J’entends dire parfois que la science a remplacé la religion (enfin, pas partout) et que certains s’effraient de l’omnipotence de la technologie.

N’étant ni scientifique ni religieux j’aurais du mal à me prononcer sur cette assertion, mais je constate avec surprise au hasard de certaines rencontres qu’il existe encore autour de nous des gens qui n’utilisent pas la technologie. Mais alors pas du tout.

Ainsi ai-je dans mes relations deux personnes (2) qui ne possèdent pas de téléphone mobile. Je ne parle pas de smartphone, mais bien du bon vieux mobile basique qui sert juste à téléphoner, un truc purement pratique, vous savez. L’un d’entre eux ne possède d’ailleurs pas de voiture, et je le soupçonne même de ne pas avoir le permis de conduire (oui c’est suspect :-) ). Bizarre pour un père de famille quadragénaire urbain bobo quand même, non ?

Je constate également que les personnes en question sont divisées en deux catégories.

Dans la première catégorie, celles qui font de l’hostilité aux nouvelles technologies une affaire de principe qui confine à l’engagement politico-idéologique, dans lequel on retrouve pêle-mêle altermondialisme, refus de la société de consommation et militantisme écologique (ce qui va souvent ensemble d’ailleurs). Ces personnes n’ont rien contre les technologies en tant que telles, mais les refusent pour tous les dommages collatéraux qu’elles seraient supposées occasionner, en omettant quand même de mettre dans la balance les progrès qu’elles constituent pour l’homme, et même pour l’humanité, soyons fou.

Dans la deuxième catégorie, on trouve des personnes qui, malgré un niveau socio-culturel et professionnel plutôt élevé, ignorent les nouvelles technologies parce-qu’elles n’en voient pas l’utilité, préférant privilégier un mode de vie dans lequel le contact dans la vie réelle serait fondamental. Je parle de contact dans la vie réelle à défaut de trouver une meilleure terminologie car je fais la différence avec le contact humain : l’erreur la plus fréquente que commettent ceux qui sont réfractaires à internet par exemple, est de penser que c’est un outil d’aliénation et d’isolement. Nous savons tous que, bien utilisé, c’est exactement l’inverse : voir l’engouement pour les réseaux sociaux, les forums, et les messageries instantanées. Pour un exemple de prétendue aliénation je peux donner 10 exemples de socialisation.

Les yes-life (en opposition aux no-life, hahaha) sont aussi ceux qui n’utilisent pas les guichet automatiques mais vont retirer leur argent à la banque pour tout payer en espèces (comme certains commerçants, mais pour d’autres raisons…). Nous pourrions certainement trouver de nombreux autres exemples de refus de la technologie.

Bien sûr, on peut vivre et être heureux sans la technologie, c’est parfois un choix délibéré et parfaitement respectable qui nous amène accessoirement à réfléchir sur la vanité de la course au dernier gadget (je sais de quoi je parle…), mais il y a une certitude : ceux qui font ce choix par peur de voir disparaître les « vrais » rapports humains se trompent.

C’est un leurre de penser que la technologie est aliénante pour l’homme. Toute l’histoire de l’évolution, et son accélération phénoménale aux 20ème et 21ème siècles tendent à prouver le contraire : de l’imprimerie au chemin de fer, de l’aviation à la TSF, de la presse écrite à la télévision, les grandes innovations adoptées en masse sont celles qui ont permis à l’homme de communiquer, et aux hommes de se rapprocher.