À partir du 17 juillet 2025, YouTube Premium Famille va coûter aux abonnés français 29,99 € par mois, contre 23,99 € actuellement. Cette hausse de 25 % fait suite à une série d’augmentations qui ont fait grimper le prix de plus de 60 % en trois ans. En 2022, le forfait était en effet proposé à 17,99 €, puis est passé à 23,99 € en 2023. Cette fois, la barre symbolique des 30 € par mois est presque atteinte, sans qu’aucune nouvelle fonctionnalité ou contrepartie supplémentaire ne soit annoncée.
YouTube justifie cette décision par la volonté de « proposer un service et des fonctionnalités de qualité » et de « soutenir les créateurs et artistes ». Pour les abonnés, la pilule est difficile à avaler. Les avantages Premium (suppression de la publicité, lecture en arrière-plan, téléchargements, accès à YouTube Music) restent inchangés. Résultat : la grogne s’installe sur les réseaux sociaux, où de nombreux utilisateurs comparent désormais le prix du forfait famille à celui de Netflix ou Disney+.
Dans son email d’annonce, YouTube rappelle que l’abonnement est résiliable à tout moment. Un détail qui ne rassure pas les abonnés, qui voient surtout une facture toujours plus salée, sans amélioration du service. Certains envisagent déjà de passer à des alternatives, comme l’utilisation de navigateurs bloquant la publicité (Brave, Vivaldi) ou d’applications tierces (Vanced, NewPipe), pour contourner les limitations de YouTube sans débourser un centime. D’autres se tournent vers des services d’abonnements partagés comme Spliiit.
Soutenir les créateurs ? Bah voyons !
L’argument du « soutien aux créateurs » donne presque à sourire. Depuis sa création, YouTube a toujours mis en avant le partage des revenus publicitaires avec les créateurs, qui touchent environ 55 % des recettes générées sur leurs vidéos. Mais la part des abonnements Premium redistribuée aux créateurs dépend du temps de visionnage de leurs contenus par les abonnés Premium, ce qui ne constitue qu’une part marginale de leurs revenus.
Par ailleurs, les créateurs de contenus sur YouTube subissent des baisses de revenus spectaculaires et régulières. En 2022 et 2023, de nombreux créateurs ont signalé une chute brutale de leurs revenus publicitaires, parfois jusqu’à 90 %, sans explication claire de la part de YouTube. Les causes sont multiples : bugs techniques, modifications de l’algorithme, mise en avant des Shorts (vidéos courtes) au détriment des formats longs, et surtout, une baisse des dépenses publicitaires liée à la conjoncture économique et à la concurrence féroce des réseaux sociaux comme TikTok.
Bien que très populaires, les Shorts génèrent beaucoup moins de revenus publicitaires que les vidéos longues, car les annonceurs y investissent moins et le taux de clic y est plus faible. Résultat, la plateforme voit ses revenus publicitaires globaux stagner ou même baisser, tandis que les créateurs voient leurs revenus diminuer, parfois de façon spectaculaire.
La diversification des sources de revenus (partenariats, dons, merchandising, etc.) est donc devenue indispensable pour les créateurs, qui ne peuvent plus compter uniquement sur la monétisation YouTube. Pour la grande majorité, les revenus issus de la plateforme restent volatiles et incertains, surtout pour les petits et moyens créateurs.
L’augmentation du tarif Premium Famille de YouTube, présentée comme un moyen de « soutenir les créateurs », apparaît donc comme une justification bien faible au regard de la réalité économique vécue par les créateurs sur la plateforme. Alors que les revenus publicitaires stagnent ou baissent, que les algorithmes favorisent les formats courts moins rentables, et que les créateurs subissent régulièrement des baisses inexpliquées de leurs revenus, cette hausse des prix est bien difficile à digérer.
- YouTube Premium Famille passe à 29,99 €/mois dès le 17 juillet 2025, soit une hausse de 25 % par rapport à l’ancien tarif.
- Aucune nouvelle fonctionnalité n’est proposée en échange de cette augmentation
- Youtube explique augmenter ses tarifs pour “soutenir les créateurs”, un argument difficile à accepter au regard de la baisse des revenus générés ces trois dernières années
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