de boîte, le Redmi Note 17 Pro tourne sous Android 16 avec HyperOS 3.0. Cette interface présente certains avantages, notamment si vous êtes habitués à iOS et souhaitez rapidement retrouver vos marques. En revanche, elle présente également des défauts importants.
Je ne listerai pas ici la liste de toutes les applications préinstallées, elles sont trop nombreuses (une vingtaine, sans même compter les applications système) et pour la plupart de piètre qualité. Le pire reste cependant les publicités dans les apps de la marque.

Parmi les points positifs, on pourrait citer la personnalisation très poussée, mais ce point est de moins en moins pertinent avec le temps, alors que les concurrents ajoutent des options à leur interface. Le plus étonnant est par exemple le choix de la disposition de l’écran d’accueil, limité à 4×6 (grosses icônes) ou 5×8 (vraiment petites). Xiaomi met en outre en avant du contenu payant réalisé à l’IA dans son application Thèmes, alors qu’il existe tant de bon contenu ailleurs, payant comme gratuit.
Xiaomi promet quatre mises à jour majeures et six ans de patchs de sécurité. On a vu pire, mais la tendance est plutôt de 5 et 7 ans respectivement.
Ceci n’est pas un appareil photo
Dans le célèbre tableau « La Trahison des images », Magritte écrivait sous un dessin de pipe que « ceci n’est pas une pipe », jouant de la différence entre l’objet et sa représentation. Ici, on a beau avoir des objectifs, on ne peut pas réellement dire qu’il s’agit d’un appareil photo tant la qualité laisse à désirer.

S’il arrive à s’en sortir plus ou moins convenablement dans de rares conditions, le résultat est mauvais si :
- vous utilisez l’ultra grand-angle ;
- vous utilisez le zoom numérique x2 de nuit ;
- vous utilisez le mode portrait (catastrophique) ;
- vous utilisez l’appareil photo frontal ;
- la lumière n’est pas optimale ;
- la colorimétrie de la pièce est inhabituelle (ampoule colorée) ;
- le sujet n’est pas parfaitement immobile pendant plusieurs secondes ;
- vous prenez une photo à travers une vitre avec un reflet ;
- la scène comprend des lumières artificielles de nuit ;
- le contraste est trop prononcé, auquel cas les zones sombres seront bouchées ;
- Mercure est en rétrograde ;
- Et j’en oublie certainement…
Bref, réussir à prendre un cliché convenable avec le Redmi Note 17 Pro n’est pas la règle, c’est l’exception. C’est une nette régression par rapport aux générations précédentes. Mais jugez plutôt vous-mêmes :
Notre avis sur le Xiaomi Redmi Note 17 Pro
Mais, que s’est-il passé ? Il est évident que la crise de la RAM et des composants informatiques en général a conduit Xiaomi à réaliser des compromis, mais on se pose alors une question : à quoi bon sortir un téléphone plus cher et moins bon que son prédécesseur ?

On connait pourtant la capacité de Xiaomi à proposer d’excellents rapports qualité-prix. Aussi, on espère que la marque saura rapidement se rattraper sur les prochains modèles, d’autant que le Redmi Note 17 Pro conserve tout de même quelques arguments, tels que son design réussi ou son autonomie plus que confortable. Vivement le 18 Pro !
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