Passer au contenu

Les douches froides sont-elles vraiment bonnes pour votre santé ? Une équipe de scientifiques a voulu vérifier leurs prétendus bienfaits

Une bonne douche matinale à 10 ° C vous assurera, certes, un bon coup de fouet pour vous mettre en route, mais est-ce réellement suffisant pour protéger votre organisme ?

Les douches froides, c’est comme le jus de citron : deux rituels survendus par la secte moderne des lifehackers à la noix et autres influenceurs LinkedIn ou Instagram. Sans même parler de cette sphère, dans votre entourage, peut-être avez-vous aussi quelqu’un qui ne jure que par les douches froides matinales, en assurant que « ça booste l’immunité », qu’elles « réveillent mieux que le café » ou qu’il « ne tombe plus jamais malade ». Des affirmations assénées souvent avec l’assurance d’un marchand de tapis, à deux doigts de sous-entendre que ceux qui oseraient prendre leurs douches à une température normale seraient d’énormes fragiles.

Lena Glaser, psychologue à l’Université de Bâle en Suisse, en a fait l’un des sujets de sa thèse de doctorat. L’article qui en est issu, coécrit avec d’autres chercheurs, a été soumis à la revue Journal of Health Psychology. Même si ses résultats n’ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture, force est de reconnaître qu’ils ne donnent pas entièrement tort aux fervents défenseurs de la douche froide, sans toutefois fermer la porte aux objections des sceptiques.

Un effet placebo qui ne manque pas de fraîcheur

Pour ses travaux, Glaser a compilé les données de trois essais contrôlés randomisés regroupant 719 participants, répartis en deux groupes : un à qui on a demandé de prendre des douches froides régulièrement sur plusieurs semaines et un autre dont les membres conservaient leurs habitudes.

Beaucoup ont abandonné dans les deux premières semaines, mais parmi les participants qui respectaient le protocole (sept douches froides au moins sur dix matinées), entre 77 et 90 % d’entre eux déclaraient effectivement prendre des douches froides chaque semaine, selon les cohortes. « Cela suggère que les gens s’y habituent progressivement », observe Glaser.

En compilant les résultats des trois essais, son équipe a observé que les adeptes de la douche froide ont déclaré qu’ils posaient 31 % de jours de congé maladie en moins et se sentaient malades 26 % moins souvent que ceux qui se douchaient à température habituelle.

Autre constat : ils ont également rapporté un léger mieux-être psychologique, un écart qui se retrouve de manière constante dans les trois essais, considéré comme statistiquement fiable. Le bien-être physique perçu suivait la même courbe, mais les réponses individuelles étaient trop disparates pour en tirer une conclusion ferme : la différence observée peut encore s’expliquer par les variations naturelles entre les participants, sans qu’il y ait de véritable effet des douches froides derrière.

« Nos conclusions sur l’amélioration du bien-être suggèrent que les douches froides pourraient constituer un moyen efficace d’améliorer la santé physique et mentale, contribuant potentiellement à réduire les facteurs de risque à l’origine de l’absentéisme pour maladie », écrivent les auteurs.

Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir douché

L’étude comporte néanmoins plusieurs limites méthodologiques ; la plus importante étant que ses résultats n’ont pas été validés par les pairs, ce qui signifie que ces travaux ne sont pas encore passés par le filtre critique d’autres experts de la discipline, seule étape garantissant la robustesse réelle des conclusions.

Ensuite, toutes les données récoltées relèvent du déclaratif et les chercheurs n’ont pas comparé les groupes tels qu’ils avaient été tirés au sort au départ, mais les ont réorganisés en fonction du nombre de douches froides que chaque participant a réellement prises. Une méthodologie qui peut induire un biais de sélection : ceux qui s’imposent volontairement un rituel inconfortable pendant plusieurs semaines ne sont pas un échantillon représentatif ; ils sont, par définition, plus disciplinés et potentiellement en meilleure forme que ceux qui abandonnent.

Les différences relevées pourraient donc tout aussi bien venir du profil des participants que de la température de l’eau. Enfin, les auteurs n’ont pas cherché à explorer par quel mécanisme biologique l’eau froide pourrait protéger des maladies.

En l’état, ces résultats sont encourageants, mais insuffisants pour affirmer que les douches froides seraient intéressantes d’un point de vue médical. Libre à vous de tenter l’expérience chez vous, cela ne vous fera pas de mal (surtout en ce moment, vous n’avez pas à craindre le choc thermique) ; dans le pire des cas, vous aurez au moins économisé sur votre facture de gaz. Un argument de poids par les temps qui courent.

  • Les douches froides peuvent réduire les jours de congé maladie et améliorer légèrement le bien-être psychologique, selon une étude préliminaire.
  • Les résultats de l’étude, bien que prometteurs, n’ont pas encore été validés par des pairs, ce qui soulève des doutes sur leur fiabilité.
  • Les différences observées pourraient être dues à des biais de sélection parmi les participants, rendant les conclusions incertaines.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

TousAntiCovid
TousAntiCovid
Par : Gouvernement français
4.4 / 5
324,2 k avis